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13 octobre 2017

Blade Runner 2049

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1982, l'auteur Philip K. Dick vient juste de mourir lorsque sort au cinéma l'adaptation de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Il s'agit de la première adaptation d'un écrit de K. Dick au cinéma, la première d'une longue série. Blade Runner est réalisé par un certain Ridley Scott, qui a part quelques courts métrages et épisodes de séries, n'a réalisé à l'époque que deux films : Les Duellistes et Alien – Le huitième passager. Pourtant, malgré l'énorme succès d'Alien trois ans auparavant, Blade Runner est loin d'être un grand succès à sa sortie, il est d'ailleurs même loin d'être un succès tout court. Boudé par les critiques et le public, le film ne rembourse même pas son budget de 28 millions de dollars avec l'exploitation sur le sol américain (même si il est plutôt apprécié et bien accueilli en Europe). Mais malgré tout, grâce à la sortie en vidéo et a la version Director's cut (et plus tard la Final cut) il va acquérir un statut de film culte et devenir un pilier du film de science fiction, tout en lançant le genre du Cyberpunk au cinéma. Un paquet de films réalisés depuis doivent un peu a Blade Runner, d'une manière ou d'une autre : Ghost in the Shell, RoboCop, Total Recall, Dark City, Minority Report, Matrix ou même l'excellente série Battlestar Galactica ! Le projet d'en faire une suite, bien qu'ayant un potentiel indéniable, était forcément casse-gueule. Comment prolonger ce chef-d’œuvre ? comment faire un film qui ne soit pas dans l'ombre de son prédécesseur ? Comment faire une bonne suite ?

Tout d'abord, confier les rênes à Denis Villeneuve est un bon début. Le réalisateur canadien n'ayant aucun mauvais film sur son CV. Il n'a d'ailleurs pas non plus de films moyens ou juste « bons ». Il n'a que des très bons voir excellents films : Incendies, Enemy, Prisoners, Sicario et Premier Contact (même si je n'ai pas encore vu Incendies, je pense pouvoir affirmer que le film est très bon sans trop me tromper). Le bonhomme se pose quand même à un sacré niveau et ça aurait été dommage pour tout le monde qu'il se foire sur Blade Runner 2049.

Mais il n'y pas que Villeneuve, Ridley Scott, réalisateur du film original, reste producteur de 2049. Et même si le mec à réalisé plusieurs claques du septième art (non, je ne parle pas de Gladiator), ses films les plus récents sont loin d'être excellents. Il faut espérer qu'il ne voudra pas trop imposer sa patte a Blade Runner 2049 et brider ainsi ce que peut faire Villeneuve.

Eh bien mesdames et messieurs, trêve de digressions, cette critique s'appelle Blade Runner 2049, donc parlons de Blade Runner 2049.

C'est réussi. Et pas qu'un peu. Blade Runner 2049 est une suite intelligente qui évite tout les pièges faciles dans lesquelles une suite peut tomber. Elle évite aussi les facilités et innove même, étends l'univers, considérablement et efficacement. (Et Ridley Scott a laissé le champ libre à Villeneuve pour notre plus grand plaisir sauf si c'est lui qui à dégagé Jóhann Jóhannsson de la B.O. Pour laisser la place à Zimmer et Cie, car ça c'est pas cool).

Le film suit K un Blade Runner ( un Blade Runner est un agent employé par la police pour tuer les replicants renégats, ont dit alors qu'ils sont « retirés ») qui lors d'une enquête va être amené à retrouver l'ancien Blade Runner et (accessoirement héros du premier film), Rick Deckard. Paf, j'en dis pas plus sur l'histoire. Ah si, pour ceux qui n'ont pas vu le premier film, un réplicant est un androïde crée par les humains pour servir les humains. Ils en existe différentes versions plus ou moins évoluées.

City of stars, are you shining just for me....

Le film n'essaie pas de rivaliser avec Blade Runner. Il tente autre chose, une autre vision du futur 30 ans après son prédécesseur. Un futur moins sombre (littéralement je veux dire, il y a des scènes où l'on voit la lumière du jour contrairement au premier) où la technologie a continué d'évoluer. A part quelques références visuelles au film original (rien qui ne dessert l'histoire), il n'est jamais dans le fan-service gratuit comme peuvent l'être certaines suites de franchises cultes aujourd'hui. Et ça c'est cool. Comme dans le film de 1982, la réflexion sur l'humain est très présente. Qu'est ce qui nous rend humain ? Si le réplicant cherche l'émancipation de son statut de serviteur cela ne montre t-il pas qu'il a conscience de ce qui est fondamentalement bien ou mal et qu'il est donc possible qu'il fasse ses propres choix ? Bref, beaucoup de questions peuvent être posées !

Blade Runner 2049 continue à jouer avec la question qui subsistait à la fin du premier film sans jamais y répondre : Rick Deckard est-il un réplicant ? Quelques répliques à ce propos peuvent être a double sens, comme quand Luv parle de Deckard en lui disant qu'elle le croyait « retired ».Le mot anglais signifiant retiré (comme peuvent l'être les réplicants abattus par des Blade Runners) mais peut aussi vouloir dire « retraité ». Le doute subsiste toujours ! (Je ne sais pas si cette nuance est gardé dans la VF par contre).

C'est un film lent et précis qui retient l'attention du spectateur par son intrigue et son ambiance. Il absorbe le spectateur dans son sillage, dans son univers, à tel point que lorsque le générique de fin commence on se dit qu'on aurait pu rester là encore 1h et que ça aurait été aussi bien. Alors que le film fait quand même 2h43 ! Mais l'univers est tellement bien travaillé que ça ne poserait aucun problème.

Dire que le film est beau serait un euphémisme. Il est magnifique. Les plans sont travaillés au millimètre près et sublimés par la superbe photo du chef opérateur vétéran, Roger Deakins (connu notamment pour ses nombreuses collaborations avec les frères Coen). Il semble sculpter la lumière a sa guise, et le rendu est plus qu’impressionnant. Chaque décor accueille la lumière d'une manière différente et c'est visuellement bluffant ! Entre les scènes avec les reflets de l'eau sur les murs chez Wallace ou celle dans la salle de spectacle avec les spots et les hologrammes, ou encore celles dans le désert toutes sont géniales. Après douze nominations, donnez un Oscar à ce type !

"Vous avez le best-of d'Alain Souchon ?"

Je pense qu'il a vite été compris qu'il serait très difficile de faire un méchant à la hauteur de Roy Batty, le méchant du film de 1982, incarné avec charisme par l'excellent Rutger Hauer. Les scénaristes ont bien saisis qu'il fallait essayer de faire autre chose. De ne pas refaire le même genre d'antagoniste. Ceux qui peuvent endosser le « titre » de méchant dans cette suite sont Nyander Wallace le personnage de Jared Leto, qui est a la tête d'une entreprise voulant créer de plus en plus de réplicants, et ce par tout les moyens possibles. Et Luv, la réplicant incarné par Sylvia Hoeks, au service de Wallace. Wallace n'apparaît que très peu dans le film mais c'est le cerveau derrière les opérations et Luv est une méchante chargée de faire les besognes plutôt physiques, mais son personnage n'est pas dénué d'intérêt psychologique.

Rick Deckard est bien présent. Je veux dire par là que Harrison Ford n'est pas là que pour cachetonner et faire plaisir aux fans du film original. Il est là pour redevenir Deckard dès qu'il apparaît à l'écran, pour jouer un vrai personnage dans un film, et non pas pour faire Harrison Ford devant la caméra et ça ça fait plaisir à voir.

Par contre, la musique de Hans Zimmer et Benjamin Wallfish ne frôle jamais les hauteurs que la B.O. de Vangelis dépassait de très loin. Enfin, c'est plutôt une ambiance sonore qu'une musique, avec beaucoup de sons dissonants. Elle ne dépareille pas avec l'ambiance du film lui ajoutant un côté désagréable qui peut correspondre à l'univers et à ce que les personnages peuvent ressentir. Mais ce n'est pas du tout le genre de B.O. qui est sympa à écouter pour le plaisir. Et sachant qu'à la base c'était Jóhann Jóhannsson qui était censé la composer c'est vraiment dommage.

Sans aucun doute un des meilleurs film de 2017. Blade Runner 2049 est une vraie pépite de Science-Fiction servie par des acteurs excellents et une mise en scène au cordeau. Avec 185 millions de dollars de budget, c'est un anti-blockbuster, avec une intrigue intelligente, des scènes parfois très violentes et un propos profond. Il impose son propre rythme et ne cherche jamais à faire des consensus pour plaire au plus grand nombre. Si ça peut inspirer les grands studios à faire plus de films dans ce genre ça serait génial, mais vu son démarrage plutôt bas sur le sol américain, rien n'est moins sûr...

 

 

Attention, les propos ci-dessous peuvent dévoiler des détails de l'intrigue de Blade Runner 2049, voir même ce qu'il s'y passe à la toute toute fin. Et vous ne voulez pas savoir la toute toute fin du film avant de l'avoir vu non ?

 

 

Vous êtes vraiment sûr ? Si vous avez vu le film pas de soucis, mais dans le cas contraire... Enfin bon, c'est vous qui voyez !

 

 

Certains disent que la révolution dont les réplicants parlent est inutile car elle n'est pas développée dans le film. C'est stupide, les personnages peuvent tout de même avoir un vécu, une histoire. L'univers de Blade Runner n'est pas seulement ce qui est montré a l'écran. La révolution n'est pas l'histoire que l'on suit dans 2049, libre a vous de vous l'imaginer. La révolution future permet de justifier l'envoie de K pour tuer Deckard, afin qu'aucune information ne fuite et de continuer à la préparer en secret. Ce n'est tout simplement pas l'histoire que l'on suit dans Blade Runner 2049, mais ça ne l'empêche pas d'être présente et évoquée. C'est comme le Blackout. Il est évoqué plusieurs fois mais jamais montré (oh bah zut alors, ils auraient pu mettre un flashback explicatif). Un film comme Blade Runner 2049 ne peut se contenter uniquement de son histoire, il doit bâtir tout un monde autour, qui fasse suffisamment crédible pour que le spectateur puisse y entrer, mais aussi suffisamment original pour ne pas répéter ce qui a déjà été fait. Sans ça, il n'y aurait qu'une trame principal et le film serait creux et sonnerait faux. On peut également prendre l'exemple de Wallace, qui sait se qu'il devient à la fin ? Vous auriez préféré une fin où l'on voit, après que Deckard retrouve sa fille, un plan qui montre la chute ou le suicide de Wallace ? Et aussi une scène qui montre que K est en fait en parfaite santé après un rapide passage à l'hôpital et joue au baseball avec Deckard en se faisant un barbecue dans le jardin ?

Super temps pour un barbecue !

Qui dit lumière dit évidemment ombre. Mais dans Blade Runner 2049 ça va au delà de la simple ombre puisque le film est rempli de scènes où on ne distingue que les silhouettes des personnages. La silhouette est quelque chose de très graphique, et bien utilisé au cinéma elle peut donner des plans superbes (coucou Les aventuriers de l'arche perdue). Ici elle donne lieu à des plans splendides mais ce n'est pas que ça, la silhouette sert la thématique du film : Qu'est ce qui différencie les humains des réplicants ? On ne sait pas vraiment, Luv, la réplicant est froide et dur tout comme l'est le lieutenant Joshi qui, elle, est humaine (enfin sûrement). K, réplicant semble lui sombrer dans les affres de la question morale de son travail, il a donc une conscience. Les humains et les réplicants ne sont pas si différents. Une silhouette c'est désigner quelqu'un, le définir seulement par ses contours, par ce qu'il est a l'extérieur. Et d'un point de vue externe, la silhouette rends les humains quasiment identiques, faisant fi de ce qu'ils sont à l'intérieur. Et celui dont on voit le plus souvent la silhouette n'est autre que K interprété par Ryan Gosling, personnage qui s'en prend plein la gueule du début à la fin, qui bien qu'animé par une volonté de découvrir la vérité, échoue souvent. Même lorsqu'il réussit à retrouver Rick Deckard, il est suivi par Luv et les soldats de Wallace, ce qui amène à l'enlèvement du personnage d'Harrison Ford. Il attire l'attention de Nyander Wallace et de Freysa (la leader de l'armée des réplicants), mais dans les deux cas c'est pour être utilisé. La seule personne qui le voit vraiment est Joi, qui n'est qu'un programme fait pour lui plaire et qui se révèle être tout sauf unique à la fin. Pendant une bonne partie du film il est poussé en avant croyant qu'il est le fils caché de Deckard et Rachel, le premier enfant de réplicant. Quand il apprend qu'il n'en est rien, on a ce plan de sa silhouette de profil où il baisse la tête. Il redevient creux, vide de sens. Il n'a plus de but. Il n'est qu'un réplicant parmi tant d'autres, sans passé et probablement sans avenir. Mais à la fin il prend l'initiative d'amener Deckard à sa fille tout en le faisant passer pour mort, ce bon vieux K aura au moins prit une bonne initiative avant de mourir. Meurt-il d'ailleurs ?

 

 

Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks, Dave Bautista, etc...

 

 


31 juillet 2017

Baby Driver

Baby Driver

Suite à un accident de voiture étant petit, Baby souffre d’acouphènes. C'est pour cela qu'il a ses écouteurs vissés 24h/24 dans ses oreilles et qu'il vit au rythme de sa propre playlist. Un jour il rencontre Debora, jeune serveuse dans un Diner. Et c'est le coup de foudre. Baby projette donc de tout plaquer pour partir en voiture avec Debora vers le soleil couchant. Seul souci, Baby est chauffeur pour braqueurs de banques, et outre le fait qu'il soit un très très bon chauffeur, c'est le genre de job qu'on ne quitte pas si facilement...

Edgar Wright avait déjà marqué les esprits du public avec sa trilogie cornetto, composé des excellents Shaun of the Dead, Hot Fuzz et de le Dernier pub avant la fin du monde. Trois films qui se veulent comme des parodies d'un genre (film de zombie, film policier et film d'apocalypse/SF) mais qui sont bien plus que ça tant le style d'Edgar Wright est unique (il est important de préciser qu'outre la réalisation de ses films, il s'occupe aussi de l'écriture). Il a également réalisé l'adaptation du comics Scott Pilgrim vs The world que je n'ai point vu. Après avoir travaillé des années sur le film Ant-Man pour Marvel avant de partir pour cause de « différents créatifs », Edgar Wright revient cette année avec Baby Driver. Un film inspiré d'un clip qu'il avait lui-même réalisé en 2003 pour la chanson Blue Song du groupe Mint Royal.

Baby Driver est un petit bijou et Edgar Wright orchestre le tout avec maestria. De l'écriture à la réalisation en passant par le montage et le montage sonore, tout fonctionne en parfaite harmonie. Et le terme musical n'est pas inopportun car la musique joue un rôle primordial dans le film. Car avant de se mettre à la réalisation de son film, Edgar Wright a d'abord choisi toutes les chansons à utiliser. Il a pu ainsi réaliser ses scènes directement par rapport à la musique. Pour avoir une osmose parfaite entre le rythme du montage et de la musique. Lors des prises il mettait la musique sur le plateau afin d'avoir chaque mouvement, chaque geste au bon moment par rapport à la chanson. Et le rendu est plutôt impressionant. Par exemple, tous les coups de feu tirés dans le film le sont en rythme avec la musique.

Pourquoi porter des lunettes de soleil à l'intérieur ?

Le rythme du film est un truc de dingue. Dans ses précédents films Edgar Wright nous avait habitués à une cadence élevé. Mais là il place là barre encore plus haut. Et le film reste totalement génial. Et quand je dis rythme, je parle du rythme en général, pas d'une successions de plans très rapide (même si Wright les fait à merveille). La preuve, au début du film on a un super plan séquence ou l'on suit Baby qui va acheter du café. Dis comme ça la scène peut sembler plate et chiante, mais ceux qui ont vu le film me comprennent. Edgar Wright dans le monde du cinéma c'est un peu le type qui définit ce qu'est le rythme. Mais qui le redéfinit à chaque fois qu'il sort un film !

Même si le scénario peut sembler plutôt classique, la façon dont le film est orchestré rend le tout original. En voyant Baby Driver on a vraiment l'impression de voir quelque chose de nouveau et pas du vu et revu. Et c'est ,outre le rythme, principalement du aux différents personnages qui jalonnent le film. Personnages qui ne sont d'ailleurs désignés que par des surnoms génériques : Buddy, Darling, Baby, Doc, etc... Et tout ces personnages, qui pourraient, par leur nom, être juste des clichés, sont vraiment cohérent. En effet, leurs motivations, quelles qu'elles soient, sont justifiées. Ce ne sont pas des personnages balancés comme ça à la figure du spectateur. Ce ne sont pas des personnages limités par leur rôle. Dans Baby Driver, chaque personnage à une raison pour faire ce qu'il fait, une raison qui peut être bonne ou mauvaise, mais une raison tout de même. Un braqueur n'est pas juste un braqueur, c'est un personnage avec sa propre histoire, son propre passé. Et même si on n'apprend pas l'histoire de tout les personnages dans le film, on sait qu'ils ont un vécu. Ça transpire dans leurs dialogues, et dans la manière dont les acteurs ont de les jouer.

Tous les trois le même manteau ! Il devait être soldé.

En parlant d'acteurs ils sont tous très bons, Ansel Egort, que je voyais pour la première dans ce film est un petit jeune qui a du talent et qui pourrait faire revenir l'attention sur lui dans les années à venir. Mais il faut aussi dire qu'Edgar Wright est un très bon directeur d'acteur qui ne laisserait pas une fausse note dans son film. Jamie Foxx, quant à lui, se lâche totalement dans son rôle de malfrat barjo qui n'hésite pas à tuer pour arriver à ses fins. Lily James fait de Debora une jeune fille qui est tout sauf frêle et en détresse. Kevin Spacey est grandiose en Doc, chef de Baby et cerveau des braqueurs. En même temps, c'est Kevin Spacey. John Hamm, excellent en Buddy, le bougre a vraiment une chouette palette de jeu. Et puis il y a aussi John Bernthal, qu'on ne voit pas beaucoup dans le film, mais qui n'est pas le dernier des glandus niveau acteur.

Anecdote rigolote, en France, Baby Driver à failli sortir sous le nom de Drive Baby, Drive. Et pour le coup l'écho à la chanson Baby Driver de Simon et Garfunkel aurait été moins évident. Et puis chez nos amis québécois c'est Baby le chauffeur. Et là pour coller à la chanson, c'est encore plus compliqué !

Au final on à donc un super film. Avec, dans la scène d'ouverture, une des meilleures courses-poursuites que l'on ait vu au cinéma depuis un bout de temps. Fun, cool, pop et rythmé par une B.O. d'enfer ainsi que des références sympathiques aux Affranchis de Martin Scorsese, Baby Driver est une ode aux voitures, à la musique et au montage sonore !

 

 

Baby Driver de Edgar Wright

Avec Ansel Egort, Lily James, Jon Hamm, Kevin Spacey, Jamie Foxx, John Bernthal, etc...

 

 

16 juillet 2017

Spider-Man: Homecoming

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Peter Parker est un jeune lycéen qui cache un lourd secret, en effet, sous ses airs de simple élève bon en science il est en réalité le fameux Spider-Man ! Super-héros pouvant tirer des toiles d'araignées et grimper sur les murs ! Grâce à ses pouvoirs il secours la veuve et l'orphelin, arrête les voleurs de vélos et aide les vieilles dames à traverser. Ah oui, et il a aussi participé à la bataille de l'aéroport (Captain America : Civil War) qui a vu s'affronter le camp d'Iron Man face à celui de Captain America. Le jeune Spider-Man faisant partie du premier. Mais ce que Parker voudrait c'est avoir plus de reconnaissance de la part de Tony Stark, qu'il puisse faire ses preuves, agir à une plus grande échelle que son petit quartier. Ça tombe bien car c'est à ce moment là que débarque un nouveau vilain à New-York : le Vautour ! Peter va donc essayer de prouver ses capacités de super-héros à Stark en affrontant ce fichu volatile. Ah, et aussi, il va devoir également gérer son amour secret pour Liz Allen, une fille de sa classe.

Spider-Man : Homecoming est un titre à double sens, car si d'un côté il parle de la fête de l'école qui a lieu à la rentrée pour souhaiter la bienvenue aux élèves, de l'autre c'est carrément le retour à la maison mère Marvel qu'il signifie. En effet les cinq précédents films Spider-Man ont été produit par Sony Pictures (enfin Columbia Pictures qui appartient depuis 1989 à Sony Pictures). Dès 1986, Marvel cherche à transposer les aventures de l'homme araignée sur grand écran. Mais Marvel Studios comme on le connaît aujourd'hui n'existe pas encore (crée en 1993, le studio n'a pas du tout les moyens de financer un film d'une telle ampleur tout seul). Et c'est donc en 1999 que Columbia rachète les droits d'adaptation du tisseur. Auparavant les droits sont passés entre les mains de la Cannon (Invasion USA, Portés disparus, Cobra, etc...) puis de Carolco (Rambo, Totall Recall, Terminator 2, etc...). Mais en 2014, l'échec critique et public de The Amazing Spider-Man 2 de Marc Webb pousse Sony Pictures à mettre en place un partenariat avec Marvel Studios afin que Spider-Man puisse apparaître dans le MCU (Marvel Cinematic Universe). En gros pour Spider-Man : Homecoming Sony garde les droits sur le personnage et produit le film, et donc récupère les recettes du box-office. Tandis que Marvel peut faire apparaître Spider-Man dans ses films (enfin pour l'instant ceux pour lesquels un contrat a été signé avec Sony) et touche également toutes les recettes liées aux produits dérivés. En plus Marvel garde un droit de regard et donc de veto sur toutes apparition de Peter Parker dans un film Sony. Par exemple Sony a lancé la production d'un film Venom pour 2018 (Avec Tom Hardy dans le rôle titre !). Et bien il serait très étonnant que Spider-Man y fasse une apparition car le film n'aurait aucun rapport avec le MCU.

"Avoir mon année ou faire partie des Avengers: telle est la question.

Le film est plutôt chouette. Toute la première partie est écrite un peu comme un teen-movie ce qui est assez original pour Marvel et ce qui, étonnamment, rend plutôt bien. Peter Parker est un personnage qui cherche à se faire une place dans un monde d'adultes, à prouver qu'il a des capacités pour pouvoir viser quelque chose de plus grand. Quitte à sacrifier certaines choses. Le personnage illustre donc quelque chose que l'on a déjà tous plus ou moins vécu ce qui fait qu'on s'y attache assez rapidement. Mais le côté débutant du personnage n'est pas oublié pour autant, il est perdu parfois quand les événements le dépasse, et certains malfrats ont même du mal à le prendre au sérieux, d'autres sont presque attendris par sa fougue de jeunesse. La deuxième partie suit un peu plus les codes classiques du film Marvel mais reste sympa à regarder. Le film, même s'il amène un nouveau Spider-Man, ne revisite pas les origines du personnage, ce qui est une bonne chose car ça évitera au spectateur qui a déjà vu la trilogie de Sam Raimi et les deux films de Marc Webb de se farcir une troisième fois la morsure de l'araignée et le meurtre de l'oncle Ben. Pour autant le personnage de Parker est vraiment bien cerné avec des préoccupations et des réfléxions d'ado de 15 ans. Un peu maladroit et encore naïf. Un Spider-Man de l'âge d'une bonne partie des spectateur permet de le placer également en spectateur des Avengers et des autres super-héros. Tout comme nous Peter Parker est un grand fan de Hulk, Thor, Iron Man et Captain America. Paf ! Encore de l'identification entre le protagoniste et le spectateur, c'est ingénieux !

Le méchant est bien réussi et change un peu des super-vilains classiques qui veulent détruire l'univers sans raison particulière. Ici le Vautour trouve une dimension qui reste très humaine et des raisons pour faire son sale boulot qui sont également justifiées (pas forcément excusables mais justifiées). Les personnages secondaires sont....secondaires, ils sont là quand on a besoin d'eux. Tony Stark quand à lui n'est pas aussi présent que pouvait laisser supposer la bande-annonce. Il apparaît dans le film quand il le faut, sans jamais piquer la vedette à Peter Parker. C'est bien de laisser la place aux petits jeunes mister Downey Jr.

Et si toutes les scènes ou Peter est au lycée ou quand il se balade en costume dans les rues de New-York sont plutôt bien faites, la réalisation pêche pas mal au niveau des scènes d'actions, qui sont, pour la plupart assez incohérentes et peu lisibles. C'est dommage. Mais bon les scènes où il y a le plus de tension et celles qui sont le plus intéressantes ne sont pas les scènes d'actions.Heureusement pour le film.

"I am Batman, Birdman and Vulture. Deal with it !"

La musique, composée par Michael Giacchino a un thème sympa que vous oublierez vingt minutes après la fin du film. Comme la plupart des musiques des films Marvel Studios (sauf Iron Man, Iron Man 3 et le premier Thor). C'est un peu dommage sachant que le talent de Michael Giacchino n'est plus à prouver. Mais ou moins le compositeur nous offre une version symphonique du thème de la série animée Spider-Man des années 60 lors du logo Marvel Studios à l'écran. Et ça, ça claque bien !

Au niveau des acteurs Tom Holland convainc totalement en jeune Parker lycéen mais aussi en Spider-Man, héros tchatcheur. Sa version du personnage change des interprétations précédentes et nous donne un héros moins isolé, plus fonceur et, certes, un peu plus high-tech grâce à l'aide de Tony Stark. Michael Keaton lui se lâche totalement pour incarner Adrian Toomes, le Vautour, que l'on doit d'ailleurs plus voir sans son costume qu'avec dans le film. Rien à dire sur Robert Downey Jr. qui est littéralement Tony Stark. Le sympathique Donald Glover a un petit rôle dans le film, celui d'un petit malfrat nommé Aaron Davis. Ce nom ne vous dira peut être pas grand chose, mais pour les amateurs du comics, il s'agit d'un clin d’œil plutôt sympa car il s'âgit de l'identité secrète du Rôdeur (personnage costumé de l'univers Marvel). Et ça fait également plaisir de revoir Jon Favreau (réalisateur des deux premiers Iron Man) dans le rôle de Happy Hogan, chauffeur et assistant de Tony Stark, qui ici est chargé des relations avec le jeune Peter Parker.

Pour conclure Spider-Man: Homecoming est un divertissement de bonne qualité qui essaie avec plus ou moins de succès d'allier le teen-movie, avec le film de super-héros. Et qui nous propose un Spider-Man et un Peter Parker attachant. On passe un bon moment devant et on a hâte de voir le rôle que le personnage aura à jouer au sein d'Infinity War, film qui va regrouper la plupart des personnages de l'univers cinématographique Marvel. Oh et aussi, il y a la meilleure scène post-générique au monde !

 

 

 

Spider-Man : Homecoming de Jon Watts

Avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr, Jon Favreau, Zendaya, etc...

 

07 juillet 2017

Sans pitié

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Jae-ho se traîne une petite réputation parmi les gangsters, et pour preuve, même s'il n'est pas encore chef de gang, c'est lui qui fait la loi en prison. Mais l'arrivée d'un nouveau derrière les barreaux, le jeune Hyun-soo va chambouler les activités de Jae-ho. En parallèle, on suit également l'histoire des personnages trois ans plus tard, après leur sortie de prison. Jae-ho à pris Hyun-soo sous son aile et l'a fait rejoindre le gang dont il fait partie. Gang dirigé par Byung-chul qui traîne évidemment dans des affaires de trafic divers et variés. Ce qui attire inévitablement les yeux de la police à se porter sur cette belle brochette de criminels et particulièrement ceux de l'inspectrice Cheon, qui veut coffrer tout le monde et est prête à tout pour y arriver.

Je n'en dis pas plus pour le résumé du film tout simplement pour ne pas vous gâcher la surprise de certains retournements de situations qui, même s'ils arrivent assez tôt dans le film, n'en sont pas moins intéressants.

L'air assuré, Hyun-soo avance vers son avenir de gangster

Le film est très stylisée dans sa réalisation et les plans sont très bien composés. Certains parle d'un film « tarantinesque » (coucou l'affiche !), donc qui renverrait à l'image qu'on se fait des films de Quentin Tarantino. Des films très rythmés avec de la bonne musique, beaucoup de baston et des litres d'hémoglobine. Et c'est vrai que Sans-pitié est extrêmement bien rythmé, à des bons petits passages de musique, contient des bastons et donc du sang (même si la quantité reste bien inférieur à ce qu'on peut voir dans n'importe quel Tarantino). Mais pour autant je ne qualifierai pas ce film de « tarantinesque ». Car pour moi, il est avant tout inscrit dans une continuité logique du cinéma asiatique, un cinéma dans lequel des réalisateurs comme John Woo et Tsui Hark filmaient déjà des bastons fortement mise en scène. Et Tarantino s'est lui-même inspiré de ces bonshommes. Donc avant d'être « tarantinesque » dans sa mise en scène, Sans pitié est avant-tout un héritage du film d'action asiatique.

De plus le rythme du film évolue avec l'histoire. De quelque chose de plutôt coloré et rapide le film dévie lentement vers quelque chose de plus sombre, avec un rythme un peu plus lent mais toujours soutenu. Les personnages se connaissent mieux, ils se jaugent et prennent un peu plus de temps pour réfléchir.

Le métrage est également plutôt inventif dans sa mise en scène, le réalisateur n'hésitant pas à multiplier les angles de prise de vue. Et tout ça est superbement mis en valeur par le travail du chef opérateur Cho Hyung-rae. Et bravo pour le plan qui parodie la Cène de De Vinci en prison, il est vraiment bien trouvé et m'a bien fait marrer.

Bon, c'est donc un film avec de l'action, certes, mais surtout un film policier et le scénario est loin d'être inintéressant. Au niveau de l'histoire on lorgne du côté de la trilogie Honk-Kongaise, Infernal Affairs d'Andrew Lau et Alan Mak. Certains parleront des Infiltrés de Martin Scorsese, et à raison, mais les Infiltrés est lui-même le remake américain d'Infernal Affairs. L'intrigue s'installe tout en finesse au fur et à mesure du film, mais attention à rester attentif ! Chaque scène peut se transformer en un retournement de situation des plus inattendus, sans pour autant être incohérent. La mise en place des personnages est top et leurs relations sont super bien exploitées.

"Ne jamais croire personne. Toujours croire les circonstances" Jae-ho.

Les acteurs sont très très bon. Et même si les personnages sont des personnages assez classiques du film de gangsters (la flic acharnée, le vieux chef de gang, le jeune surdoué qui veut prendre sa place, etc...) ils sont interprétés sans a priori ou références particulières par des acteurs au top de leur forme ! De Im Si-wan, qui joue le jeune Hyun Soo à Jeon Hye-jin qui joue l'inspectrice Cheon, tenace et têtue. Mais celui qui marque le plus les esprits est sans aucun doute Sol Kyung-yu qui incarne Jae-ho. Il habite totalement son gangster et le dote d'un petit rire très personnel qui permet vraiment d'étoffer son personnage, on ne sait jamais vraiment si il est sarcastique ou nerveux. Les deux peut être.

« Ne jamais croire personne. Toujours croire les circonstances » répète Jae-ho dans le film, et bien si vous ne devez pas me croire, j'espère que ce film sera une circonstance suffisante pour vous convaincre de suivre les futurs travaux de Byun Sung-hyun. Car même s'il n'invente rien de nouveau avec Sans pitié, il maîtrise son film de bout en bout que ce soit au niveau de l'écriture, de la réalisation ou de la direction d'acteur. C'est d'abord avec beaucoup de plaisir et en souriant de la mise en scène survoltée que l'on rentre dans le film avant de se rendre compte que l'on est complètement pris au piège du sourire charmeur de Jae-Ho, de l'efficacité de l'histoire et du brio technique de la mise en scène.

 

Sans pitié de Byun Sung-hyun.

Avec Im Si-wan, Sol Kyung-yu, Jeon Hye-jie, etc...

 

 

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