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La bande-annonce de Ready player one ne m'avait pas forcément convaincu, mais j'ai tout de même été voir le film par curiosité. Eh bien c'est plutôt une bonne surprise. Sans être cinématographiquement transcendant, Ready player one est un divertissement de bonne facture qui joue beaucoup sur la nostalgie (on s'en doute).

En 2045 le monde a bien changé. La plupart des personnes fuient la réalité triste en se réfugiant dans l'Oasis, un monde virtuel crée par James Halliday, inventeur passionné par la pop-culture des années 80-90. Lors de sa mort en 2040, Halliday laisse une quête ultime a tout les joueurs de l'Oasis : celui qui trouvera les trois clés aura accès à l'Easter egg et prendra le contrôle de l'Oasis ! Évidemment cette quête attire les convoitises, celles de joueurs lambda mais aussi celles de IOI, énorme multinationale (qui vend notamment des équipements pour jouer dans l'Oasis) qui souhaite trouver l'Easter egg pour devenir numéro 1 sur le marché !

Je n'ai pas vu Pentagon Papers, qui est le dernier film de Spielberg avant Ready player one, mais j'avais vu Le Bon Gros Géant, qui est son avant dernier, et qui était très loin d'être bon, mais vraiment très loin. Eh bien Ready player one est loin devant Le Bon Gros Géant en terme de qualité ! Ce n'est pas non plus le film du siècle hein, mais c'est un divertissement de qualité qui est plutôt fun. Le scénario reste assez simple et souffre de quelques facilités (plus ou moins grosses) ainsi qu'une romance là parce qu'il fallait une romance. Il y a aussi un passage qui se passe a l'intérieur d'un film qui est vraiment très chouette, mais je n'en dirai pas plus ici, pour ne rien gâcher de la surprise du film. En tout cas, c'est simple, mais ça fait le job.

Le film sépare bien ses deux mondes, le monde « réel » qui est en prise de vue réel (et des effets spéciaux hein) et avec de vrais acteurs, et l'Oasis, qui est le monde virtuel entièrement en numérique avec des personnages en motion-capture. Et le spectateur est plongé dans ce monde numérique pendant environ 80% du film, ce qui fait de Ready player one plus un film d'animation numérique qu'autre chose. Le film est même éligible dans la catégorie meilleur film d'animation pour les Oscars. On ne peut donc pas vraiment dire que tel ou tel moment se passant dans l'Oasis a une surcharge d'effets numériques car c'est du numérique a 100%, c'est comme si on disait qu'il y a trop d'effets numériques dans L'Âge de glace !

"Bim, et là je met que des Scott Glenn dans l'Oasis !Le film fait la part belle aux références, parfois c'est rigolo, parfois c'est utile pour l'histoire, et parfois c'est juste de la référence pour de la référence. Mais en tant que spectateur, si on connaît un tant soi peu le cinéma des années 80, on se prend vite au jeu et on essaye de repérer le plus de références possible, et il y en a des visuelles et des musicales. Il y a même Stand on it de Springsteen, ce qui donne tout de suite un bon point au film ! Ah, et puis l'avatar de James Halliday dans l'Oasis s'appelle Anorak, ce qui est cocasse ho ho.

Au delà de la nostalgie aux années 80 et 90, le film aborde un propos pas inintéressant sur le rapport entre un créateur et son œuvre et les spectateurs avec cette même œuvres. On peut facilement faire le rapport entre James Halliday et Steven Spielberg lui-même. Mais ça reste une lecture de second plan, ça ne fait pas de Ready player one une œuvre de réflexion majeure sur le sujet, même s'il est une base intéressante.

Les acteurs ne sont pas forcément inoubliables, mais font le job sans soucis. Ça fait bizarre de voir Tye Sheridan ici alors que je l'ai découvert quant il était tout jeune dans Mud de Jeff Nichols. Ben Mendelsohn fait bien le job en méchant, directeur d'une énorme multinationale au desseins machiavélique, et Mark Rylance et Simon Pegg sont chouettes dans leurs rôle respectifs de James Halliday et Ogden Morrow (co-créateur de l'Oasis). Ce sont deux acteurs qu'il est toujours plaisant de voir dans un film. Le capital sympathie est fort présent pour eux.

Bref, Ready player one n'est pas le film du siècle, ni même de l'année, mais il reste tout de même un bon moment a passer comme une chasse a la référence pour les nostalgiques des années 80 et 90, ou comme un film d'aventure fun qui ne se prend pas la tête. Après je me demande si j'aurai également eu de l'intérêt pour ce film si je n'avais eu connaissance d'aucune ou de très peu de références présente. Pas si sûr.

 

Ready player one de Steven Spielberg

Avec Tye Sheridan, Olivia Cook, Ben Mendelsohn, Mark Rylance, Simon Pegg, etc...