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26 avril 2017

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Guardians of the Galaxy Vol

Il y a trois ans, Les Gardiens de la Galaxie premier du nom débarquait dans les salles obscures et fut un véritable succès pour Marvel. Avec plus de 770 millions de dollars récoltés à travers le monde à la fin de son exploitation, le film plut au public et aussi aux critiques. Pourtant sur le papier le film était un pari un peu risqué pour la Maison des Idées (c'est le petit nom de Marvel). Car même s'il était plus que probable que le film rentre dans son budget, faire un tel succès d'une équipe quasiment inconnu du grand public était assez inespéré. Mais le charme et l'humour pop de ces drôles de lascars a fonctionné, et une suite a rapidement été mise en chantier pour notre plus grand plaisir. Mais que vaut-elle ?

Tout d'abord, que ceux qui avaient peur d'en voir trop en regardant les différentes bandes annonces se rassurent, les scènes qu'on peut y voir sont, pour la très grande majorité, tirés de la première demi-heure du film.

Après avoir sauvé la galaxie à la fin du premier opus, l'équipe mené par Peter Quill et composée de Gamora, Drax, Rocket Raccoon et Groot (devenu Baby Groot suite à son sacrifice sur Xandar) est maintenant connue à travers tout le cosmos. Ils se font engager par des peuples pour les protéger ou les aider. La reine Ayesha, par exemple, leader du peuple des Souverains (peuple composé d'hommes et de femmes génétiquement parfaits) leur demande de protéger leur source d'énergie qu'un énorme monstre tentaculaire à prévu de pomper (Eh oui, si les souverains sont parfaits, ça serait dommage qu'ils se blessent ou meurent lors d'un combat). Un job dont les gardiens vont s'acquitter non sans mal. Dommage que Rocket décide de faire du zèle en volant aux Souverains des batteries hors de prix. À partir de cet événement notre fine équipe va se retrouver embarqué dans des folles aventures et poursuites interstellaires. Entre les Souverains, les ravageurs menés par Yondu qui veulent eux aussi retrouver Quill et sa bande, et surtout un personnage nommé Ego, qui débarque devant Star-Lord en lui affirmant qu'il est son père. Père qu'il n'a jamais connu de toute son enfance terrienne.

Avec un peu de Pop des 80's, ça le fait carrément !

Ambiance fun, musique pop et humour débridé sont au menu des Gardiens de la Galaxie Vol. 2. Tout est là pour faire passer un bon moment au spectateur. Et il est vrai que ça marche plutôt bien. Même si l'on n'a plus la surprise de ce savant cocktail comme lors de la découverte du premier opus, il reste toujours efficace et plaisant. Ici le le scénario s'attarde plus sur les personnages et leur relations les uns avec les autres. Alors que dans le premier c'était Star-Lord qui avait la majeur partie du temps de présence à l'écran, cette suite s'attarde longuement sur les autres personnages, que ce soit Gamora, Drax, Rocket, ou encore Yondu. De plus, le film tourne autour de la thématique de la famille et de la filiation, que ce soit entre Gamora et Nebula, Peter Quill et Ego et encore d'autres personnages (dont je ne dirai pas le nom ici car ça serait dommage et ferait perdre une partie de l’intérêt du film pour ceux qui ne l'ont pas encore vu). On pourrait se dire que ça fait assez mièvre comme approche des personnages et que le film pourrait tomber dans le pathos facile, mais en fait ça marche plutôt bien, les relations sont justifiés et les réactions aussi. Un bon point pour toi film !

La réalisation est assez convenue mais sert le film et les personnages. Le film en lui même est plutôt fluide et les scènes d'actions restent parfaitement lisibles même sous une pluie d'effets numérique. Effets-spéciaux qui sont d'ailleurs vraiment réussis. Le film est un soap-opéra qui nous fait voyager sur différentes planètes et nous fait voir plusieurs paysages et décor, qui sont, pour la plupart, tournés à 90% sur fond vert. Mais ça fonctionne carrément avec l'ambiance pop et colorée du film. Un autre bon point pour toi film (plus que huit et tu auras une image !). En plus le film à des trouvailles visuelles intéressantes et franchements chouettes. Notamment certaines séquences où Yondu utilise sa flèche.

L'humour est omniprésent dans le film. Parfois peut être un peu trop. Certaines scènes avec une tension plus dramatique sont désamorcées par cet humour. Oui c'est drôle, oui les dialogues sont vraiment top et permettent une vrai cohésion entre les différents personnages. Mais est-ce qu'il est tout le temps pertinent ? Il fait souvent rire (de plus j'étais dans une salle bondée avec un public très réactif, dès la moindre vanne tout le monde se marrait, et moi aussi, parce que c'est marrant et vachement communicatif), mais est-il tout le temps utile ? Pas sûr, certaines scènes auraient sans doute mieux fonctionnées sans cette couche d'humour. Je pense que l'on doit mieux s'en apercevoir dans une salle peu pleine, ou avec un public silencieux.

Yondu a la classe intersidérale !

Les acteurs sont tous bons et on sent qu'ils s'amusent et qu'ils ont du plaisir à jouer leur personnage. Ce qui est top, parce que ça ce voit à l'écran, c'est communicatif, et le spectateur s'attache d'autant plus aux personnages. Peter Quill est incarné par un Chris Pratt en grande forme, tout comme Zoe Saldana pour Gamora. Dave Bautista en Drax est une des bonnes surprise de ce film, car dans le premier il était le bourrin de service, là il l'est toujours mais le personnage à, en plus, développé un humour cinglant qui, combiné à son inconnaissance des règles sociales, en fait un l'atout comique principal du film. Pour Baby Groot (dont la voix est toujours faite par Vin Diesel ) on pouvait craindre que ce soit la mascotte toute mimi du film qui sert à rien mais qui fait venir les plus jeunes. Mais l'arbre à la réplique unique à bien son importance dans l'histoire et dans l'équipe et n'est pas réduit à l'état d'animal de compagnie. Kurt Russell est très très bon en Ego, et on sent que lui aussi, vieux routier du cinéma, s'amuse comme un petit fou avec son personnage surpuissant. La grosse surprise du film est Yondu, interprété par Michael Rooker. Alors que le personnage était mis au second plan dans l'opus précédent, il est ici bien présent et développé. Et Michael Rooker est excellent, il réussit à jouer cet extraterrestre bleu avec une finesse et une justesse qui sont rares chez les productions Marvel (Pas que les autres acteurs jouent mal, loin de là, ils sont tous parfait pour leurs personnages, mais la plupart ne sont peut être pas aussi fin que peut l'être Yondu. Ou en tout cas Michael Rooker qui joue Yondu). Big Up Michael ! Il y a aussi la présence de Sylvester Stallone qui fait bien plaisir, ainsi que d'autres caméos fort sympathiques ! Le film contient aussi la meilleure apparition de Stan Lee de tous les films Marvel !

En fin de compte on a un film de super héros qui n'hésite pas à prendre son temps pour développer ses personnages et leurs relations, quitte à mettre parfois l'action au second plan (littéralement parlant dans la scène d'introduction). La musique de Tyler Bates et les chansons cultes des années 80 rythment le film et empêche le spectateur de s'ennuyer ne serait-ce qu'un instant dans ce mélange d'action, d'humour et de références à la pop culture assez jouissif (la salle riait réellement aux éclats). Alors peut être que le premier film reste meilleur, et que celui-ci ne fait qu'appuyer et insister sur ce qui avait fonctionné dans le premier, mais en attendant ça marche plutôt bien et ça nous offre un divertissement de qualité.

 

 

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 de James Gunn.

Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Michael Rooker, Kurt Russell, Bradley Cooper, Vin Diesel, Karen Gillian, Pom Klementieff, Sean Gunn, Sylvester Stallone, etc...

 

 


08 mars 2017

Logan

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Logan, où le dernier film sur Wolverine. En tout cas le dernier où le mutant griffu sera incarné par Hugh Jackman, puisqu'il a prévenu dès l'annonce du projet qu'il ne rejouerait plus ce personnage après ce film. La fin d'une ère presque, débuté en 2000 dans le tout premier X-Men, avec lequel l'Australien se fait connaître du grand public. Mais peut-on imaginer un autre acteur que lui dans le rôle de notre glouton préféré ? Pas sûr, mais bon, en attendant concentrons-nous sur ce que vaut Logan de James Mangold.

En 2029, tous les mutants ont quasiment disparus. Un Logan âgé, malade, fatigué et retraité des activités super-héroïques vit à la frontière mexicaine avec Caliban, un albinos. À deux, ils tentent tant bien que mal de s'occuper d'un Charles Xavier nonagénaire sénile qui est obligé de suivre un lourd traitement afin de ne pas faire de crises psychiques qui pourraient rapidement devenir très dangereuses pour les personnes aux alentours. Afin de payer les médicaments, et l'alcool qu'il boit à longueur de journée, Logan, enfin James Howlett, c'est le nom qu'il utilise (et c'est accessoirement son nom de naissance) est chauffeur de limousine. Mais tout va basculer quand il va devoir protéger (même si je ne suis pas sûr que « protéger » soit le terme qui convienne) Laura, une très jeune mutante qui a les mêmes pouvoirs que lui (des griffes en adamantium au facteur guérissant en passant par le mauvais caractère) et qui est poursuivie par la société plus que louche, Transigen.

Alors effectivement, dit comme ça, le scénario à l'air assez simple. Et il l'est, mais cela n'empêche pas le film de faire bien les choses. La réalisation est très léchée et réussit à nous communiquer une empathie pour Wolverine que nous n'avions jamais eu auparavant. En même temps c'est la première fois qu'un film X-Men sort autant des codes du film de super-héros et se concentre sur un personnage en nous exposant toutes ses faiblesses.

Un dernier round à tenir pour Logan

C'est James Mangold qui réalise, et le bougre avait déjà réalisé Wolverine : le combat de l'immortel (film sous-estimé à mon goût), et ça fait plaisir de voir qu'il ne se repose pas sur ses acquis, ou les choses qu'il avait pu faire sur ce précédent film, et change totalement de style pour Logan. En même temps ce réalisateur c'est un caméléon, il est aussi à l'aise avec le western pour 3h10 pour Yuma, le polar urbain pour Copland, le thriller slasher avec Identity, le biopic de Johnny Cash avec Walk The Line, le film de super-héros pur et dur avec Le combat de l'immortel, et celui un peu moins pur avec, ici, Logan.

La photo du film est super belle elle aussi, sans grand effets lumineux (inutiles), mais avec des plans travaillés et soignés. Ils sont à la fois pratiques pour montrer les intentions de la scène au spectateur, tout en gardant une esthétique propre au film. Le travail de John Mathieson (qui avait remporté l'oscar de la meilleure photographie pour Gladiator de Ridley Scott) contribue ainsi beaucoup à l'ambiance à la fois épurée et crue de Logan.

Le film est (très) librement inspiré de l'excellent comics Old Man Logan de Mark Millar et Steve McNiven. Et pour ceux qui disent qu'il n'est pas assez utilisé dans le film, c'est normal, car une grande partie des personnages apparaissant dans le comics, comme Œil-de-faucon, Crâne rouge ou le gang des Hulk, appartiennent, pour leur image cinématographique, à Marvel Studios (c'est à dire ceux qui font Avengers, Iron Man, et Cie) alors que X-Men, Wolverine et Deapool appartiennent à Twentieth Century Fox. Et puis heureusement que des larges écarts sont pris avec le comics, parce que l'apparition d'un T-rex Venom ça ne choque pas du tout dans le comics, mais est-ce que ça n'aurait pas été un peu trop dans un film ? Surtout qu'il échappe déjà aux grosses scènes clichés avec plein d'explosion et les bâtiments qui s'écroulent. Alors rajouter un T-rex, même s'il est possédé par le symbiote, ça aurait fait beaucoup de SFX d'un coup non ? Enfin, je parle du T-rex, mais j'aurai également pu parler des hommes-taupes ou même des squelettes géants, qui n'auraient fait que dénaturer le film et lui faire ressembler à ce qu'il n'est pas (à ce propos, le film évite le piège du nid à référence ou du fan service, ce qui est plutôt une bonne chose). Le film s'inspire surtout de l’œuvre de Millar et McNiven pour son fond, son monde en partie désertique, ou en tout cas, avec très peu de population habitant hors des villes (la maison de Logan au Mexique, avec le réservoir d'eau effondré ressemble vraiment aux décors que l'on peut trouver dans le comics). Et surtout pour la vision de Logan vieillissant, épuisé, qui ne veut plus se battre (même s'il ressort les griffes beaucoup plus tôt dans le film que dans le comics, l'idée est là).

Logan 2017

On pourrait reprocher au film ses méchants facilement oubliables et remplaçables, même si les performances de Boyd Holbrook en Donald Pierce et celle de Richard E. Grant en Zander Rice sont plus que correctes, il est difficile de faire une némésis à la hauteur du griffu canadien qui à déjà plusieurs à son actif, alors qu'un méchant doit, pour la plupart du temps, réussir à s'imposer en un film (le meilleur méchant de Wolverine restant Stryker incarné par Brian Cox dans X-men 2). Mais ces méchants dispensables ne m'ont personnellement pas dérangé car, pour moi, dans le film, le vrai combat de Wolverine, son vrai ennemi, c'est lui-même, ou plutôt ce qu'il est devenu. Ici, Logan souffre à chaque mouvement effectué. À chaque fois qu'il sort les griffes. Ses vrais adversaires ce sont le temps, l'âge, la maladie et l'alcool… Et ces adversaires là ne sont pas des plus faciles à vaincre.

Hugh Jackman est excellent pour sa dernière prestation en Wolverine. Il apporte une profondeur au personnage qui n'avait jamais été exploité auparavant. Et c'est vraiment chouette de voir qu'il s'investit autant pour sa dernière prestation dans ce rôle. Patrick Stewart est tout aussi émouvant en Charles Xavier, vieux, malade, qui a du mal à contrôler ses pouvoirs mais qui n'a rien perdu de sa sagesse et de son esprit bienveillant. Comme je disais plus haut, Boyd Holbrook et Richard E. Grant sont très corrects en méchants même s'ils ne font pas sensation. Je souligne quand même que Boyd Holbrook réussit à ne pas surjouer et donc à ne pas rendre son personnage trop caricatural, comme ça l'est si souvent avec ce genre de méchant. Et puis, évidemment Dafne Keen, révélation du film, qui trouve ici son premier rôle au cinéma en incarnant Laura, X-23, et s'intègre parfaitement dans le film, car, même si elle à peu de dialogues dans le film, elle à une présence non négligeable à l'écran.

En fin de compte on a affaire à un très bon film, un film de super-héros qui pourrait très bien ne pas en être un tellement c'est secondaire dans le traitement du personnage. Un film de super-héros qui semble avoir une identité propre (et ça c'est rare), alternant des scènes avec une hyper violence totalement assumée (le film est R-rated, c'est à dire interdit au moins de 17 ans non-accompagnés aux États-Unis et aux moins de 12 ans en France) et des scènes beaucoup plus calmes, où les relations entre les personnages peuvent évoluer. Logan ne cherche pas à faire dans le sensationnel mais plutôt dans l'émotionnel (bientôt au cinéma Wolverine : la comédie dramatique !), changeant évidemment les codes des précédents films Wolverine et des films X-men. On pourrait évidemment regretter que le dernier film du personnage ne soit pas plus grandiose, on pourrait dire qu'il aurait pu être mieux, c'est vrai. Tout peut toujours être mieux quand on y pense. Mais regardez un instant en arrière, regardez d'où le personnage revient (cinématographiquement parlant) et voyez où nous en sommes avec Logan.

 

 

Logan de James Mangold.

Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen, Boyd Holbrook, etc...

 

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02 mars 2017

Split

Split 1

Après les deux gros échecs critiques et commerciaux que furent Le Dernier maître de l'air et After Earth, on avait cru Shyamalan fini. Mais il est revenu voilà 2 ans avec une production d'un petit studio de film d'horreur, Blumhouse nommé The Visit. Film assez sympathique, qui, même s'il est loin d'égaler The Village ou Incassable dans la virtuosité scénaristique (ou même technique), avait le mérite d'utiliser très bien les codes du found fountage dans un ensemble bien réalisé avec une tension qui monte crescendo. The Visit remporte un accueil plutôt favorable et est hyper rentable grâce à plus de 200 millions de dollars récoltés pour un budget de 6 millions. Est-ce que avec Split Shyamalan signe le film de son retour en revenant aux codes qui ont fait sa qualité et sa popularité ?

Claire vient de fêter son anniversaire et s'apprête à rentrer chez elle, raccompagnée par son père en voiture. Elle est accompagné de Marcia sa meilleure amie, et de Casey adolescente mutique qui préfère rester dans son coin, invitée un peu par défaut et qui se retrouve sans autre moyen pour rentrer chez elle. Mais tandis que le père range des affaires dans le coffre, un homme entre dans la voiture, les endort et les kidnappe. Elles se retrouvent enfermées dans un pièce, avec salle de bain s'il-vous-plaît, mais malheureusement sans aucune autre issue qu'une porte verrouillée. Le kidnappeur c'est Dennis, un tordu, maniaque de la propreté. Enfin Kevin plutôt, dont Dennis n'est qu'une des 23 identités qui se partagent son corps et son esprit. 23 identités avec chacune des caractéristique propres que ce soit physique (enfin c'est relatif, étant donné que c'est James McAvoy qui les représente tous) ou mentale.

Hedwig à 9 ans, il a l'air tout à fait innocent vous ne trouvez pas ?

Le film est vraiment sympa. Il ne renouvelle pas les codes du genre mais les utilise de manière hyper efficace, et cela de la scène d'ouverture, celle sur le parking, qui peut sembler simple, mais est juste excellemment bien réalisé, à la dernière scène (pour laquelle je ne dirai pas ce qui s'y passe parce que ce ne serai pas très chic de ma part si vous n'avez pas encore vu le film). C'est plutôt bien écrit avec un rapport très intéressant qui va se construire entre Kevin (enfin ses différentes identités) et Casey. Et comme dans The Visit, une tension qui va crescendo au fur et à mesure de l'histoire. La réalisation est très soigné et Shyamalan, comme toujours, privilégie les plans longs, avec un minimum de coupures. Le tout sur des plans construits qui font plaisir à voir. On dit, dans les principes de base de la réalisation, qu'il faut mettre une idée par plan, que chaque plan doit dire quelque chose. Et si l'on change de plan c'est pour donner une nouvelle information au spectateur. Tout ça, Shyamalan l'a parfaitement compris en n'enchaînant pas les plans d'une demi seconde dès qu'il y a une scène avec un peu plus d'action comme certains réalisateurs ont malheureusement pris l'habitude de faire aujourd'hui. Il ne faut pas confondre rythme et rapidité (coucou Zack Snyder). Comme je le disais un peu plus haut, la scène d'introduction est très bien dans ce genre, avec le fameux mouvement de caméra fluide et lent qui passe d'un visage à un autre dans la voiture sans couper une seule fois, ce qu'il faisait déjà dans la scène d'ouverture d'Incassable dans le train.

James McAvoy est plutôt excellent dans son multi-rôle de Kevin le schizophrène. Il réussit à rendre tous ses personnages crédibles. Et même si chaque identité à des vêtements qui lui sont propre, McAvoy donne à chaque personnage une présence différente à l'écran ainsi qu'un timbre de voix particulier, sans que cela ne tombe jamais dans le surjeu ou que le personnage de Kevin soit décrédibilisé. Et cela rend la performance de McAvoy assez bluffante. Anya Taylor-Joy, qui joue Casey, réussit à rendre son personnage convaincant face à ce James McAvoy intimidant et joue vraiment bien. Et Betty Buckley (qui faisait Miss Collins dans Carrie de De Palma !!!), qui joue le docteur Karen Fletcher, est elle aussi très bien dans son rôle de psychiatre chargée de suivre Kevin médicalement.

Une petite visite des souterrains, c'est sympa non ?

Avec une très grande maîtrise de son sujet, de son scénario et de ses personnages, Shyamalan nous entraîne dans les méandres mentales de son personnage ainsi que celles du souterrain qu'il utilise comme repaire. On peut donc, je pense, annoncer le grand retour de M. Night Shyamalan suite à cette réussite qu'est Split (même si The Visit était bien, ça restait moins construit en terme de scénario et surtout de réalisation). Et cette même si cette annonce ne vaut pas grand chose,et qu'elle ne confirme en rien la qualité des prochaines réalisations de Shyamalan, elle fait quand même plaisir à entendre.

 

 

Attention, je vous conseille fortement de ne pas lire le paragraphe suivant si vous n'avez pas encore vu le film. Parce que quand je disais un peu plus haut que je n'allais pas parler de la dernière scène ici, ben, j'ai un peu menti. Alors passez votre chemin si vous n'avez pas vu le film. C'est pour votre bien que je dis ça.

 

 

 

SI VOUS N'AVEZ PAS VU LE FILM, CETTE LECTURE EST À VOS RISQUES ET PÉRILS !!!!!!

 

La dernière scène du film se déroule après la disparition de Kevin et Casey qui a retrouvé la liberté (enfin c'est relatif étant donné que c'est son oncle qui vient le chercher). Nous sommes dans un bar, et alors que le journal télévisé nous apprend que Kevin s'est enfui et que qu'il est désormais surnommé La Horde en raison de ses multiples personnalités, un personnage fait le lien entre Kevin et ce vilain en fauteuil roulant qu provoquait des catastrophes. Mais quel était son nom déjà ? Paf, la caméra se décale et dévoile Bruce Willis qui répond : « Mr Glass ». Ce Bruce Willis c'est David Dunn (comme nous le confirme le nom indiqué sur sa veste), le personnage que l'acteur jouait en 2000 dans le film Incassable du même réalisateur. [Si vous n'avez pas vu Incassable, ce qui va suivre va dévoiler l'histoire du film du début à la fin donc vous continuez à lire en prenant vos propres responsabilités, je ne veux être responsable de rien]. Incassable est un film qui va, au fil de son histoire, se dévoiler comme une histoire de super-héros plutôt originale. David Dunn, agent de sécurité dans un stade se retrouve être le seul survivant d'un accident ferroviaire. Peu à peu au fil de l'histoire il va se rendre comte que de tout sa vie il n'a jamais été malade, ni blessé, qu'il est, en quelque sorte, incassable. Il va rencontrer Elijah Price, un homme atteint de la maladie des os de verre (joué par Samuel L. Jackson), qui est celui qui va poser les bonnes questions à David afin qu'il se rende compte de sa particularité, et qui va ensuite l'aider à prendre les responsabilités qui incombent à ce pouvoir. Mais à la fin, Elijah se révèle être celui qui a provoqué l'accident du train, ainsi que plusieurs autres catastrophes afin de trouver une personne qu'il pourrait identifier comme un super-héros. Devenant ainsi, en étant par ailleurs celui qui révèle les pouvoirs de David, sa némésis. Un vrai vilain. En fauteuil roulant. Ainsi avec cette référence à la fin de Split, Shyamalan vient tout juste de créer son propre univers de super-héros. Un genre de SCU (Shyamalan Cinematic Universe) qui semble faire un pied de nez aux grosses productions que sont les films Marvel ou DC. Un univers étendu donc, qu'on pourra sûrement retrouver dans le prochain film de Shyamalan puisqu'il a annoncé travailler sur Incassable 2. Dont on peut facilement imaginer être également une suite de Split ou David Dunn pourrait avoir à faire face à La Horde. Bruce Willis face à Jame McAvoy, ça vous tente ?

 

 

Split de M. Night Shyamalan.

Avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

 

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12 janvier 2017

Nocturnal Animals

 

Nocturnal Animals

Susan est une galeriste plutôt aisée (financièrement parlant), qui vit avec son mari à Los-Angeles. Mais bon, la vie n'est pas très facile, le vernissage de sa dernière exposition est peut être un succès mais, est-ce que l'envie est encore là ? La motivation ? Et puis un beau jour, elle reçoit le manuscrit du premier roman de son ex-mari, Edward. Il est intitulé Nocturnal Animals et lui est dédié. Intriguée, elle commence la lecture. Elle plonge alors dans l'histoire de Tony et de sa petite famille composée de sa femme et de sa fille. Ils partent en vacances en voiture (enfin on suppose qu'ils partent en vacances parce qu'ils ont des valises et des bagages dans le coffre), mais au beau milieu de la nuit, dans le désert en plein Texas, il se font agresser par une bande de jeunes à la morale pas très nette et qui semblent s'énerver facilement...

Depuis le générique du début qui paraît en décalage total avec le reste du film jusqu'à la dernière scène, Nocturnal animals tient le spectateur, l'intrigue, le questionne et le lance sur des fausses pistes. On essaie de se raccrocher à l'histoire. Aux histoires, celle de Susan et celle de Tony. Mais ce n'est pas si facile, du moins plus difficile que ce que l'on peut croire.

« Nous sommes bien mieux ici que dans le monde réel » dit un personnage au début du film. Mais ici, qu'est-ce qui est réel et qu'est-ce qui n'est qu'histoire ? Dès le moment ou Susan imagine Tony sous les traits d'Edward, le trouble est présent. De plus c'est Isla Fisher qui joue la femme de Tony, et elle ressemble étrangement à Susan (Amy Adams). Tom Ford joue avec les parallèles, que ce soit entre la vie de Susan et l'histoire de Tony. Entre la réalité et la fiction. Ou même lorsque Susan est à travail, la lumière est partout, et tout les murs sont blancs, elle essaie de porter un masque en présence des autres. De garder la face. Contrairement à chez elle, où les lumières sont éteintes et les pièces très sombres, l'on peut voir son visage se détacher sur un fond entièrement noir. Ici elle est seule, le fait qu'elle soit déprimée et presque désespérée est visible. Sur son visage mais aussi dans son environnement. Avant qu'elle ne s'en échappe quelques heures par la lecture du manuscrit d'Edward.

Tony. Ou peut-être Edward... Jake Gyllenhaal quoi !La réalisation est vraiment bien, et certaine scène sont particulièrement marquante d’efficacité et d'impact sur le spectateur. Comme celle où les jeunes se mettent à harceler et à poursuivre la voiture de Tony dans la leur (rôh les voyous !). On ne cligne pas des yeux durant toute la dure de cette scène tant la tension est bien amenée (je vous rassure, elle ne dure que quelques minutes, après vous pourrez de nouveau hydrater votre œil de par le battement des paupières).

Les acteurs sont vraiment top ! Amy Adams qui fait Susan montre qu'elle est capable de vachement mieux que Lois Lane dans Man of Steel ou Batman v Superman (elle le prouve aussi dans Premier Contact de Denis Villeneuve). Et Jake Gyllenhaal est quant à lui, comme toujours, impeccable, il semble rentrer dans son rôle avec une aisance surprenante. Et réussit à nous montrer les facettes les plus intimes de son (enfin ses) personnages (il joue Edward et Tony) grâce à son jeu tellement expressif, mais jamais surjoué. Michael Shannon (avec qui j'ai un peu de mal d'habitude) est ici vraiment convaincant en vieux flic texan qui à tout vu, tout vécu et qui veut juste boucler son affaire. Aaron Taylor-Johnson est carrément bien en jeune voyou/redneck agressif (il vient d'ailleurs de gagner le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation, récompense méritée).

Un film intriguant, qui, sans jamais lâcher le spectateur, réussit tout de même à le perdre quelque part entre fiction et réalité. Porté par des acteurs talentueux et une mise en scène précise et efficace, Nocturnal Animals est, sans être un OVNI total, une semi-curiosité scénaristique qui est plutôt bien fichue. En plus il a une fin assez ouverte, et ça c'est chouette !

 

Nocturnal Animals de Tom Ford.

Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson, Isla Fisher, etc...

 

11 janvier 2017

Paterson

Paterson

Paterson est une petite ville du New Jersey où habite Paterson (eh oui le personnage principal à le même nom que l'endroit où il habite), chauffeur de bus et poète à ses heures perdues. Il y habite avec Laura. Il se lève le matin vers 6h15, embrasse son aimée, mange des céréales puis va à la station de bus. Avant de démarrer sa journée, il commence ou continue à écrire un poème sur son petit carnet secret. Et puis, à la fin du jour, il revient chez lui, voit sa petite amie, dîne, sort le chien et va au bar (l'histoire n'a pas l'air palpitante comme ça, mais le film ne cherche pas à l'être, et reste super comme il est).

Et ce schéma se répète tout une semaine dans le film, du lundi, au lundi suivant, avec chaque jour le même schéma. Les même habitudes de vie. Jarmusch nous emmène dans le quotidien, l'intimité d'un couple mais surtout d'un personnage, Paterson. On voit les petits tracas de la vie, mais aussi ses petites joies. Et tout ces micro-détails qui peuvent rendre une journée qui semble comme les autres, unique. Et Jarmusch fait ça vraiment bien, en réutilisant les même plans au fur et à mesure des jours, parfois rien ne change excepté la perception du personnage face à son environnement. Ce qui change évidemment tout ! Le film est minimaliste, ne sortant pas de ce qu'il met en place, restant toujours dans les mêmes lieux, et sans jamais lâcher les personnages du quotidien qu'il met en place au cours de la semaine, et cela les rend attachants aux yeux du spectateur. Et chacun de ses personnages, que ce soit un ami de Paterson récurrent dans le film ou juste un type auquel il parle dans la rue, est un univers en soi. Une source infinie de possibilité. Une source d'inspiration pour Paterson et ses poèmes qui parlent des choses du quotidien de manière presque naturel (le premier poème dont il nous fait part, commence par l'éloge d'une boîte d'allumettes).Kylo Ren chauffeur de bus !

C'est le genre de film qui réussit à happer le spectateur dans le micro monde qu'il crée. Même s'il ressemble vachement au notre. Ce monde là semble presque innocent, plus calme et doux. Et cela est dû à ce qui ressort du personnage d'Adam Driver, que suit le spectateur durant près de deux heures (1h58 pour ceux qui aiment la précision). De part la vision du monde et des choses qu'il semble avoir dans le film mais aussi de par sa présence presque flegmatique. 

Adam Driver semble tout intérioriser et cela rend son personnage vraiment attachant et renforce même la puissance des poèmes qu'il écrit dans le film. Poème qui ne vont être vus que par le spectateur pendant tout le film. Nous sommes privilégiés par rapport aux autres personnage, et cela donne presque un rôle au spectateur, celui de témoin qui peut confirmer du talent et du sens de la poésie de Paterson. Golshifteh Farahani qui joue la petite amie de Paterson est vraiment bien également, créant une réelle identité à son personnage un peu excentrique ( elle cuisine des tartes choux de bruxelles / cheddar !). Elle complète parfaitement Paterson : lui ne dit rien, intériorise tout tandis qu'elle est physiquement très expressive. (cette actrice est aussi à voir dans le super film My sweet pepper land). Pas grand chose à dire sur les autres acteurs si ce n'est qu'ils sont bons. Ah si, le chien Marvin, joue quand même vachement bien pour un bouledogue anglais !

Un film minimaliste sur le quotidien, sur la vie. Qui s'appuie sur des poèmes de William Carlos Williams et de Ron Padgett (dont les poèmes sont attribués à Paterson dans le film). Avec une réalisation très soignée et un Adam Driver qui semble se laisser autant porter par le film que le spectateur. Un film qui, pourquoi pas, réveillera le poète qui sommeille en vous !

 

Paterson de Jim Jarmusch.

Avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, etc...

 

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09 janvier 2017

Copland

Copland

Tant de flics à New-York, il faut bien les loger. Ici une grande partie habitent à Garisson, juste en face de New York, une ville de flics (d'où le titre Copland pour ceux du fond qui ne suivent pas), avec leurs famille. La ville avec le taux de criminalité le plus bas du pays. Mais un jour un jeune flic zélé, « superboy », prend en poursuite, après une soirée arrosée, une voiture avec deux jeunes l'ayant menacé avec un fusil. Résultat : accident de voiture, les deux jeunes meurent sur le coup. La police arrive sur le pont ou l'accident a eu lieu et « superboy » saute du pont. Attendez, quoi !? Allez on ne traîne pas le film continue. Et cette ville à un shérif, le sympathique Freddy, un peu lourdaud, sourd d'une oreille, et dont le job consiste surtout à gronder les conducteurs faisant des excès de vitesse et à ramener à leur propriétaire des peluches tortues qui tombent dans la rue. Rien de bien palpitant me direz-vous, mais Freddy le vit bien, un job pépère tranquillou. Enfin il aurait bien aimé devenir policier, mais sa semi surdité l'empêche de réussir les examens médicaux. Il se contente donc de ce qu'il à. Passant ses soirées entre le bar, le flipper du bar, et son canapé où il écoute le Boss. Mais peu à peu il s'aperçoit que tout n'est pas net à Garisson et que la corruption y est même banale. En plus l'affaire de la mort de superboy n'est pas nette. À tel point qu'un officier des Affaires Internes est déplacé sur place pour enquêter. Il veut rallier le shérif à sa cause. Entre les hommes qu'il admire et la justice, Freddy va devoir faire un choix.

Attendez, c'était Stallone qui jouait le lourdaud là ? Freddy? Le même qui ploie sous ses propres muscles en gueulant bien fort dans les Rambo et les Rocky (notez bien que je n'ai strictement rien contre ces deux sagas). La même star du cinéma d'action des années 80 qui lâche des punchlines de bourrin mitraillette à la main ? Eh bien oui, ce cher Sylvester qui à pris non moins de 20 kilos pour le film, qui nous montre ici un de ses rôle les plus sensible et travaillé, l'un de ses meilleurs sans aucun doute. Et tout les acteurs ont acceptés de voir leur cachet au rabais pour jouer dans ce film. Pourquoi ? Parce que le scénario. Et ce scénario il est fichtrement bien fichu. Ben en même temps pour convaincre Robert de Niro, Harvey Keitel et compagnie de baisser leurs cachets il fallait qu'il assure. Et ce scénariste, nommé James Mangold à demandé aux producteurs de réaliser le film. Le type il tient vraiment à sa vision de Copland ! (James Mangold qui est le type qui a réalisé par la suite l'excellent remake de 3:10 pour Yuma et qui fait le Logan que nous auront bientôt en salles).

Et tout cela fait de Copland un super film, une sorte de western urbain, avec un shérif qui va se retrouver seul contre tous les ripoux. Un film dans une ville qui va devenir un terrain de chasse sans règles ni lois. Un film dont l'histoire est efficace et ne néglige aucun personnage dans son traitement et son écriture. Sans en laisser un de côté pour des facilités de scénario (et ça c'est chouette).

"C'était pas ma guerre"

Le film est techniquement correct, lisible et agréable à voir. La réalisation est efficace sans être très personnelle. Mais elle fait tout pour mettre un avant les actions des personnages et la performance des acteurs. C'est qu'on retrouve dans plusieurs des films de Mangold d'ailleurs : une réalisation qui respecte les codes du genre (et ce de manière plus que correct, comme dans Identity), mais qui ne confond jamais rythme et rapidité pour les scènes d'actions (et ça aussi c'est vraiment chouette). Et la force de James Mangold vient aussi beaucoup de sa direction d'acteur. On ressent qu'il sait ce qu'il veut, qu'il à sa vision et qu'il à choisit chacun des acteurs en fonction de ce qu'il était capable de montrer à l'écran. C'est pour cela que le rendu est uniforme. Dans le sens ou lorsqu'on regarde le film on ne se dit pas à chaque plan : « C'est le type qui fait Rocky » ou « C'est Harvey Keitel ».

Les acteurs sont supers, vraiment tous. Ils sont tous excellents dans leur rôle et s'approprient exactement leur personnage. De Stallone qui nous offre une prestation jamais vue en un shérif grassouillet, à moitié sourd et sans grande motivation dans la vie. Harvey Keitel en chef de flic-city en impose de froideur et d'antipathie. Robert de Niro n'a ici qu'un petit rôle, celui de Moe Tilden, des Affaires Internes, mais dès qu'on le voit à l'écran on ne peut pas s'empêcher de se dire que ce type est un acteur de génie, qui bosse autant ses premiers rôles que les secondaires (comme dans Backdraft de Ron Howard). Ray Liotta en un des rares flic avec lequel Freddy s'entend vraiment bien. Et puis des types comme Noah Emmerich, Jason Patrick (T-1000 à ses heures perdues), Janeane Garofalo, etc... Enfin, que des gens doués qui s'intègrent parfaitement au film.

Copland est donc un western urbain, une sorte de relecture moderne de Le train sifflera trois fois, ou on retrouve un shérif livré à lui seul dans une ville qui peu à peu l'abandonne et se retourne contre lui. Un bon petit film avec peu de budget, un chouette scénario et des excellents acteurs motivés.

 

Copland de James Mangold - 1997

Avec Sylvester Stallone, Harvey Keitel, Robert de Niro, Ray Liotta, etc...

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29 décembre 2016

Rogue One : A Star Wars Story

Rogue One 1

Rogue One est le premier spin-off de la série de films Star Wars lancée lors du rachat de Lucasfilm par Disney. C'est à dire qu'il ne se trouve pas dans la continuité de l'épisode VII mais est centré sur un événement précis. Ici le récit se déroule juste avant l'épisode IV. Il raconte l'histoire du groupe de rebelle chargés de récupérer les plans de l'Étoile Noire pour l'Alliance.

Le film commence alors que l'Empire est en pleine expansion et contrôle une grande partie de la galaxie. Jyn Erso est encore une enfant lorsqu'elle voit son père, Galen Erso, ingénieur ayant déserté l'Empire, se faire emmener de force par les troupes impériales menés par le terrible Orson Krennic afin de terminer la construction d'une arme ultime qui permettra le contrôle total sur toute la galaxie (l'Étoile de la mort!!!). Jyn est donc élevée par Saw Gerrera, un ami de Galen et un rebelle considéré comme extrémiste. Des années plus tard, alors que Jyn vit sous un faux nom, elle est capturée par des soldats impériaux. Mais tandis qu'elle est envoyée dans un camp de travail, le convoi se fait attaquer par un groupe de rebelles. L'Alliance apprend qui elle est et surtout qui est son père (il a une petite réputation le Galen). Elle est alors chargée de récupérer un message envoyé par son père à Saw Gerrera (par le biais d'un pilote de cargo déserteur) ainsi que, dans une autre mesure, de retrouver son père, car lui seul connaît l'étoile de la mort aussi bien et peut aider les rebelles à la détruire. Mais Jyn ne sera pas seul, elle sera accompagnée par quatre rebelles et un droïde pour accomplir cette mission , nom de code : Rogue One.

Waaah, ça fait quand même un bien fou de se replonger dans l'univers de Star Wars ! Et quel univers ! Ici il est encore enrichi par des nouveaux vaisseaux (le U-wing est très chouette), des nouvelles créatures et, évidemment, des nouvelles planètes toutes plus impressionnantes les unes que les autres. De plus, le film est visuellement beau, de par la photographie plutôt bien gérée (j'aime voir des scènes de nuit qui soit lisibles et compréhensibles), mais aussi par les effets spéciaux numériques qui sont vraiment aboutis et agréables à regarder sans être « tape-à-l’œil », sans parler des maquettes, des costumes, qui permettent de rendre cet univers crédible aux yeux du spectateur. Ce qui est extrêmement important pour un film, et encore plus important pour un film « Star Wars » qui a déjà un gros bagage . Un élément qui sonne faux ou décalé et c'est fichu, le spectateur peut sortir de cet univers qui ne fut pas forcément une mince affaire à construire et encore moins à le rendre crédible. Le film se positionne bien dans l'univers de Star Wars donc, mais est construit d'une manière totalement nouvelle (pour un Star Wars j'entends), car il est construit et pensé comme un film de guerre. Présentation des différents personnages de l'équipe pendant le premier tiers du film, une première mission lors du second tiers et enfin, dans le dernier tiers, l'apothéose de la bataille finale, avec la plupart des plans tournés à hauteur d'homme, dans le feu de l'action. Mention spéciale à ce dernier tiers qui nous en met vraiment plein la gueule !

"I have a bad feeling about..." "Shut up !"

Le film gère plutôt bien les références aux autres épisodes. Sans trop de fan-service.La plupart des éléments de l'épisode IV présents ici ne peuvent pas être considérés comme du simple fan-service étant donné qu'ils sont, pour la plupart, intégrés dans l'histoire. Et que, Rogue One se déroulant juste avant Un Nouvel Espoir, il est logique que ces éléments soient présent. Beaucoup de personnes disent que cet opus aurait fait un meilleur épisode VII que l'épisode VII lui-même, pourtant la comparaison entre les deux n'est pas forcément utile. En effet, l'épisode VII était très bien pour relancer la saga culte tout en restant dans l'esprit et la même construction de récit que les autres épisodes (notamment ceux de la trilogie originelle), et en prolongeant l'histoire avec un même ton. Ici, Rogue One est excellent en tant que film dans l'univers de Star Wars. Mais il est tout de même plus sombre que les autres films de la saga. Et même s'il peut s'inscrire juste avant l'épisode IV, il est vraiment pensé comme un one-shot, avec des personnages originaux, un début, un milieu et une fin. Le film s'appelle Rogue One : A Star Wars Story et non pas Star Wars épisode III,V : Rogue One.

Les acteurs s'en sortent plutôt bien dans l'ensemble. Que ce soit Felicity Jones en Jyn Erso, Diego Luna en rebelle convaincu, Donnie Yen et Jiang Wen qui forment un duo vraiment sympa. Riz Ahmed en pilote déserteur de l'Empire. J'ai beaucoup aimé K-2SO, le droïde, camarade de Cassian Andor (Diego Luna), joué en performance capture par Alan Tudyk. Il réussit à être vraiment attachant et drôle sans ressembler un seul instant à un R2D2 ou à un BB-8, ou à un Jar Jar Binks (car il peut parler). Et puis il y aussi Mads Mikkelsen et Ben Mendelsohn, qui, je trouve, s'intègrent très bien à l'univers de Star Wars. James Earl Jones reprend le micro pour faire la voix du terrifiant Dark Vador (il n'a jamais été aussi impressionnant que dans sa dernière scène dans Rogue One). Peter Cushing et Carrie Fisher ( la Force sera toujours avec toi) ont étés recrées en CGI (Computer-Generated Imagery ) afin de pouvoir faire apparaître le grand Moff Tarkin et la princess Leïa (celle de l'épisode IV) dans le film. Et même si l'on se rend compte que ce sont des CGI, le réalisme du rendu final est plutôt bluffant.

 

Pour conclure, c'est plutôt un bon moment que j'ai passé devant Rogue One. On y découvre d'autre recoins de ce vaste univers, d'autres codes. Par exemple au sujet de la Force : étant donné que l'immense majorité des chevaliers Jedi on été tués ou ont disparus lors de la période où se déroule le film, on pouvait s'attendre à ce qu'il n'y ait pas de Force du tout. Pourtant elle est bien présente, particulièrement avec le personnage joué par Donnie Yen, avec lequel on peut percevoir la Force comme une sorte de religion. Ce qui est assez intéressant et beaucoup plus convaincant que les midi-chloriens de la prélogie. Le film est vraiment bien et réussit à garder un bon rythme pendant 2h15. Et puis voir du Star Wars sur grand écran, on ne s'en lasse pas (surtout quand c'est du bon).

 

Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards

Avec Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Alan Tudyk, Donnie Yen, Riz Ahmed, Mads Mikkelsen, etc...

 

25 décembre 2016

Piège de cristal

Wouhou ! C'est Noël, la période des fêtes, du froid et de la bonne humeur. Mais aussi la période des films de Noël ! Et des films de Noël il y en a des tas, des pas très bons, comme du moins bon. Mais aussi (parfois) certains qui sortent du lot et qui se révèlent être des bons (voir excellents) films. Et ici je vais vous parler de l'un des meilleurs film de Noël au monde (même s'il est sorti en juillet aux États-Unis et en septembre en France). Bon, si vous avez lu le titre avant de commencer à lire la critique vous savez forcément de quel film je parle : Piège de cristal !!!! (ou Die Hard chez l'oncle Sam).

Piège de cristal

Tout commence le 24 décembre (quand je vous dis que c'est un film de Noël), lorsque John McClane, humble lieutenant de police à New York se rend à Los Angeles pour passer un fabuleux Noël avec sa femme (avec laquelle il ne s'entend plus très bien et doit donc se rabibocher) et ses deux enfants. Il arrive donc tranquillou à l'aéroport et est conduit au siège de l'entreprise ou travaille sa femme par un sympathique chauffeur nommé Argyle. Il arrive ainsi au Nakatomi-Plaza, un gratte-ciel dans lequel la fête de Noël est donnée au trentième étage. Ce n'est pas le dernier étage, mais presque, étant donné que ceux au dessus sont encore en chantier. McClane monte jusqu'à l'étage de la fête et va faire le poing avec ses orteils sur la moquette dans la salle de bain en attendant que sa femme revienne, ce n'est pas très efficace. Mais ce n'est pas le pire, car pendant qu'il était pépère dans la salle de bain, un groupe de treize terroristes, dirigé par le machiavélique Hans Gruber, prend le contrôle de tout le bâtiment et toutes les personnes présentes à l'intérieur deviennent leur otages. Toutes ? Non, car John McClane a le temps de s’éclipser avant qu'on ne le trouve et va faire en sorte de devenir un sacré grain de sable dans le mécanisme extrêmement bien huilé des terroristes. Paf, le meilleur (ou presque) film d'action du monde est lancé ! Ainsi qu'une franchise, qui, bien que lucrative, n'arrivera jamais par la suite à égaler ce premier opus (même si le troisième s'en rapproche pas mal en terme de qualité).

"Maintenant je sais ce que ressent un lapin dans son terrier"

Pour son troisième long métrage, après Nomads (que je n'ai pas encore vu) et l'excellent Predator, John McTiernan frappe fort. Vraiment très fort tant ce film est devenu culte et à même ouvert une nouvelle ère du cinéma d'action. Alors que des Stallone ou des Schwarzenegger sont des véritables machines à muscles intuables et quasi muets dans des films tels que Predator, Commando et Rambo II et III, sans parler des Jean-Claude Van Damme et autres Steven Seagal. Et parmi tout ces types là, ces héros taillés pour leur job (qui à vraiment cru que Steven Seagal allait rester un simple cuistot durant tout Piège en haute-mer ?), débarque John McClane, avec son air fatigué et son marcel crade. Un flic qui n'a rien à faire là, qui n'a jamais rien demandé, qui n'a même pas de chaussures, qui s'entend mal avec sa femme et qui se retrouve avec juste un flingue face à treize bonshommes prêt à tout pour le tuer. Et en plus, il saigne et se fatigue vraiment ! Ça devait faire longtemps que des bad-guys n'étaient pas tombés sur un type comme ça. Presque une aubaine pour eux étant donné que le projet devait originellement être une suite de Commando, avec Schwarzy dont le biceps doit faire deux fois l'épaisseur d'un Bruce Willis entier. Et avec John McClane, Piège de cristal amène aussi une ambiance toute nouvelle dans le cinéma d'action. Une ambiance qui aurait pu rapidement devenir sombre ou très (trop) sérieuse, qui reste tout de même tendue, mais qui est éclaircie par l'humour et la spontanéité du personnage de Bruce Willis. Ce qui amène une légèreté indéniable au film, chose jusqu'alors vraiment rare dans ce genre de film d'action, ou un homme est seul contre tous. Un personnage auquel le spectateur peut s'identifier beaucoup plus facilement qu'à un John Matrix dans Commando ou à un John Rambo.

John McTiernan est un des réalisateur les plus efficace au monde, ses scènes fonctionnent du tonnerre, que ce soit la scène de la poursuite entre Schwarzy et la créature dans Predator, ou encore celle du vol dans le musée dans Thomas Crown. Et Piège de cristal ne déroge pas à la règle. Dès le début, McTiernan sait où il va et instille des éléments qui pourront prendre une importance par la suite (sans que ce soit de la taille d'un fusil de Tchekov dans un film à twist, ça reste un film d'action). De plus, il prend le temps de bien poser les bases de son histoire avant de faire entrer les méchants dans l'histoire et de commencer les fusillades. Il nous fait aussi aimer John McClane par sa simplicité et sa spontanéité face aux événements auxquels il va devoir faire face. Toutes les scènes d'action sont excellemment bien réalisées et s'enchaînent de manière hyper efficaces. On ne s’ennuie pas une seule seconde durant tout le film.

"Je ne comprendrais jamais le besoin que vous autres américains ressentez toujours de jouer les héros solitaires"

Piège de Cristal est le film qui va faire connaître Bruce Willis du grand public. Un Bruce Willis qui, comme dit précédemment, tranche avec les héros de film d'action connus jusqu'alors. Son jeu naturel et spontané fait de John McClane un personnage qui ne pouvait être qu'apprécié par le public. Il est aujourd'hui impensable d'imaginer le méchant Hans Gruber joué par quelqu'un d'autre que le génialissime Alan Rickman pour qui c'était le premier rôle au cinéma. Et en effet, le méchant que l'on a pu voir à l'écran doit beaucoup à l'acteur, c'est par exemple lui qui à voulu faire de Gruber un méchant qui se démarque des autres terroriste du groupe. Car en tant que chef, il fallait qu'il ait une certaine prestance. Ce qui est parfaitement rendu par le costume qu'il porte. L'anglais est excellent dans ce personnage froid et calculateur, avec ce regard glacial qui reste sur son visage tout au long du film. C'est un des meilleurs méchant du cinéma d'action, de par son intelligence, et parce qu'il va donner pas mal de fil à retordre à John McClane, mais surtout parce qu'il est très bien écrit et est rendu vraiment crédible par l'interprétation d'Alan Rickman.

Pour conclure, Piège de cristal, meilleur film d'action au monde ? Si ce n'est pas le cas, on en est pas loin tant John McTiernan nous livre ici un des sommet du genre. Porté par une réalisation au petits oignons, un scénario rythmé comme on les aime et des acteurs au top de leur forme. Un film qui propage l'esprit de Noël comme aucun autre avant lui ! Yippee ki-yay !

 

Piège de Cristal de John McTiernan - 1988

Avec Bruce Willis, Alan Rickman, Bonnie Bedelia, etc...

 

20 décembre 2016

Sully

Sully

Vous vous souvenez sans doute de cet événement ayant eu lieu le 15 janvier 2009, à New York. Le jour ou le capitaine Chesley Sullenberger (judicieusement surnommé Sully, comme le titre du film) fit atterrir un Airbus A320 sur l'Hudson river suite à l'arrêt brutal des deux réacteurs, et sauva, par la même occasion, les 155 personnes présentes dans l'avion, lui y compris. Et bien, mister Eastwood, Clint de son prénom, en a fait un film. Ouais, mais c'est nul, allez-vous me dire, on connaît déjà la fin, ça n'a aucun intérêt ! Et à ça je répondrai que premièrement, si vous n'allez voir un film que pour la fin c'est triste, et deuxièmement que le film se passe majoritairement quelques jours après l'amerrissage et raconte surtout l'histoire un peu cachée, et moins connue, de ce qui c'est passé après. Lorsque les assureurs et les pontes de l'aviation se disent que selon leurs calculs, Sully aurait eu le temps de rejoindre l'aéroport et de faire atterrir l'avion en toute sécurité sur le tarmac. Tandis qu'il est acclamé par l'opinion public et les médias, une enquête est ouverte.

Un petit film de Clint Eastwood ma foi fort sympathique. Il réussit à construire son histoire sur cet événement tout récent et en montrant plusieurs fois la scène de l'amerrissage forcé sans pour autant perdre de l’intérêt. Car, en changeant de point de vue, il nous fait découvrir à chaque fois un nouvel élément. Ce qui est plutôt bien trouvé pour le coup et évite la simple répétition. De plus, il ne faut pas oublier que le sujet principal ici n'est pas l'amerrissage en lui-même mais l'enquête ouverte pour savoir si Sully avait, ou non, le temps et les capacités pour rejoindre l'aéroport le plus proche. Le film nous confronte donc à la pression que subit Sully lors de son vol, certes, mais surtout après, face à la presse, aux médias et également face à ses supérieurs. Le film n'est pas très long (un peu plus d'une heure et demie), ce qui permet à Eastwood de ne pas s'étaler et s'étendre pendant des heures pour raconter cette histoire, qui est ici racontée dans un rythme assez constant, mais plutôt prenant. Seul petit bémol à mon goût, les images d'archives qui défilent pendant le générique de fin, pratique déjà utilisée par Eastwood dans Invictus et American Sniper entre autres,  et qui, à mon sens, n'est pas pas forcément utile dans un film, ou dans ce film en tout cas. Surtout, lorsque les évènement racontés ont eu lieu il y a huit ans et non quarante.

Concours de moustache !

Pour sa première collaboration avec le sieur Eastwood, Tom Hanks est totalement crédible en pilote qui risque son poste pour avoir sauvé pas moins de 155 personnes, un pilote légèrement traumatisé par l’événement qu'il a vécu (on le serait pour moins) et qui doit faire face en même temps à une montée soudaine de popularité et de reconnaissance. Mais celui qui m'a le plus convaincu c'est Aaron Eckhart (qui joue le copilote Jeff Skiles), enfin pas Aaron Eckhart en lui-même, même s'il joue très bien, mais plutôt sa moustache qui lui va si bien. On ne voit qu'elle dès qu'elle est à l'écran et dès qu'elle n'y est plus on a envie de la revoir ! Vive la moustache d'Aaron Echkart (ils ont du s'en inspirer pour Rogue One : A Star Wars Story parce que dedans, la moitié des pilotes portent la moustache).

Allez voir ce film, parce que c'est un bon film (personnellement, je l'ai préféré à American Sniper) qui parle des dessous d'une affaire que l'on croyait connaître, et qu'il le fait d'une manière et d'un ton assez juste. Et aussi pour voir Aaron Eckhart porter la moustache, parce que ça en vaut le détour (Alors oui c'est vrai, celle de Tom Hanks est pas mal, mais ne lui va pas aussi bien qu'à Aaron Eckhart) !

 

Sully de Clint Eastwood. Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney, etc...

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19 décembre 2016

Vol au-dessus d'un nid de coucou

Vol au-dessus d'un nid de coucou

Pour éviter la prison alors qu'il est accusé de viol, l'impulsif Randall McMurphy décide de se faire passer pour fou et se fait interner dans un hôpital psychiatrique. En attendant que les résultats concernant sa santé mentale arrivent, il va apprendre à connaître les autres patients et peu à peu se lier d'amitié avec eux. Il va également devoir supporter les méthodes et les règles répressives de l'autoritaire infirmière Ratched. Mais McMurphy est très vite rattrapé par sa nature et va tout faire pour que les autres internés puissent se rendre compte de la liberté qu'on leur refuse, et aussi pour bien embêter l'infirmière Ratched !

Oscar du meilleur film, oscar du meilleur réalisateur, oscar du meilleur scénario (adapté), oscar du meilleur acteur et oscar de la meilleure actrice en 1976. Autant dire que je voulais voir ce film depuis longtemps. Je n'ai pas été déçu le moins du monde. Il réussit a créer une réelle empathie chez le spectateur pour des personnages présentés comme « fous » mais aussi pour Randall McMurphy (Nicholson), présenté comme un type pas vraiment sympa, violent, violeur et ayant fait plusieurs fois de la prison. Mais les médecins, infirmières et autres docteurs étant présentés comme les antagonistes et ne faisant rien pour se dérober à leur rôles, on ne peut que s'attacher aux patients. Même si on ne sait pas trop comment les aborder en tant que spectateur. Et tout ce beau monde évolue dans cette ambiance froide et blanche de cet établissement psychiatrique avec, heureusement, quelques sorties à l'extérieur dont notamment une cour grillagé où McMurphy va tenter d'apprendre tant bien que mal à « Chief », un gigantesque indien sourd-muet, à jouer au basket, ou une sortie à la pêche (d'ailleurs, c'est la dernière scène du film ayant été tourné, les autres scènes étant tournés de manière linéaire). Les cadres et les plans reflètent l'attitude du personnel soignant, c'est à dire simple et efficace et sans empathie pour personne. Pas d'effets de style grandiloquents ou de fioritures de la part de Milos Forman, mais de l'efficacité. Et cela renforce le côté froid du film. Tout à fait en lien avec la manière d'agir conservatrice de l'infirmière Ratched.

Les acteurs sont excellents, vraiment, de Jack Nicholson dans son rôle de roi des fous illégitime qui nous offre ici une des plus belles performance de sa carrière, à Louise Fletcher qui réussit à se faire détester par tous en infirmière Ratched, en passant par tous les acteurs jouant les malades mentaux : Brad Dourif qui joue Billy Bibitt, un malade bègue, ayant fait des tentatives de suicide par le passé (il fut d’ailleurs nommé à l'oscar du meilleur second rôle pour sa performance), acteur que tout le monde connaît. Mais oui, même vous : c'est lui qui joue Grima langue de serpent dans la saga du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (c'est vrai qu'il a un peu changé entre les deux, je vous l'accorde). Mais aussi Christopher Lloyd (Doc Brown dans les Retour vers le futur de Robert Zemeckis) qui nous offre ici aussi des mimiques exceptionnelles et Danny DeVito (le pingouin dans Batman le Défi de Tim Burton) qui joue Martini, homme hyperactif qui n'a plus toute sa tête. Et évidemment tout les autres que je ne cite pas ici sont très bons. Il est également intéressant de savoir qu'une partie des fous présents à l'écran le sont réellement, Milos Forman ayant tourné son film dans un vrai hôpital psychiatrique dans l'Oregon.

Au final on a un superbe film, dur dans son propos mais doux par ses personnages qui malgré la rude manière dont ils sont traités, restent fantasques et, par moment, nous font presque oublier leur état. Les plus fous n'étant pas ceux qu'on croit.

Et pour la petite anecdote, c'est Kirk Douglas (bravo pour tes 100 ans Kirk !) qui avait originellement acquis les droits pour faire le film et qu'il devait jouer lui même le personnage de Randall McMurphy (il avait déjà joué le personnage dans son adaptation au théâtre en 1963). Mais le temps que le projet du film se lance, il était devenu trop vieux pour le rôle. Il laissa donc le soin à son fils, Michael Douglas, de produire le projet et de trouver un autre acteur pour le rôle principal. Rôle qui a d'ailleurs été proposé à des acteurs tels que Gene Hackman, Steve McQueen, James Caan ou même Marlon Brando avant d'être accepté par Jack Nicholson.

 

Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman - 1975

Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, Brad Dourif, Will Sampson, etc...