Aujourd'hui c'est le 17 mars, le jour de l'anniversaire de Kurt Russell le magnifique. Pour fêter ça, voici une petite critique d'un film génial mais toujours pas assez connu !

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, ou en VO : Big Trouble in Little China, ce qui signifie littéralement : Gros problèmes dans la petite Chine (la petite Chine étant ici une référence évidente au fait que l'action du film se passe dans le quartier de Chinatown, quartier qui se trouve être chinois, tout est lié). Ne me remerciez pas, j'ai fait anglais LV1 au collège. Au Québec par contre, il s'appelle juste : Les Aventures de Jack Burton.

Jack Burton, baroudeur des temps moderne (enfin, des temps modernes des années 80), amène régulièrement des porcs à San Francisco, plus précisément à Chinatown, il en profite pour jouer aux cartes, boire des bières et parler avec son ami Wang Chi. Mais la fiancée de Wang, Miao Yin, va se faire kidnapper par Les Seigneurs de la mort, un gang local, et des événements des plus étranges vont se produire lors d'un combat de rue entre deux clans. En plus, le camion de Jack va être volé, et ça, il va pas vraiment bien le prendre. Ni une ni deux, Jack et Wang vont tenter d'arracher la belle Miao Yin et le camion des mains du fieffé Mandarin ! Mais ils ne seront pas seul, ils seront aidés de Gracie Law qui est avocate (aaah, d'où le nom de famille !) (pour ceux qui sont vraiment mauvais en anglais Law ça veut dire loi) et Egg Shen, conducteur du bus touristique de Chinatown et sorcier à ses heures perdues (Egg ça veut dire œuf mais ça n'a pas grand rapport avec le personnage ici).

Le film est vraiment drôle, Carpenter s'amuse avec les codes du buddy-movie, ceux du film d'aventure et ceux du film de kung-fu, et largue Jack Burton, gaillard pas totalement con mais pas futé non plus au milieu de tout ça, l'air ébahi et un peu perdu.

"Tout est une question de réflexes !"

Jack Burton est une évidente caricature des héros des films d'actions ou d'aventure des années 80, faux bad boy, un peu con et carrément machiste. Le genre de personnage qui devient intelligent et comprend le sens de la vie au cours du film. Et malgré le fait qu'il préfère être seul, il va finir par comprendre l'intérêt d'avoir des amis et de travailler en équipe. Vous voyez ce genre de personnage ? Et bien c'est pas tout à fait Jack Burton. Parce que Jack Burton il a pas le temps de piger tout ça, Jack Burton ce qu'il veut c'est récupérer son camion ! Et aussi Miao Yin un peu, parce que c'est la fiancée de son ami Wang et qu'il lui doit de l'argent. Et l'argent c'est bien.

Kurt Russell en grande forme signe ici son quatrième film sous la direction de Big John. Après avoir fait pour lui le King du rock'n roll, un paria borgne dans un futur dystopique, un pilote d'hélico en antarctique il fait ici un macho en marcel, et le bougre est succulent à regarder et livre une performance hilarante tellement il joue son personnage avec sérieux. C'est sans conteste l'un de ses meilleurs rôle ! On retrouve aussi Victor Wong et Dennis Dun qui joueront de nouveau sous la direction de Carpenter dans son film suivant, Prince des Ténèbres (ils avaient déjà joués ensemble l'année précédent Jack Burton dans L'Année du Dragon de Michael Cimino). Quant à Kim Catrall c'est la première (et la dernière) fois qu'elle joue pour le Maître de l'Horreur !

"Rendez vous dans l'enfer des pêcheurs ébouillantés monsieur Burton !"

Gros flop au cinéma à sa sortie (le monde n'était pas prêt), le film se vend tout de même extrêmement bien lors de sa sortie en DVD et acquiert un statut assez culte (totalement compréhensible et mérité). Il a depuis inspiré le personnage de Raiden dans la série de jeux vidéos Mortal Kombat et à le droit à une petite référence sympathique dans Les Gardiens de la galaxie volume 1.

Le scénario est signé par Gary Goldman et David Z. Weinstein mais a été en grande partie réadapté par W. D. Richter, qui a aussi réalisé Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la huitième dimension. Ou en VO The adventures of Buckaroo Banzaï across the eighth dimension (oui, là ça change un peu moins niveau traduction). Un film totalement barré lui aussi, où Peter « RoboCop » Weller doit faire face à une menace extraterrestre et à un John Lithgow qui pète totalement les plombs ! C'est intéressant également de noter que lors de la réécriture du scénario de Jack Burton, Richter y a incorporé des éléments prévus originellement pour la suite des aventures de Buckaroo Banzai (Buckaroo Banzai against the world crime league) qui ne se fera jamais étant donné le piètre résultat du premier au box office. De plus, le premier jet du scénario faisait de l'histoire un western, Jack Burton étant un cowboy se faisant voler son cheval !

Les trois Trombes, la crème de la crème des hommes de main !

Lors d'une interview, John Carpenter à dit à propos de Jack Burton que c'est l'histoire d'un sidekick qui se prend pour un héros. C'est totalement ça : qui se bat au corps à corps avec les méchants ? Wang. Qui sauve la demoiselle en détresse ? Wang. Alors que, celui qui a un humour douteux, celui qui est maladroit et qui n'en bite pas une pendant les combats, celui qui n'embrasse même pas à la fin la fille qui est amoureux de lui mais qui prend le chèque que lui tend Wang, c'est le sidekick, c'est Jack Burton.

Un métrage qui détonne dans la filmographie de Carpenter : ce n'est pas un film d'horreur, ou avec un message politique particulier. Mais finalement, c'est le film qui résume Carpenter, le film que lui seul pouvait faire. La quintessence de son style mis au service d'un film d'aventure barré (Si tu lis ceci Dwayne Johnson, merci d'abandonner toute idée de remake, ça fera plaisir à moi et au monde). Un film à déguster en version originale ou en version française. Il y a même quelques répliques en plus dans la VF, c'est assez drôle. Bref, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin est un film extrêmement drôle qui fera rire toute la famille !

 

 

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin de John Carpenter - 1986

Avec Kurt Russell, Kim Catrall, Dennis Dun, Victor Wong, etc...