Après une apparition remarquée dans Captain America : Civil War, Black Panther à enfin son film solo. Le roi T'Chaka étant mort lors du film des frères Russo, T'Challa, son fils, doit prendre sa place sur le trône du Wakanda, pays Africain qui cache une avance technologique remarquable au reste du monde.

Ça fait maintenant dix ans que le Marvel Cinematic Universe existe, dix ans d'Iron Man, de Captain America, de Thor et autres super héros bariolés. Voici le dix-huitième film de cet univers : Black Panther, réalisé par Ryan Coogler. Même si ce n'est que le troisième long métrage de Coogler, le type a quand même un CV pas dégueu : c'est lui qui a fait Fruitvale Station, excellent drame basé sur des faits réel, ainsi que Creed : l'héritage de Rocky Balboa qui rendait un bel hommage à la saga de l'étalon italien. En plus de ça Black Panther est un petit événement car même si ce n'est pas le premier film centré sur un super héros noir, c'est le premier film de cet ampleur, de ce budget, le premier blockbuster à avoir une distribution entière d'acteur afro-américains (excepté Martin Freeman et Andy Serkis). Et même si cela n'influe pas dans la qualité du film, c'est un acte social assez fort dans un Hollywood touché par le « whitewashing » ou le « Oscar so white ». Mais parlons du film en tant que tel !

Eh bien Black Panther est plutôt dans le haut du panier de la formule Marvel.

La direction artistique est vraiment bien et on ne pourra qu'admirer l'attention et le soin porté au costumes des Wakandais. Les décors sont plutôt colorés également et le Wakanda est un astucieux mélange numérique de cultures africaines, entre tradition et technologie.

Mesdames et messieurs : le roi du Wakanda !

Le scénario reste assez classique mais est plutôt original pour un Marvel étant donné que c'est la première fois qu'un film à pour héros un roi et que l'enjeu n'est rien de moins que son pays. On se sent donc concerné par ce qu'il peut lui arriver. Car chaque chose qui arrive au pays aura un impact direct sur T'Challa et inversement. Alors que dans un Avengers, des villes, des pays, le monde est en jeu, mais des immeubles s'effondrent sans que cela empêche Steve Rogers de dormir pour autant. Killmonger est un chouette méchant, qui, contrairement a une bonne partie des méchants du MCU à des intentions compréhensibles justifiées, et est joué avec justesse par un Michael B. Jordan en forme.

La réalisation est, comme la plupart des films Marvel, assez impersonnelle si on la regarde par rapport à ce qu'a pu faire Ryan Coogler dans Fruitvale Station ou Creed. Mais par moments Coogler arrive à imposer sa patte ce qui fait plaisir. Lors de certaines scènes plus ou moins obligatoires selon le cahier des charges d'un film Marvel, Coogler se permet de mettre le moins d'effets spéciaux possible (je pense à la scène de baston du casino en Corée par exemple). Évidemment une grande partie du film est tournée sur fond vert. Mais rien qu'une scène comme ça, où on se rend compte que le décor est « vrai », que les cascades sont vraiment réalisés, ça fait du bien dans un énorme blockbuster. Le réalisateur évite aussi de sur-découper ses scènes, et ça c'est bon. Ça évite des scènes d'actions illisibles et moches façon Spiderman Homecoming. Dans l'ensemble le rythme est bien géré, on ne sent pas le temps passer et il n'y pas de lenteur.

La musique est composé par Ludwig Göransson, associé régulier de Ryan Coogler. S'il elle n'est pas inoubliable, elle reste un sympathique mélange de différents courants musicaux africains, avec des chœurs et des percussions, et surtout, elle est présente pendant le film. On se rend compte qu'elle est là, à supporter les événements, les actions, les personnages, et ça apporte un plus considérable.

Par contre je trouve qu'avoir donné des « pouvoirs » de stockage et de décharge d'énergie cinétique au costume de Black Panther est de trop. On perd le côté discret et furtif du personnage. Alors que cet élément est présenté lorsqu'il reçoit son nouveau costume (des chaussures qui ne font pas de bruit, révolutionnaire !), il n'est pas exploité dans le film. C'est dommage parce que ça fonctionnait bien dans Civil War où le personnage se déplaçait sans un bruit.

Michael B. Jordan est vraiment très chouette !

Du côté des acteurs Chadwick Boseman est plutôt sobre en T'Challa, mais ça colle plutôt bien au statut royal de son personnage. C'est Michael B. Jordan, acteur fétiche du réalisateur qui explose tout dans le rôle de Eric Stevens alias Killmonger, il fait un super méchant, crédible, avec des idées discutables mais justifiées et il ne fronce pas juste les sourcils pour dire que c'est pas un gentil façon Héla (Thor : Ragnarok) ou Kaecilius (Doctor Strange). Le film bénéficie également de super rôles féminins qui donnent de la fraîcheur à la formule Marvel. Lupita Nyong'o est Nakia, ex petite amie de T'Challa, espionne et guerrière à ses heures perdues, Danai Gurira est Okoye, générale des Dora Milaje (la force armée et garde personnelle du roi du Wakanda). Et Letitia Wright est Shuri, la petite sœur de T'Challa qui s'occupe de l'avancée technologique du Wakanda ! Un super trio qui fonctionne très très bien. Il y a également de second rôle plutôt chouettes : Forest Whitaker qui fait le grand prêtre du Wakanda, mais aussi Andy Serkis, qui après Avengers : l'ère d'Ultron reprend son rôle d'Ulysses Klaue, trafiquant sans foi ni loi que Gollum Serkis prend un malin plaisir à jouer.Martin Freeman est également de la fête en tant qu'Everett Ross, agent de la CIA aperçu dans Captain America : Civil war qui est ici vraiment bien développé ! Daniel Kaluuya (Chris dans Get out) joue quant à lui W'Kabi, un ami de T'Challa.

Avec le cinquième meilleure démarrage de tout les temps aux États-Unis, Black Panther est bien parti pour battre des records. Une bonne chose pour ce blockbuster qui, sous ses allures d'énième film de super héros, à un propos politique et sociétal sous-jacent, et reste un divertissement de très bonne qualité. Un Marvel qui fait plaisir à voir après un Thor : Ragnarok qui se cherchait sous des tonnes d'humour.

 

Black Panther de Ryan Coogler

Avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong'o, Danai Gurira, Letitia Wright, Andy Serkis, Martin Freeman, Forest Whitaker, etc...