Baby Driver

Suite à un accident de voiture étant petit, Baby souffre d’acouphènes. C'est pour cela qu'il a ses écouteurs vissés 24h/24 dans ses oreilles et qu'il vit au rythme de sa propre playlist. Un jour il rencontre Debora, jeune serveuse dans un Diner. Et c'est le coup de foudre. Baby projette donc de tout plaquer pour partir en voiture avec Debora vers le soleil couchant. Seul souci, Baby est chauffeur pour braqueurs de banques, et outre le fait qu'il soit un très très bon chauffeur, c'est le genre de job qu'on ne quitte pas si facilement...

Edgar Wright avait déjà marqué les esprits du public avec sa trilogie cornetto, composé des excellents Shaun of the Dead, Hot Fuzz et de le Dernier pub avant la fin du monde. Trois films qui se veulent comme des parodies d'un genre (film de zombie, film policier et film d'apocalypse/SF) mais qui sont bien plus que ça tant le style d'Edgar Wright est unique (il est important de préciser qu'outre la réalisation de ses films, il s'occupe aussi de l'écriture). Il a également réalisé l'adaptation du comics Scott Pilgrim vs The world que je n'ai point vu. Après avoir travaillé des années sur le film Ant-Man pour Marvel avant de partir pour cause de « différents créatifs », Edgar Wright revient cette année avec Baby Driver. Un film inspiré d'un clip qu'il avait lui-même réalisé en 2003 pour la chanson Blue Song du groupe Mint Royal.

Baby Driver est un petit bijou et Edgar Wright orchestre le tout avec maestria. De l'écriture à la réalisation en passant par le montage et le montage sonore, tout fonctionne en parfaite harmonie. Et le terme musical n'est pas inopportun car la musique joue un rôle primordial dans le film. Car avant de se mettre à la réalisation de son film, Edgar Wright a d'abord choisi toutes les chansons à utiliser. Il a pu ainsi réaliser ses scènes directement par rapport à la musique. Pour avoir une osmose parfaite entre le rythme du montage et de la musique. Lors des prises il mettait la musique sur le plateau afin d'avoir chaque mouvement, chaque geste au bon moment par rapport à la chanson. Et le rendu est plutôt impressionant. Par exemple, tous les coups de feu tirés dans le film le sont en rythme avec la musique.

Pourquoi porter des lunettes de soleil à l'intérieur ?

Le rythme du film est un truc de dingue. Dans ses précédents films Edgar Wright nous avait habitués à une cadence élevé. Mais là il place là barre encore plus haut. Et le film reste totalement génial. Et quand je dis rythme, je parle du rythme en général, pas d'une successions de plans très rapide (même si Wright les fait à merveille). La preuve, au début du film on a un super plan séquence ou l'on suit Baby qui va acheter du café. Dis comme ça la scène peut sembler plate et chiante, mais ceux qui ont vu le film me comprennent. Edgar Wright dans le monde du cinéma c'est un peu le type qui définit ce qu'est le rythme. Mais qui le redéfinit à chaque fois qu'il sort un film !

Même si le scénario peut sembler plutôt classique, la façon dont le film est orchestré rend le tout original. En voyant Baby Driver on a vraiment l'impression de voir quelque chose de nouveau et pas du vu et revu. Et c'est ,outre le rythme, principalement du aux différents personnages qui jalonnent le film. Personnages qui ne sont d'ailleurs désignés que par des surnoms génériques : Buddy, Darling, Baby, Doc, etc... Et tout ces personnages, qui pourraient, par leur nom, être juste des clichés, sont vraiment cohérent. En effet, leurs motivations, quelles qu'elles soient, sont justifiées. Ce ne sont pas des personnages balancés comme ça à la figure du spectateur. Ce ne sont pas des personnages limités par leur rôle. Dans Baby Driver, chaque personnage à une raison pour faire ce qu'il fait, une raison qui peut être bonne ou mauvaise, mais une raison tout de même. Un braqueur n'est pas juste un braqueur, c'est un personnage avec sa propre histoire, son propre passé. Et même si on n'apprend pas l'histoire de tout les personnages dans le film, on sait qu'ils ont un vécu. Ça transpire dans leurs dialogues, et dans la manière dont les acteurs ont de les jouer.

Tous les trois le même manteau ! Il devait être soldé.

En parlant d'acteurs ils sont tous très bons, Ansel Egort, que je voyais pour la première dans ce film est un petit jeune qui a du talent et qui pourrait faire revenir l'attention sur lui dans les années à venir. Mais il faut aussi dire qu'Edgar Wright est un très bon directeur d'acteur qui ne laisserait pas une fausse note dans son film. Jamie Foxx, quant à lui, se lâche totalement dans son rôle de malfrat barjo qui n'hésite pas à tuer pour arriver à ses fins. Lily James fait de Debora une jeune fille qui est tout sauf frêle et en détresse. Kevin Spacey est grandiose en Doc, chef de Baby et cerveau des braqueurs. En même temps, c'est Kevin Spacey. John Hamm, excellent en Buddy, le bougre a vraiment une chouette palette de jeu. Et puis il y a aussi John Bernthal, qu'on ne voit pas beaucoup dans le film, mais qui n'est pas le dernier des glandus niveau acteur.

Anecdote rigolote, en France, Baby Driver à failli sortir sous le nom de Drive Baby, Drive. Et pour le coup l'écho à la chanson Baby Driver de Simon et Garfunkel aurait été moins évident. Et puis chez nos amis québécois c'est Baby le chauffeur. Et là pour coller à la chanson, c'est encore plus compliqué !

Au final on à donc un super film. Avec, dans la scène d'ouverture, une des meilleures courses-poursuites que l'on ait vu au cinéma depuis un bout de temps. Fun, cool, pop et rythmé par une B.O. d'enfer ainsi que des références sympathiques aux Affranchis de Martin Scorsese, Baby Driver est une ode aux voitures, à la musique et au montage sonore !

 

 

Baby Driver de Edgar Wright

Avec Ansel Egort, Lily James, Jon Hamm, Kevin Spacey, Jamie Foxx, John Bernthal, etc...