the punisher

Voici la première critique de série sur ce blog. Je sais pas s'il y en aura d'autre, et s'il y en a d'autre ce ne sera pas très régulièrement je pense, mais il me semblait intéressant d'en faire une sur Marvel's The Punisher.

Vétéran de la guerre d'Irak, Frank Castle perd sa femme et ses deux enfants dans une fusillade alors qu'il est a peine rentré au pays. Il décide alors de faire justice lui-même en devenant le Punisher. Vengeur surarmé arborant une tête de mort sur la poitrail. Le sale boulot fait, il est laissé pour mort à la fin fin de la saison 2 de Daredevil. Aujourd'hui, il se fait appeler Pete Castiglione et vie incognito, loin de ses activités létales. Mais le passé va le rattraper, et les emmerdes aussi.

C'est une bonne surprise dans le monde des séries Marvel/Netflix. Après deux saisons de Daredevil plutôt chouettes, même si il y a une baisse de rythme au milieu de la seconde saison. Après Jessica Jones qui s'en sort pas mal du tout mais souffre d'une sous-intrigue assez faible. Après Luke Cage qui n'a de bien que les six premiers épisodes. Après Iron Fist qui semble avoir eu une production bâclée sur tout les points, et après The Defenders qui bien qu'étant sympa sur le principe ne tenait pas en qualité sur la longueur et finissait par décevoir. The Punisher arrive et s'en sort comme étant une des meilleurs si ce n'est la meilleure de toutes ces séries. L'intrigue est carrément prenante, et c'est même la sous-intrigue (avec Lewis Wilson) qui va soulever une bonne partie des questions politiques qui pouvaient être aborder dans la série. Et force est de constater que la série tient la distance, la qualité à même tendance à s'améliorer au fur et à mesure des treize épisodes. De plus la série est vraiment traité comme un thriller d'action et non pas comme une série de super-héros. Le Punisher reste un humain après tout.

"Allo Micro ? Ramène moi ce rasoir que tu as piqué à Farrell !"

On pourra remarquer une réalisation qui manque parfois d'inventivité, une photographie un peu plate, parfois certaines facilités dans le scénario et certains flash-back qui sont de trop, même si la plupart sont pas trop mal gérés. Mais la qualité des acteurs passe toujours devant. Jon Bernthal en tête. Il est impressionnant en Punisher, mi-soldat, mi-bête, qui pousse des grognements à chaque combat. Il arrive a trouver une justesse impressionnante pour son personnage. Avec sa gueule de boxeur il colle parfaitement au rôle. Les seconds rôles sont au top également. Ebon Moss-Bachrach fait le meilleur sidekick, toute série Marvel/Netflix confondues en Micro. On retrouve Ben Barnes (c'est le Prince Caspian de Narnia !) en Billy Russo (si vous lisez les comics ce nom peut vous dire quelque chose héhé). Daniel Webber, qu'on avait pu voir en Lee Harvey Oswald dans la série 22/11/63, est excellent en vétéran névrosé.

Pour le coup les studios on fait le choix de ne faire que très peu de lien avec les autres séries Marvel, seul Karen Page (interprétée par Deborah Ann Woll), ancienne secrétaire de Matt Murdock (aka Daredevil) désormais journaliste au New York Bulletin qui avait commencé à nouer une relation avec Castle, est présente pour rappeler que l'univers reste partagé.

Avec cette série, Netflix et Marvel réussissent à adapter le Punisher sur le petit écran de manière pertinente.

En effet, certains diront qu'il n'est pas assez proche du personnage des comics. Et ils n'auront pas entièrement tort étant donné que dans les comics le Punisher est environ 20 fois plus violent que dans la série. Il ne pardonne personne, ne fais pas de compromis et laisse des centaines de morts derrière lui. Si tu es coupable de quelque chose, simple dealer ou mafieux tueur et si tu es dans le viseur de Franck Castle, tu ne t'en sortiras pas. Son histoire personnel à également été changée, les circonstances de la mort de sa famille ne sont plus les mêmes. Mais l'essence du personnage reste identique : un vétéran vengeur hyper violent. Et ce Punisher, bien que différent, est pertinent par rapport au format de la série télé et par rapport à l'histoire de cette série. Également par rapport au contexte politique dans laquelle elle sort, rappelons juste que la sortie de la série a été repoussée suite à la fusillade de Las Vegas, le rapport aux armes est d'actualité, la question du second amendement des États-Unis est même abordée frontalement dans la série.

"One batch, two batch, penny and dime"

Aurait-il été intéressant de transposer trait pour trait le personnage du comics ? Pas sûr, pas dans une série télé en tout cas. Si l'on veut faire un film peut-être, de la vengeance pure, un énorme défouloir. Mais en série ? Tenir la longueur ? Tenir son intrigue ? Faire évoluer le personnage aussi. Un personnage évolue différemment si on a deux heures pour le faire que si on en a treize. Là si certains personnages avaient été éliminés dès leur première rencontre avec Frank Castle, ça aurait laissé les 6 derniers épisodes de libre pour que le Punisher puisse ranger sa chambre et regarder un feu dans la cheminée en plan séquence. Donc bof. Le fait est que la réinterprétation du personnage pour la série fonctionne, et mieux vaut ça que quelque chose qui essaie par tout les moyens de coller à la figure d'origine mais qui en perd sa saveur et ne colle pas au médium sur lequel il est transposé. À un moment, un des personnage, terroriste, se retrouve face au Punisher et lui dit que c'est lui qui l'a inspiré, qu'il veut faire comme lui, Franck Castle refuse cette mise en relation mais n'a pas vraiment d'argument et se retrouve piégé face à sa propre morale. Juste cette scène est génial, très puissante et aurait été impossible a faire avec le personnage sorti tel quel du comics.

Pour conclure, même si Marvel's The Punisher n'est pas exempt de défauts, les qualités prennent le dessus. Et dans ces qualités, la plus grande n'est autre que Jon Bernthal qui devient désormais LA figure du Punisher et dynamite totalement les précédentes prestations (Dolph Lundgren, Thomas Jane et Ray Stevenson vont se recoucher). Alors enfilez vos t-shirts à tête de mort et sortez vos pistolets à bouchons. Installez vous confortablement et profitez des longues soirées d'hiver pour vous mater cette série plutôt chouette. En plus le générique est pas dégueu.

 

 

Marvel's The Punisher de Steve Lightfoot

avec Jon Bernthal, Ebon Moss-Bachrach, Ben Barnes, Amber Rose Revah, Daniel Weber, Deborah Ann Woll, Paul Schulze etc...