top 17 2017

Pour bien commencer l'année 2018 voici une petite liste des dix-sept films que j'ai préférés durant 2017. Je tiens quand même à préciser que cette liste est basé sur les films que j'ai vu et que je n'ai pas vu tout les films sortis en 2017. C'est humainement très peu possible. De plus mon choix est totalement subjectif et prend en compte mes coups de cœur ainsi que les très bonnes surprises que j'ai eu au cinéma durant l'année. Je précise aussi que cette liste n'est pas un classement, c'était déjà hyper dur d'en choisir uniquement dix-sept, alors si en plus il faut les trier... ça devient bien compliqué (à la base j'avais prévu d'en choisir dix seulement, mais j'avais trop de mal à me décider, alors dix-sept films pour 2017 ça me paraissait bien).

 

La La Land de Damien Chazelle :

Ce film à été nommé pour quatorze Oscars et en a gagné six. Tout le monde en a déjà parlé et il fut un des gros succès du début de 2017. Alors je sais que ce n'est pas très original de le mettre dans une liste des meilleurs film de l'année, mais bon, je ne suis pas là pour dire ce qui est original, mais pour parler de ce que j'ai aimé. Et étant donné que je suis sorti de la séance de La La Land en claquant des doigts, en chantant et en faisant des claquettes dans la rue, on peut dire que j'ai vraiment beaucoup aimé ! Damien Chazelle était déjà épatant avec Whiplash et avec La La Land il réussit a faire preuve d'autant de maîtrise avec un budget multiplié par dix ! Chazelle est le plus jeune réalisateur jamais oscarisé et c'est vraiment mérité tant La La Land est une véritable claque de couleurs et de fraîcheur !

 

Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve :

Je suis arrivé dans la salle de cinéma alors qu'elle était déjà quasiment pleine. Je me suis trouvé un siège en haut à gauche. Je n'étais pas très bien placé et en plus j'avoue que j'étais un peu fatigué. Alors 2h45 de film... j'appréhendais. Puis j'ai vu le film, le générique de fin à commencé et j'étais scotché dans mon siège, une énorme claque. La critique ici.

 

The Lost city of Z de James Gray :

L'histoire de Percy Fawcett, explorateur anglais de l’Amérique du Sud au début du XXème siècle. Le film est vraiment très bon, il ne dépeint pas que le portrait de son personnage principal, Percy Fawcett, mais brosse également le tableau d'une époque entière, d'une société et de son mode de pensée. Et puis aller filmer un film à la pellicule en Amazonie, fallait le faire, chapeau James Gray, car le rendu est sublime. Pour l'anecdote James Gray a demandé à Francis Ford Coppola s'il avait des conseils pour le tournage dans la jungle. La seule réponse qu'il reçu fut : « Don't go » (« n'y va pas »). Bref un film génial porté par les performances de Charlie Hunnam et Robert Pattinson. Avant de voir Blade Runner 2049, c'était le film qui, pour moi, avait la plus belle photographie de l'année. En même temps avec Darius Khondji en chef opérateur, c'est rarement moche ( Delicatessen, Seven, Okja, etc...).

 

Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani :

Un énorme explosion de sons, de couleurs et de violence. Laissez bronzer les cadavres est une claque visuelle comme on en voit rarement avec montage au rythme effréné et une réalisation saccadée. Un hommage au giallo et au western spaghetti bourré de référence artistiques ! La critique ici.

 

La Planète des singes : Suprématie de Matt Reeves :

Le premier planète des singes (enfin la version de 2011 hein pas celle de 1968) était vraiment chouette et amenait de manière intéressante l'univers qui avait eu tendances à s'éparpiller au cours de nombreux films. Le deuxième, La Guerre de la planète des singes, restait intéressant même si il était vraiment moins bien que le premier (en même temps passer de James Franco à Jason Clarke, ça pique héhé). Ce troisième opus à été une excellente surprise. L'histoire est prenante, la réalisation efficace, les effets spéciaux sont exceptionnels (la motion capture n'a jamais été aussi belle que dans ce film), Woody Harrelson livre une performance intense et habité, Andy Serkis n'est pas en reste, et c'est l'une des meilleures bandes originales de l'année que Michael Giacchino nous a composé pour ce film.

 

Logan de James Mangold :

Une bande annonce rythmée sur Hurt de Johnny Cash et l'attente est créée. Et ce film comble toutes les attentes. Logan est construit comme un road movie crépusculaire. Un Honkytonk man (Clint Eastwood) à la X-Men ! Pour sa dernière incarnation du mutant griffu, Hugh Jackman est excellent ! La critique ici.

 

Psiconautas de Alberto Vazquez et Pedro Rivero :

Ce film d'animation espagnol raconte l'histoire de Birdboy, mystérieux enfant-oiseau qui vit sur une île peuplée d'animaux anthropomorphes où une catastrophe nucléaire a eu lieu. En France Psiconautas est interdit au moins de 12 ans. Et c'est totalement compréhensible, ne mettez pas votre petit neveu de 8 ans, fan de Disney et Pixar devant ce film, même si les dessins ont un côté indéniablement enfantin. Ce n'est que pour mieux contraster avec la violence du film, aussi bien physique que morale. C'est très dur et très sombre. Visuellement, le film est très beau, le dessin est soigné et il y a tout un travail sur les couleurs. Il aborde le fait de grandir, les affres de l'adolescence, l'émancipation, où le décalage que l'on peut ressentir entre nous et le monde qui nous entoure. C'est tout bonnement génial et Psiconautas à un univers visuel et une façon de conter l'histoire que ne renierait pas un certain Guillermo Del Toro !

 

The Florida project de Sean Baker :

Willem Dafoe en gentil. Ça ne vous intrigue pas plus que ça ? J'exagère évidemment, il s'avère que The Florida project est un très bon film, qui parle de la pauvreté sans jamais être misérabiliste, mais qui parle aussi de la capacité des enfants à se créer des mondes merveilleux dans leur quotidien. Avec des acteurs au top et une réalisation léché ! La critique ici.

 

A Ghost story de David Lowery :

On a pu voir des fantômes de toutes sortes au cinéma, des numériques, des maquillés, des japonais, des fantômes pirates, des enfants, des Bruce Willis, etc... Mais la figure la plus connue dans l'imaginaire collectif, celle que les enfants dessinent et celle en laquelle ils se déguisent pour Halloween reste celle du grand drap blanc avec deux trous noirs pour les yeux. C'est tel quel qu'est le fantôme de David Lowery : Casey Affleck sous un immense drap blanc avec deux trous pour les yeux. Rien de plus, rien de moins. Et ça fonctionne excellemment bien. Le film est tourné en 4/3 et on suit l'histoire d'un fantôme sur qui le temps n'a plus d'emprise qui hante son ancienne maison où se trouve sa femme (veuve du coup). C'est vraiment un super film et un énorme coup de cœur de la fin d'année. A Ghost story peut sembler ne pas avoir d'histoire, mais en fait c'est justement un film sur les histoires. Il interroge aussi la question du temps, de la mémoire, de la mort et de la finitude. Ce n'est pas forcément très joyeux comme film, mais étrangement, il n'est pas si triste que ça. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est un film puissant ! (Pour la petite anecdote, celui qui s'occupe du montage additionnel du film n'est autre que Shane Carruth, le réalisateur du plutôt étrange Primer).

 

Au revoir là-haut de Albert Dupontel :

Dupontel réussi un sacré tour de force en adaptant le prix Goncourt 2013 en France. Car 20 millions de budget dans l'hexagone c'est pas forcément facile à avoir. Surtout pour un film d'époque audacieux comme celui-ci avec sa distribution aux petits oignons. Le résultat est à la hauteur des attentes et Au revoir là-haut s'impose comme un des meilleurs film de l'année ! La critique ici.

 

Grave de Julia Ducournau :

Le film qui a fait sensation début 2017 (enfin dans un autre registre que La La Land !). Celui qui a provoqué un évanouissement lors de sa projection a Toronto et pour lequel était distribué des sacs à vomi avant la séance dans une salle à Los Angeles ! Grave est-il à ce point dérangeant ou nos amis outre-atlantique sont juste des petites natures ? Eh bien même si ce sont surtout des petites natures, on ne peut leur enlever le fait que le film, en inscrivant sont intrigue horrifique dans un cadre que n'aurait pas renié une fiction française plus classique, crée un décalage assez inattendu et plutôt choquant. Peut-être pas au point de vomir ou de s'évanouir, mais présent tout de même. Bref Grave est un film marquant, un film avec une réalisation pesante par moment, plus classique de temps en temps, maîtrisée de bout en bout. Le métrage est aussi porté par l'actrice Garance Marillier, épatante du début à la fin. Et dire que ce n'est que le premier film de Julia Ducournau, j'ai hâte de voir ce qu'elle réalisera par la suite.

 

Mise a mort du cerf sacré de Yórgos Lánthimos :

J'avais commencé la journée en allant voir Les Proies de Sofia Coppola. J'en étais sorti fort déçu. Mais, bon âme, je décider de donner une seconde chance à Nicole Kidman et Colin Farrell en allant voir le soir même Mise à mort du cerf sacré. Verdict : ils jouent carrément mieux dedans et le film est vraiment très bien ! La critique ici.

 

The Square de Ruben Östlund :

« The Square est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. » La palme d'or à Cannes de 2017 est un film qui n'a pas plu a tout le monde. Farce grotesque et trop longue, ou critique acerbe de la société qui n'épargne personne sous ses airs tragi-comique ? Eh bien vous penserez ce que vous voulez, moi, j'ai beaucoup aimé. A travers le sujet de l'art contemporain, The Square peint le portrait d'un monde où le paraître anime la société (c'est fou comme dit comme ça, ça peut faire penser au notre). Avec une réalisation millimétrée, Östlund fait durer certains plans pour accroître un certain malaise dont on ne sait pas vraiment s'il faut en rire ou pas. La scène de la performance devant le public a table est plutôt géniale. Le film est emmené par des acteurs excellents comme Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West et surtout Terry Notary, sensationnel en performeur simien (bon en même temps il est habitué, c'est lui qui joue Rocket en motion capture dans la trilogie de La Planète des singes et qui gère les autres acteurs quand aux déplacements pour qu'ils soient le plus ressemblant possible de ceux d'un chimpanzé, d'un gorille ou d'un orang-outan).

 

Good Time de Josh et Benny Safdie :

New York, suite a un braquage qui tourne mal, Nick, le frère handicapé de Connie est arrêté, tandis que lui réussit à s'enfuir. Deux options s'offrent alors à lui : réunir la caution pour le sortir de là, où le faire évader. Dans tout les cas, la nuit risque d'être longue, très longue. Présenté à Cannes en mai dernier, Good Time n'y a gagné que le prix du meilleur compositeur pour Daniel Lopatin (c'est déjà vachement bien hein). Pourtant le film est à voir. Le rythme tantôt rapide, tantôt lancinant est géré d'une main de maître par les frères Safdie. La photographie est magnifique. Et surtout Robert Pattinson est génial, sa performance est aux antipodes de celle dont il fait preuve dans The Lost city of Z (tout aussi excellente par ailleurs, juste différente). Le film nous emmène une nuit dans un New York presque vide, un New York éclairé aux néons. C'est vraiment un très très bon film ! Et il y a Jennifer Jason Leigh dedans, et ça c'est chouette.

 

Detroit de Kathryn Bigelow :

Juillet 1967, les émeutes raciales font rages à Detroit (et ce n'est que 20 ans plus tard que RoboCop y sera pour mettre de l'ordre dans tout ça), en pleine nuit une détonation provenant de l'Algiers Motel se fait entendre. Dans ce climat de peur et de chaos, les forces de l'ordre vont essayer par tout les moyens possible de découvrir qui a tiré. Detroit est une plongée en apnée dans cet événement historique, deux heures et vingt minutes de tension à l'état pure. Le tout porté par la réalisation nerveuse de l'unique réalisatrice oscarisée (en 2010 pour Démineurs) et par le jeu des très bons acteurs, John Boyega, Will Poulter et Jack Reynor entre autres ! Dire que le film à été au centre d'une controverse car certaines personnes trouvaient que Kathryn Bigelow (américaine ayant des origines anglo-norvégiennes) n'avait aucune légitimité pour traiter ce sujet. Niveau polémique stupide ça se pose là. Detroit est un film important.

 

A Beautiful day de Lynne Ramsay :

Je n'ai toujours pas compris pourquoi ce film avait gagné la prix du meilleur scénario à Cannes (co-vainqueur avec Mise à mort du cerf sacré), mais par contre celui de la meilleur interprétation masculine qu'a gagné Joaquin Phoenix est entièrement mérité ! Pour faire court l'histoire est celle de Joe, vétéran devenu tueur à gages, chargé de retrouver la fille d'un sénateur. Mais rapidement cela va se transformer en vengeance personnelle. Le scénario doit tenir peu ou prou sur la tranche d'un ticket de métro, mais ce n'est pas l'important. A Beautiful Day est un film de pure mise en scène. Joaquin Phoenix, lui, ne prononce pas plus que quelques mots dans le film, il a pris énormément de masse pour le film et à le visage à moitié bouffé par une épaisse barbe. Mi-homme mi-ours, il est tout bonnement excellent. Donc voilà, c'est aussi un film à voir, et puis le titre original est tellement chouette : You were never really here.

 

 

Free fire de Ben Weathley :

Après l'excellent High Rise, Ben Weathley décide de filmer ici une vente d'arme qui dégénéré. C'est parti pour une heure et demi de fusillade dans un entrepôt. Le scénario ne va pas beaucoup plus loin que ça, mais ça n'empêche pas le film d'être super. C'est une heure et demi de sang, de tirs et d'humour noir. Avec une réalisation au cordeau, des costumes au top, des dialogues cinglants et surtout une brochette d'acteurs tous plus talentueux les uns que les autres. Armie Hammer, Cillian Murphy, Brie Larson, Sharlto Copley (qui trouve ici l'un des meilleurs rôle de ça vie, cabotinant à souhait), Patrick Bergin et le très bon Jack Reynor (qui joue aussi dans Detroit et est génial dans Sing Street). Le tout appuyé par un montage sonore des plus réussi. Bref, Free fire c'est un exercice de style maîtrisé de A à Z de la part du réalisateur anglais qui réussit à faire durer sa fusillade sans que l'on s’ennuie un seul instant !

 

Et si vous avez déjà tout vu et que vous êtes des cinéphiles insatiables, voici une liste d'autres films dont je n'ai pas écrit la critique cette année et qui, sans être dans le classement, m'ont tout de même bien plu :

Le Grand méchant renard et autre contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert

Love Hunters de Ben Young

Born to be blue de Robert Budreau

Okja de Bong Joon-ho

Colossal de Nacho Vigalondo

Wind river de Taylor Sheridan

Moonlight de Barry Jenkins

Que dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

Le Caire confidentiel de Tarik Saleh

Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona

Dunkerque de Christopher Nolan

120 Battements par minutes de Robin Campillo

The Wall de Doug Liman

Barry Seal : American trafic de Doug Liman

Le Redoutable de Michel Hazanavicius

Creepy de Kiyoshi Kurosawa

Logan Lucky de Steven Soderbergh

It comes at night de Trey Edward Shults

Tunnel de Kim Seong-hun

 

Sur ce je vous souhaite une très bonne année 2018, qu'elle soit remplie de cinéma et d'autres bonnes choses !