Contrechamp(s)

25 janvier 2019

Les 9 meilleurs films de 2018

 

top 9 - 2018

 

Bonjour, bonsoir ! Bienvenue pour ce top des meilleurs films de l'année 2018 ! Une petite liste qui, j'espère, vous donnera envie de voir certains films que vous auriez loupé ou d'en revoir d'autres (c'est une liste pas un classement hein). Je précise évidemment que cette liste est subjective et ne reflète que mon avis sur l'année 2018 au cinéma. Et également que je n'ai pas vu tout les films sorti cette année, et cette liste s'appuie donc uniquement sur les films que j'ai vu, cela semble logique, vous ne trouverez donc pas dans ce top La Ch'tite famille car je ne l'ai pas vu. Quel dommage il est vrai ! Et pourquoi pas faire un top 10 me direz vous, tout simplement parce que même si j'ai apprécié beaucoup d'autres films en 2018, aucun ne m'a marqué autant que ces 9 là. Et puis je fais ce que je veux aussi.

 

 

Three billboards  : les panneaux de la vengeance – Martin McDonagh

Après la quatrième vision de ce film au cinéma, le plaisir est toujours fort présent et je ne m'ennuie pas ne serait-ce une minute. Un scénario vraiment très bien écrit, des dialogues au poil et des acteurs qui se donnent à fond pour ce film à l'humour cynique. Clairement l'un des meilleurs de l'année dernière, si ce n'est le meilleur. La critique ici.

 

First Man – Damien Chazelle

L'autre film qui pour moi concours au titre de meilleur film de l'année. Une épopée humaine sur fond d'épopée spatiale, un film excellent sur tout les points, la réalisation, le montage, la photographie, la musique, les acteurs, etc... Un énorme coup de cœur pour ma part. La critique ici.

 

Spider-Man : New Generation – Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman

Encore un film Spider-Man, dans une autre continuité que les précédents, sérieusement ? Ouaip, et en plus c'est vraiment génial, c'est fou non !? Spider-Man : New Generation ou dans son titre original : Spider-Man: into the spider-verse (ce qui sonne quand même beaucoup mieux, qu'on se le dise), est un film d'animation de Sony pictures animation, la branche animation de Sony. Ce film est une claque esthétique, visuellement ça dépote. Et ça fait du bien pour les rétines de voir quelque chose qu'on a jamais vu avant. Un rendu au plus proche des bande dessinées, chaque arrêt sur image pouvant être une case de comics, le film assumant totalement son héritage et son support d'origine, n'hésitant pas à afficher des bulles ou des onomatopées à l'écran et à faire des références directes au comics et autres produits dérivés de l'homme-araignée. Cette qualité visuelle sert un scénario généreux écrit par les sympathiques Phil Lord et Chris Miller (les types qui ont réalisés La Grande Aventure Lego). La distribution vocale est de qualité, la réalisation est plutôt dingue et les nombreuses références ne brident pas le déroulement de l'histoire, certes très très rapide, mais on se prend au rythme. Le meilleur film d'animation de l'année !

 

Leto – Kirill Serebrennikov

Un film russe, noir et blanc, sur la scène rock underground du Moscou des années 80, le tout tiré d'une histoire vrai. Ça à de quoi intriguer. Reparti du festival de Cannes sans aucune récompense, ce film raconte l'histoire de Viktor Tsoi qui tente de se faire une place dans ce monde du rock russe, mal aimé par le pays, écoutant des disques de Iggy Pop, Bowie et T.Rex en cachette. Le film est une sacré expérience qui mêle drame, romance, comédie musicale et réflexion sur le cinéma, sur l'écran et sur le pouvoir de l'image. Chaque plan est superbe et le noir et blanc est magnifique. C'est d'autant plus impressionnant lorsque l'on sait que le réalisateur, Kirill Serebrennikov, était assigné à résidence par le gouvernement Russe pendant une partie du tournage. Il a donc réalisé le film à distance et a dirigé le montage depuis chez lui. Un siège libre a été laissé dans la salle de projection lors de sa présentation à Cannes pour montrer son absence.

 

Phantom Thread – Paul Thomas Anderson

Londres, quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale. Reynolds Woodcock est une grosse pointure chez les couturiers, il dessine les vêtement d'une grande partie de la haute société, réinventant sans cesse son art. Mais un beau jour il va rencontrer Alma, jeune serveuse n'appartenant pas du tout au même milieu social que lui. Elle va devenir son amour et sa muse, bouleversant la routine millimétrée du maître couturier. Avec ce film, Paul Thomas Anderson montre encore une fois qu'il est très très fort. Phantom Thread est dirigé d'une main de maître, joué exceptionnellement et mis en scène de manière sublime ! Le film fait partie de ceux qui savent créer une ambiance entre une sorte de léger malaise et de fascination sans trop que l'on sache pourquoi. Tout tourne autour de Woodcock, aussi bien dans le propos du film que à l'image. On est jamais très loin de lui, la caméra reste très proche. D'ailleurs la caméra ne s'éloigne jamais des personnages durant le film, on reste autour de Woodcock et de son entourage perpétuellement. Bref, porté par un Daniel Day Lewis au sommet de son art, Phantom Thread est un grand film ! (On saluera aussi l'excellente performance de Lesley Manville qui joue la sœur de Reynolds Woodcock).

 

Thunder road – Jim Cummings

Premier film pour ce réalisateur qui adapte ici son propre court métrage primé à Deauville il y a quelques années. D'ailleurs Jim Cummings ne fait pas que réaliser Thunder Road, il est aussi scénariste, monteur et acteur principal. Rien que ça. Le film raconte l'histoire d'un type dont la mère vient de mourir et qui doit jongler entre son job de flic, la garde de sa fille, ses problèmes personnels et les aléas de la vie. Un premier film d'une très grande qualité. Une comédie dramatique bien menée où le spectateur ne peut que s'attacher au personnage de Jim Cummings, ballotté par les événements. Parfois on ne sait si on doit rire ou être triste pour les personnage et c'est également ça qui fait la réussite du film. Le titre Thunder Road est tiré de l'excellente chanson du même nom de Bruce Springsteen, ce qui prouve, en plus de toutes les qualités de Jim Cummings, que c'est un homme de goût !

 

Blindspotting - Carlos López Estrada

Petit film coup de poing de l’automne, Blindspotting est malheureusement passé un peu inaperçu en France et n'est pas resté bien longtemps à l'affiche. Ce qui est fichtrement dommage vu la qualité du film. L'histoire de Collin, à qui il reste trois jours de liberté conditionnelle à tirer et qui va être témoin d'une bavure policière où un noir va être tué. La mise en scène parfois tape à l’œil ( dans le bon sens du terme) ne passe jamais devant la performance sans faute des acteurs, Daveed Diggs en tête (c'est lui qui joue Collin). Le film questionne le racisme quotidien, ici à Oakland, mais sans jamais perdre de vue son histoire et ses personnages. C'est le premier long métrage de Carlos López Estrada et la qualité est déjà bien présente. Le scénario est écrit par Daveed Diggs lui-même et Rafael Casal (qui joue Miles, le meilleur ami de Collin), pour l'écrire ils se sont inspirés de leur vie et de leurs expériences, sachant qu'ils sont vraiment amis d'enfance. Bref, un film a voir si vous l'avez loupé, ne serait-ce que pour sa scène de fin d'une intensité folle !

 

The Guilty – Gustav Möller

J'avais déjà parlé de The Guilty dans les films de l'été 2018 et force est de constater qu'il reste une des meilleurs expérience cinématographique de l'année. Rester une heure et demi dans un centre d'appel de police, aux côtés d'un policier essayant de résoudre un kidnapping. Une heure et demi de tension, d'attente de la résolution et de découverte. Sans jamais bouger. Un parti-pris efficace qui prouve qu'avec un seul décor et très peu d'acteurs (et un faible budget aussi) on peut faire un super film.

 

The House that Jack built – Lars von Trier

Lars von Trier divise, et il le sait. D'ailleurs il n'hésite pas à citer et interroger une partie de sa filmographie dans The House that Jack built. Et si je n'ai pas aimé tout ce que j'ai vu du bonhomme, j'ai beaucoup aimé The House that Jack built. D'abord sa première partie, et puis son dernier acte. Et puis je me suis demandé si j'aimais les deux ensemble, et je pense bien que oui. C'est l'histoire d'un tueur en série qui nous raconte ses crimes et qui veut se construire la maison parfaite (il est aussi architecte). Porté par un Matt Dillon en très grande forme qui joue les psychopathes avec un plaisir non dissimulé (une des meilleure performance de l'année). Le film en dérangera plus d'un, par son ton froid, calculateur, sans pitié et étrangement assez empathique avec son personnage (grâce à la voix off de Bruno Ganz). Visuellement Von Trier ose tout, surtout dans la dernière partie où il met en scène des tableaux impressionnants. Du coup ne faite pas comme à Cannes et restez dans la salle jusqu'au bout du film !

 

 

Et voici, pour les plus affamés, une liste de quelques autres films que j'ai bien appréciés cette année et dont je n'ai pas parlé sur le blog.

 

Hostiles – Scott Cooper

Ghostland – Pascal Laugier

Une Affaire de famille – Hirokazu Kore-eda

The Spy gone north – Yoon Jong-bin

Le Grand bain – Gilles Lellouche

Parvana, une enfance en Afghanistan – Nora Twomey

Les Frères Sisters – Jacques Audiard

Wildlife, une saison ardente – Paul Dano

L'Homme qui tua Don Quichotte – Terry Gilliam

Lady Bird – Greta Gerwig

Le Monde est à toi – Romain Gavras

La Forme de l'eau – Guillermo del Toro

Moi, Tonya – Craig Gillepsie

How to talk to girls at parties – John Cameron Mitchell

Leave no trace – Debra Granik

Sale temps à l'hôtel El Royale – Drew Goddard

 

 

 


19 octobre 2018

First Man

First man

Par deux fois déjà Damien Chazelle a marqué les esprits au cinéma. La première fois avec Whiplash outsider surprise reparti avec trois Oscars en 2015, et une seconde fois l'an dernier, avec La La Land qui est reparti avec plus que trois Oscars de la cérémonie. Les deux films sont par ailleurs des succès critiques et publiques et aussi des excellents films. Bref, à seulement 33 ans Damien Chazelle est déjà un réalisateur remarqué et talentueux. Qu'en est-il donc de First Man, son dernier film ?

First Man raconte l'histoire de Neil Armstrong, le premier type a avoir posé un pied sur ce bon vieux satellite qu'est la lune. Bref tout le monde connaît son histoire non ?

- Bah ouais c'est le premier mec à avoir été sur la lune non ?

- Oui et comment il en est arrivé là ?

- Bah en fusée ?

- Bravo Jean-Michel, tu as le droit a un bon point pour cette blague.

 

Bref, First Man ne se concentre pas sur la mission Apollo mais vraiment sur la vie d'Armstrong, sa carrière, sa famille et les choix qui l'ont amené à aller sur la lune. « Ouais mais c'est nul comme film, on sait déjà qu'il va y marcher sur la lune à la fin ! » Eh bien non, ce qui est intéressant ce n'est pas la fin de l'histoire, mais la manière dont on va raconter cette histoire et amener cette fin. Si, ne serait-ce qu'un seul moment du film, tu as peur pour Neil Armstrong juste avant de penser, « ah oui, il a pas encore marché sur la lune c'est bon », c'est que le film à réussi à bien raconter son histoire.

La petite mèche qui dépasse du bonnet de bain

Si on ne sait pas que le film est réalisé par Damien Chazelle on ne peut pas le deviner en le voyant, ça change tellement de ses deux précédents film que c'est fort surprenant (même si parfois certains plan peuvent rappeler que c'est lui qui tient la caméra, comme la petite scène de danse entre Armstrong et sa femme). La réalisation est au top, on est toujours très proche des personnages, on ne s'éloigne jamais vraiment de Neil Armstrong. C'est lui le centre du film et non pas la mission Apollo. C'est-à-dire qu'on s'intéresse surtout à ses motivations, ce qui l'a mené à aller sur la lune et aussi et surtout ce que ça impliquait à l'époque de se rendre sur la lune, pour lui et pour sa famille. Car souvent quand on parle de Neil Armstrong on se dit que ouais, c'est le premier type à avoir marché sur la lune, mais on ne pense jamais vraiment à tout ce qu'il y a eu derrière, les dangers que ça impliquait et les sacrifices qui ont du être fait pour atteindre cet objectif. Parce que, croyez moi ou non, ce n'est pas comme se rendre au supermarché acheter un paquet de papier toilette et une plaquette de chocolat.

Armstrong est montré comme séparé du reste de son monde, il se met à l'écart et à du mal à communiquer (comme dans la scène où il doit annoncer à ses enfants son départ sur la lune), et ça Ryan Gosling réussit à le jouer parfaitement. Le film en fait juste un petit peu trop sur le fait que la mort de sa fille affecte beaucoup Armstrong. On le comprends aisément et le film revient peu être un peu trop souvent sur ce point.

La caméra est mobile, quasiment tout le temps à l'épaule pour mieux ressentir les sensations d'un décollage par exemple. On à l'impression d'être dans la capsule avec les astronautes, on voit les détails, chaque boulon, chaque plaque, chaque cadran. C'est une véritable expérience sensorielle que nous propose le film en nous plaçant, nous spectateurs, littéralement au plus près de l'action.

"Attends, cette pièce là, elle va dans quel sens ?"

La photographie (par Linus Sandgreen, qui opérait déjà sur La La Land) est très réussie, elle est subtile, mais la gestion de la lumière sublime chaque plan quel qu'il soit. De plus, le fait que le film soit tourné sur pellicule apporte un petit grain éminemment sympathique et qui fait bien plaisir visuellement. Et la musique de Justin Hurwitz (qui avait déjà composé la musique pour les précédents films de Chazelle) est une franche réussite et apporte un vrai plus aux moments intimiste ainsi qu'aux moments plus épiques.

Les acteurs sont convaincants, le film à le mérite de ne pas être un Ryan Gosling movie, au service de son acteur. Jamais Gosling n'aura paru plus vieux, plus fatigué, plus lunaire (oui, c'est un jeu de mot). Ici c'est vraiment le personnage qui en mis avant et son jeu intériorisé sert le récit. Claire Foy trouve également le bon ton pour faire sa femme et n'est pas en reste. Jason Clarke, quant à lui, jouant Ed White montre qu'il peut être fort juste dans son jeu lorsqu'il n'essaie pas d'être charismatique. Tout les acteurs sont plutôt bons en fait, mais le film se focalise plus sur Ryan Gosling et Claire Foy ce qui fait que les personnages secondaires ne sont jamais vraiment mis en avant non plus. C'est un choix de sobriété qui fonctionne vraiment bien pour le coup et qui permet au spectateur de porter toute son attention sur le couple Armstrong.

Sur bien des points ce film m'a fait penser à L'Étoffe des Héros (1983) de Philip Kaufman. J'avais parfois même l'impression, en regardant First Man, de voir L'Étoffe des Héros 2 tant par la forme (la manière de filmer, de montrer son personnage) que par le fond (les deux se passent à la NASA durant les années 60), (L'Étoffe des Héros 2 n'existe pas pour de vrai hein). Il faut savoir que le film de Philip Kaufman fait partie de mes films favoris de tout les temps, c'est une fresque épique historique de plus de trois heures passionnante et superbement faite. First Man ne cache pas l'héritage de L'Étoffe des héros, lui rendant même plusieurs fois hommage au cours du film. La première séquence par exemple qui fait grandement penser à celle du film de 1983 où Chuck Yeager passe le mur du son. Où même si l'on regarde ces deux images : la ressemblance n'est, à mon humble avis, pas anodine !

Ça c'est dans First ManL'étoffe des héros

Étant donné que L'Étoffe des Héros se passe de 1947 à 1963 et First Man de 1961 à 1969, les deux en grande partie à la NASA, on y retrouve des personnages (réels) en commun. Et ça ajoute à cette idée de suite. Quand on entend les noms de Gus Grissom ou de Deke Slayton on ne peut s'empêcher de sourire et d'attendre pour découvrir la suite de leur histoire.

Pour l'anecdote il y a eu une polémique autour de First Man, une polémique stupide certes, mais qui montre bien la mentalité de certains américains. Après sa projection dans quelques festivals, comme celui de Venise par exemple, le film eu un plutôt bon retour critique. Jusqu’à ce qu'une personne fasse remarquer que le film ne montre pas la séquence où le drapeau américain est planté sur la lune. Et en a jugé que le film était donc anti-patriotique. S’ensuivit alors un vrai débat sur l'internet mondial, beaucoup d'américains, sans avoir vu le film puisqu'il n'était pas encore sorti, ont décidé que c'était inacceptable étant donné que marcher sur la lune est une réussite nationale et que du coup ils boycotteront ce film de merde qui ne montre même pas un moment clé de l'histoire américaine. Les enfants de Neil Armstrong (décédé il y quelques années) ont tentés de calmer le jeu, Buzz Aldrin (encore vivant pour le coup) à lui publié une photo sur les réseaux sociaux le montrant en train de planter ce fameux drapeau. Et Damien Chazelle à du intervenir expliquant qu'il avait choisi de montrer d'autres scènes que celles-ci, que le film était avant tout sur Neil Armstrong et qu'il y avait déjà bien assez de drapeaux américain dans le film. Bref toute une histoire pour pas grand chose finalement, si ce n'est montrer à nouveau la stupidité de certains.

Pour conclure, First Man est un excellent film, Chazelle réussit encore une fois, et là où on l'attendait pas : un biopic historique intimiste. Tout est de qualité dans ce film qui nous fait revivre une moment clé de l'histoire de l'Homme mais avant tout de l'histoire d'un homme. Donc regardez First Man, si vous pouvez voir L'Étoffe des Héros avant faite-le, et puis pour compléter finissez par Apollo 13 de Ron Howard pour une bonne trilogie de la conquête spatiale.

 

First Man de Damien Chazelle

Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke, Corey Stoll, Pablo Schreiber, Kyle Chandler, etc...

 

 

 

12 septembre 2018

Les films de l'été 2018

les films de l'été 2018

Après deux mois d'absence voici, rien que pour vous, sympathiques lecteurs de Contrechamp(s), onze petites critiques de films que j'ai vu cet été ! Bonne lecture !

 

 

Dogman de Matteo Garrone :

Marcello est un toiletteur pour chien dans un quartier pauvre. Apprécié par les autres commerçants, il va pourtant se laisser entraîner par Simoncino ( son « ami », violent, consommateur de cocaïne et pas très sympa) dans une spirale criminelle. Librement inspiré d'un fait divers s'étant déroulé dans les années 80 en Italie, le film emmène le spectateur dans une atmosphère sombre, glauque et fort peu joyeuse où il verra le sincère Marcello perdre son innocence face au monde brutal qui l'entoure. C'est quasiment hypnotisés que l'on suit Marcello dans cette descente aux enfers subliment mise en scène. Il faut aussi souligné la qualité de jeu de Marcello Fonte, récompensé pour sa prestation du prix d'interprétation masculine à Cannes. On ressort épuisé de ce film ! Pour tout vous dire j'avais prévu d'enchaîner au cinéma avec Paranoïa, mais après avoir vu Dogman, j'ai préféré remettre ma séance à plus tard !

 

 

Sicario : la guerre des cartels de Stefano Sollima :

Le premier Sicario, réalisé en 2015 par Denis Villeneuve, était un excellent film qui n'avait pas besoin d'une suite. Curieux, j'ai tout de même été voir ce que la suite en question pouvait donner et j'ai été agréablement surpris ! Certes, le film n'atteint pas la qualité du premier, il n'a pas sa mise en scène au cordeau ou son efficacité hors paire, pourtant, il réussit à être pertinent en tant que suite, à développer de manière intéressante les personnages de Josh Brolin et de Benicio del Toro (après ça reste Taylor Sheridan au scénario). Bref, une suite loin d'être indispensable mais qui reste de très bonne facture et est soutenue par la performance sans faute de Benicio del Toro.

 

 

Ant-man et la guêpe de Peyton Reed :

Après un premier opus qui faisait office de sympathique film familial, Ant-man revient dans un film fort moyen. En effet, même si Paul Rudd et Michael Peña font sourire de par leur bonhommie et leurs bouilles sympathiques, même si Evangeline Lilly est plutôt chouette en Guêpe et même si Walton Goggins à le plus beau front du monde, on ne peut s'empêcher de remarquer que Michelle Pfeiffer, Michael Douglas et Laurence Fishburne ont l'air de vraiment s'emmerder. En même temps comment leur en vouloir au vu du scénario qui ne propose pas de vrai méchant et qui fait preuve de fainéantise à répéter deux fois la même structure ! (si si je vous assure, regardez bien). Je me doute que ce n'est pas forcément facile d'être le film qui passe juste après Avengers : Infinity war, mais bon, il y avait sûrement moyen de faire mieux.

 

 

The Guilty de Gustav Möller :

Un défi original que celui-ci : tenir en haleine les spectateurs pendant plus d'une heure vingt en ne voyant qu'un personnage répondre au téléphone dans un central d'appel de la police danoise. Un huis-clos comme on en voit rarement (déjà que l'on ne voit pas souvent des huis-clos) et qui prend le spectateur aux tripes ! On est forcé de se concentrer sur le son, sur les détails que l'on peut entendre a travers le combiné pour entendre quelque chose qui fera avancer l'enquête. On se retrouve exactement dans la même position que Asger Holm, le policier que l'on suit durant le film, avec ni moins, ni plus d'informations. Défi réussi !

 

 

Paranoïa de Steven Soderbergh :

Steven Soderbergh est un réalisateur qui aime les nouvelles expériences, il aime tenter, essayer des nouvelles choses au cinéma. Pour Paranoïa il a décidé de filmer le film entièrement avec un Iphone. Mais ce qui est vraiment chouette c'est que cette économie de moyen de prise de vue se retrouve également dans la réalisation, la mise en scène et le montage. Il n'y a pas de mouvements grandiloquents de caméra ni d'effets stylisés de montage. Et il n'y a qu'un seul décor principal. Et ça rend vraiment bien, tout en montrant, qu'avec une bonne histoire, tout le monde peut faire un film de bonne qualité, le tout avec un minimum de matos. Le film raconte l'histoire d'une jeune femme, qui pense être poursuivie par un harceleur et qui est placée, contre son gré, dans un institut psychiatrique. Et même si c'est loin d'être le meilleur film de Soderbergh on ne pourra qu'apprécier son efficacité et la simplicité de sa mise en scène. Claire Foy joue très bien et Joshua Leonard est vraiment flippant en harceleur barbu à lunette ! On appréciera également un sympathique caméo d'un des acteurs fétiche du réalisateur.

 

 

Mission Impossible : Fallout de Christopher McQuarrie :

C'est la première fois qu'un réalisateur réalise deux épisodes de la franchise Mission Impossible et Christopher McQuarrie relève le défi avec succès ! En effet, ce sixième épisode est directement dans la continuité du cinquième (que je vous conseille d'ailleurs de revoir avant d'aller voir Fallout, histoire de bien suivre). Un bon film d'action, comme on en voit trop peu et avec des cascades vraiment impressionnantes qui vont toujours plus loin. On notera quelques longueurs vers la fin et des petites incohérences de scénarios mais le film est bien mis en scène et McQuarrie explore intelligemment des pistes inattendues dans un Mission Impossible, comme la relation entre Ethan Hunt et sa femme. Bref, voir Tom Cruise faire des cabrioles est toujours plaisant et voir la moustache d'Henry Cavill en face l'est aussi (moustache destructrice de Justice League rappelons-le). Et pour la petite anecdote, cette moustache a été inspiré à Cavill par Elias Orr, un méchant de Superman qu'il a découvert en lisant les comics pour son rôle chez DC. Il a proposé la moustache au réalisateur qui a accepté. Et on connaît la suite... cette moustache a eu raison de Superman.

 

 

Une pluie sans fin de Dong Yue :

L'action se passe en Chine, en 1997, alors que la police piétine sur une étrange série de meurtres de jeunes femmes, Yu Guowei, chef de la sécurité d'une vieille usine, décide de s'y intéresser. Cela va rapidement l'obséder. Si les premières minutes sont intéressantes, les deux heures qui suivent paraissent vraiment longues. Rien n'avance avant les vingt dernières minutes. On se sent suspendu dans une atmosphère étrange. Yu Guowei est suivi de trop loin pour qu'on le comprenne et le supporte mais de trop près pour qu'on puisse s'intéresser à autre chose. C'est dommage le film n'est qu'une ambiance de pluie sans rien en dessous. Dans le même esprit mais en beaucoup plus réussi je vous conseil le thriller coréen Memories of murder de Bong Joon-ho.

 

 

Détective Dee : La légende des rois célestes de Tsui Hark :

Je n'avais pas vu les deux opus précédents de cette saga fantastique chinoise mais ce n'est pas bien grave. Si vous aimez le grand n'importe quoi, les effets spéciaux too much et les galipettes de cascadeurs dans les airs, ce film est fait pour vous. L'empereur Gaozong, très content des services de Détective Dee, lui offre l'épée Dragon Docile. Mais un groupe de magiciens engagés par la femme même de l'empereur va tenter de lui voler. Le film est une explosion visuelle qui va toujours plus loin dans la démesure et dans l'abolition des lois de la gravité et c'est vraiment chouette a voir au cinéma !

 

 

Under the silver lake de David Robert Mitchell :

Lorsque sa voisine (dont il était tombé sous le charme) disparaît sans laisser de traces, Sam décide de se lancer a sa recherche, plongeant dans les étranges mystères et profondeurs de Los Angeles ! Le film à un rythme changeant, beaucoup (beaucoup) de références à Hitchcock et peut aussi faire penser parfois à Mulholland Drive de David Lynch (en beaucoup moins Lynchien évidemment), il y a aussi beaucoup de références à la pop-culture. Under the silver lake fait appel à toute une série de sous-intrigues mystérieuses qui ne seront jamais résolues ce qui peut paraître perturbant et dérangeant lorsqu'on aime que tout soit bien clair et carré dans un film. L'impression qui s'impose est que le réalisateur a eu plein d'idées et à voulu en mettre le maximum, même si on peut se demander ce que certaines viennent faire là. Bref, le film est une petite curiosité intéressante dans son ensemble. (La scène du compositeur est vraiment folle et vaut le coup d’œil !)

 

 

Mary Shelley de Haifaa al-Mansour :

Le film revient sur l'histoire de Mary Shelley, qui a écrit le roman Frankenstein. Ça va être court : Elle Fanning fait le job sans faire d'éclats, le film est ni spécialement bon ou mauvais. On a juste l'impression de voir un téléfilm (avec un peu plus de budget) sur grand écran. Bon ça a au moins le mérite d'être intéressant quand on ne connaît pas l'histoire de Mary Shelley.

 

 

Blackkklansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee :

Inspiré de la vie de Ron Stallworth, Blackkklansman raconte la folle histoire d'un flic noir qui a infiltré le Ku Klux Klan à Colorado Springs en 1978. Le film, qui à reçu le Grand Prix au festival de Cannes est vraiment chouette, il reste léger dans l'ensemble grâce a la fougue et à l'humour de son personnage principal (joué par John David Washington, le fils de Denzel !) mais sait faire comprendre les enjeux de la chose et ne pas chercher à tout tourner en dérision, notamment lorsque il met en lien son histoire avec les événements contemporain de Charlottesville et la politique de Trump. La mise en scène est de qualité, les acteurs sont très sympas et le tout est souligné par la très bonne musique de ce bon vieux Terrence Blanchard, dont on peut même entendre le thème de Inside man (du même Spike Lee). Un film intelligent, intéressant et qui se permet d'être drôle, et ça c'est cool !

 

 

 

13 juillet 2018

Les Indestructibles 2

Les Indestructibles 2

Le film commence exactement là où le premier nous avait laissé : face au terrible Démolisseur qui sort des entrailles de la Terre pour déclarer la guerre à la paix et au bonheur. Trop de dégâts sont fait durant le combat avec le Démolisseur, et le gouvernement interdit les supers-héros. La famille Parr se retrouve contrainte de mener une vie de famille normale jusqu'au jour ou Winston Deavor, magnat de la télécommunication, philanthrope et immense fan de supers-héros, leur annonce qu'il a un plan pour remettre les supers-héros sur le devant de la scène et gagner l'opinion public. C'est Elastigirl qui commence par se mettre au boulot, tandis que Mr Indestructible s'occupe des enfants à la maison. (le côté « la femme fait le job tandis que l'homme reste a la maison a s'occuper des gosses pour s'inscrire dans une mouvance féministe » c'est amené plus finement que ce que mon résumé laisse paraître hein).

Cela fait pas moins de quatorze ans que l'on attendait ce film. Quatorze ans a se demander si on reverrait un jour la super famille Parr sur les écrans. Et ces quatorze ans d'attente, ils n'ont pas fait que du bien. En effet, après quatorze ans, les attentes des spectateurs sont au plus haut, ils ont passés en revu tout les scénarios possible et imaginable et veulent encore être surpris. Il y a tout de même de fortes chances qu'ils soient déçus, peu importe la qualité du film. Et c'est le souci majeur des Indestructibles 2, car si le film est d'excellente facture, qu'il dépote visuellement et qu'il surprendra tout les spectateurs les plus jeunes n'ayant jamais vu le premier film de 2004, il reste tout de même beaucoup trop ressemblant au premier opus au niveau du scénario et de la trame de l'histoire. Et c'est fort dommage, parce qu'on voit le retournement de situation final arriver a des kilomètres.

Flèche a une bonne tronche sur cette image

Après le film reste bon, super sympa et se place dans une lignée de très bonnes suites pour Pixar (Toy Story 2 et 3, même Le Monde de Dory était plutôt chouette). Et faire une bonne suite au meilleur Pixar de tout les temps, c'est déjà bien. On replonge avec un grand plaisir dans l'univers coloré et rétro-futuriste des Indestructibles, bien que le film ne soit pas aussi inventif dans ses décors que le premier (qui avait des décors dignes de ce que faisait Ken Adam, le chef décorateur des premiers James Bond). Cette suite est plus sombre, plus urbaine, moins d'île à la végétation luxuriante pour plus d'appartement miteux. Un peu plus adulte dans sa vision d'ensemble. Par contre le film en fait un peu trop avec Jack-Jack, le fait qu'il ai plein de pouvoirs et qu'ils viennent aléatoirement est assez drôle, mais après un moment ça fait trop (surtout que j'ai l'impression qu'il y a un pouvoir en particulier qui a été mis pour déboucher scénaristiquement une scène, enfin vous verrez).

Les Indestructibles 2 (2)

Visuellement, l'animation de Pixar est superbe, ils ont réussi a très bien garder le style visuel du premier tout en augmentant la qualité visuelle et l'animation. C'est vraiment très beau, très fluide, et certaines idées de mise en scène de Brad Bird sont vachement chouette. On notera également un superbe travail sur la photographie du film. J'ai trouvé la lumière super belle et très très bien utilisée. Le doublage est parfait, comme d'habitude (j'ai vu le film en VO) même si on entend que Craig T. Nelson (Robert Parr / Mr Indestructible) a pris un sacré coup de vieux entre les deux films (il avait 60 ans lors de la sortie du premier film, donc 74 aujourd'hui). Et pour la petite anecdote, le doubleur de Edna Mode n'est autre que le réalisateur lui-même : Brad Bird. Mais la plus grande force du film c'est sans aucun doute sa musique, Michael Giacchino sort le grand jeu et s'éclate comme un petit fou, il pousse le délire musicale plus loin même que dans le premier opus et fait exploser les fameux cuivres, ça éclate, ça pète de partout, ça tourbillonne et ça s'écoute sans faim. C'est la musique qui nous accueille dans le film, c'est elle qui nous accompagne durant, et c'est avec cette musique que ce termine le film. La musique, c'est la carte d'identité du film et Giacchino nous montre qu'il est décidément l'un des compositeurs actuel les plus doués.

Bref, un film d'animation qui fait du bien même si son scénario est loin d'être original (et que certains design de personnages sont assez étrange), on est happé par cet univers visuellement et musicalement très riche et on aime s'attarder au côté de cette famille de supers-héros si humaine. Juste fait attention si vous êtes épileptiques car certaines scènes sont un peu stroboscopiques sur les bords !

 

Les Indestructibles 2 de Brad Bird

Avec les voix de Craig T. Nelson, Holly Hunter, Samuel L. Jackson, etc...