Contrechamp(s)

12 septembre 2018

Les films de l'été 2018

les films de l'été 2018

Après deux mois d'absence voici, rien que pour vous, sympathiques lecteurs de Contrechamp(s), onze petites critiques de films que j'ai vu cet été ! Bonne lecture !

 

 

Dogman de Matteo Garrone :

Marcello est un toiletteur pour chien dans un quartier pauvre. Apprécié par les autres commerçants, il va pourtant se laisser entraîner par Simoncino ( son « ami », violent, consommateur de cocaïne et pas très sympa) dans une spirale criminelle. Librement inspiré d'un fait divers s'étant déroulé dans les années 80 en Italie, le film emmène le spectateur dans une atmosphère sombre, glauque et fort peu joyeuse où il verra le sincère Marcello perdre son innocence face au monde brutal qui l'entoure. C'est quasiment hypnotisés que l'on suit Marcello dans cette descente aux enfers subliment mise en scène. Il faut aussi souligné la qualité de jeu de Marcello Fonte, récompensé pour sa prestation du prix d'interprétation masculine à Cannes. On ressort épuisé de ce film ! Pour tout vous dire j'avais prévu d'enchaîner au cinéma avec Paranoïa, mais après avoir vu Dogman, j'ai préféré remettre ma séance à plus tard !

 

 

Sicario : la guerre des cartels de Stefano Sollima :

Le premier Sicario, réalisé en 2015 par Denis Villeneuve, était un excellent film qui n'avait pas besoin d'une suite. Curieux, j'ai tout de même été voir ce que la suite en question pouvait donner et j'ai été agréablement surpris ! Certes, le film n'atteint pas la qualité du premier, il n'a pas sa mise en scène au cordeau ou son efficacité hors paire, pourtant, il réussit à être pertinent en tant que suite, à développer de manière intéressante les personnages de Josh Brolin et de Benicio del Toro (après ça reste Taylor Sheridan au scénario). Bref, une suite loin d'être indispensable mais qui reste de très bonne facture et est soutenue par la performance sans faute de Benicio del Toro.

 

 

Ant-man et la guêpe de Peyton Reed :

Après un premier opus qui faisait office de sympathique film familial, Ant-man revient dans un film fort moyen. En effet, même si Paul Rudd et Michael Peña font sourire de par leur bonhommie et leurs bouilles sympathiques, même si Evangeline Lilly est plutôt chouette en Guêpe et même si Walton Goggins à le plus beau front du monde, on ne peut s'empêcher de remarquer que Michelle Pfeiffer, Michael Douglas et Laurence Fishburne ont l'air de vraiment s'emmerder. En même temps comment leur en vouloir au vu du scénario qui ne propose pas de vrai méchant et qui fait preuve de fainéantise à répéter deux fois la même structure ! (si si je vous assure, regardez bien). Je me doute que ce n'est pas forcément facile d'être le film qui passe juste après Avengers : Infinity war, mais bon, il y avait sûrement moyen de faire mieux.

 

 

The Guilty de Gustav Möller :

Un défi original que celui-ci : tenir en haleine les spectateurs pendant plus d'une heure vingt en ne voyant qu'un personnage répondre au téléphone dans un central d'appel de la police danoise. Un huis-clos comme on en voit rarement (déjà que l'on ne voit pas souvent des huis-clos) et qui prend le spectateur aux tripes ! On est forcé de se concentrer sur le son, sur les détails que l'on peut entendre a travers le combiné pour entendre quelque chose qui fera avancer l'enquête. On se retrouve exactement dans la même position que Asger Holm, le policier que l'on suit durant le film, avec ni moins, ni plus d'informations. Défi réussi !

 

 

Paranoïa de Steven Soderbergh :

Steven Soderbergh est un réalisateur qui aime les nouvelles expériences, il aime tenter, essayer des nouvelles choses au cinéma. Pour Paranoïa il a décidé de filmer le film entièrement avec un Iphone. Mais ce qui est vraiment chouette c'est que cette économie de moyen de prise de vue se retrouve également dans la réalisation, la mise en scène et le montage. Il n'y a pas de mouvements grandiloquents de caméra ni d'effets stylisés de montage. Et il n'y a qu'un seul décor principal. Et ça rend vraiment bien, tout en montrant, qu'avec une bonne histoire, tout le monde peut faire un film de bonne qualité, le tout avec un minimum de matos. Le film raconte l'histoire d'une jeune femme, qui pense être poursuivie par un harceleur et qui est placée, contre son gré, dans un institut psychiatrique. Et même si c'est loin d'être le meilleur film de Soderbergh on ne pourra qu'apprécier son efficacité et la simplicité de sa mise en scène. Claire Foy joue très bien et Joshua Leonard est vraiment flippant en harceleur barbu à lunette ! On appréciera également un sympathique caméo d'un des acteurs fétiche du réalisateur.

 

 

Mission Impossible : Fallout de Christopher McQuarrie :

C'est la première fois qu'un réalisateur réalise deux épisodes de la franchise Mission Impossible et Christopher McQuarrie relève le défi avec succès ! En effet, ce sixième épisode est directement dans la continuité du cinquième (que je vous conseille d'ailleurs de revoir avant d'aller voir Fallout, histoire de bien suivre). Un bon film d'action, comme on en voit trop peu et avec des cascades vraiment impressionnantes qui vont toujours plus loin. On notera quelques longueurs vers la fin et des petites incohérences de scénarios mais le film est bien mis en scène et McQuarrie explore intelligemment des pistes inattendues dans un Mission Impossible, comme la relation entre Ethan Hunt et sa femme. Bref, voir Tom Cruise faire des cabrioles est toujours plaisant et voir la moustache d'Henry Cavill en face l'est aussi (moustache destructrice de Justice League rappelons-le). Et pour la petite anecdote, cette moustache a été inspiré à Cavill par Elias Orr, un méchant de Superman qu'il a découvert en lisant les comics pour son rôle chez DC. Il a proposé la moustache au réalisateur qui a accepté. Et on connaît la suite... cette moustache a eu raison de Superman.

 

 

Une pluie sans fin de Dong Yue :

L'action se passe en Chine, en 1997, alors que la police piétine sur une étrange série de meurtres de jeunes femmes, Yu Guowei, chef de la sécurité d'une vieille usine, décide de s'y intéresser. Cela va rapidement l'obséder. Si les premières minutes sont intéressantes, les deux heures qui suivent paraissent vraiment longues. Rien n'avance avant les vingt dernières minutes. On se sent suspendu dans une atmosphère étrange. Yu Guowei est suivi de trop loin pour qu'on le comprenne et le supporte mais de trop près pour qu'on puisse s'intéresser à autre chose. C'est dommage le film n'est qu'une ambiance de pluie sans rien en dessous. Dans le même esprit mais en beaucoup plus réussi je vous conseil le thriller coréen Memories of murder de Bong Joon-ho.

 

 

Détective Dee : La légende des rois célestes de Tsui Hark :

Je n'avais pas vu les deux opus précédents de cette saga fantastique chinoise mais ce n'est pas bien grave. Si vous aimez le grand n'importe quoi, les effets spéciaux too much et les galipettes de cascadeurs dans les airs, ce film est fait pour vous. L'empereur Gaozong, très content des services de Détective Dee, lui offre l'épée Dragon Docile. Mais un groupe de magiciens engagés par la femme même de l'empereur va tenter de lui voler. Le film est une explosion visuelle qui va toujours plus loin dans la démesure et dans l'abolition des lois de la gravité et c'est vraiment chouette a voir au cinéma !

 

 

Under the silver lake de David Robert Mitchell :

Lorsque sa voisine (dont il était tombé sous le charme) disparaît sans laisser de traces, Sam décide de se lancer a sa recherche, plongeant dans les étranges mystères et profondeurs de Los Angeles ! Le film à un rythme changeant, beaucoup (beaucoup) de références à Hitchcock et peut aussi faire penser parfois à Mulholland Drive de David Lynch (en beaucoup moins Lynchien évidemment), il y a aussi beaucoup de références à la pop-culture. Under the silver lake fait appel à toute une série de sous-intrigues mystérieuses qui ne seront jamais résolues ce qui peut paraître perturbant et dérangeant lorsqu'on aime que tout soit bien clair et carré dans un film. L'impression qui s'impose est que le réalisateur a eu plein d'idées et à voulu en mettre le maximum, même si on peut se demander ce que certaines viennent faire là. Bref, le film est une petite curiosité intéressante dans son ensemble. (La scène du compositeur est vraiment folle et vaut le coup d’œil !)

 

 

Mary Shelley de Haifaa al-Mansour :

Le film revient sur l'histoire de Mary Shelley, qui a écrit le roman Frankenstein. Ça va être court : Elle Fanning fait le job sans faire d'éclats, le film est ni spécialement bon ou mauvais. On a juste l'impression de voir un téléfilm (avec un peu plus de budget) sur grand écran. Bon ça a au moins le mérite d'être intéressant quand on ne connaît pas l'histoire de Mary Shelley.

 

 

Blackkklansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan de Spike Lee :

Inspiré de la vie de Ron Stallworth, Blackkklansman raconte la folle histoire d'un flic noir qui a infiltré le Ku Klux Klan à Colorado Springs en 1978. Le film, qui à reçu le Grand Prix au festival de Cannes est vraiment chouette, il reste léger dans l'ensemble grâce a la fougue et à l'humour de son personnage principal (joué par John David Washington, le fils de Denzel !) mais sait faire comprendre les enjeux de la chose et ne pas chercher à tout tourner en dérision, notamment lorsque il met en lien son histoire avec les événements contemporain de Charlottesville et la politique de Trump. La mise en scène est de qualité, les acteurs sont très sympas et le tout est souligné par la très bonne musique de ce bon vieux Terrence Blanchard, dont on peut même entendre le thème de Inside man (du même Spike Lee). Un film intelligent, intéressant et qui se permet d'être drôle, et ça c'est cool !

 

 

 


13 juillet 2018

Les Indestructibles 2

Les Indestructibles 2

Le film commence exactement là où le premier nous avait laissé : face au terrible Démolisseur qui sort des entrailles de la Terre pour déclarer la guerre à la paix et au bonheur. Trop de dégâts sont fait durant le combat avec le Démolisseur, et le gouvernement interdit les supers-héros. La famille Parr se retrouve contrainte de mener une vie de famille normale jusqu'au jour ou Winston Deavor, magnat de la télécommunication, philanthrope et immense fan de supers-héros, leur annonce qu'il a un plan pour remettre les supers-héros sur le devant de la scène et gagner l'opinion public. C'est Elastigirl qui commence par se mettre au boulot, tandis que Mr Indestructible s'occupe des enfants à la maison. (le côté « la femme fait le job tandis que l'homme reste a la maison a s'occuper des gosses pour s'inscrire dans une mouvance féministe » c'est amené plus finement que ce que mon résumé laisse paraître hein).

Cela fait pas moins de quatorze ans que l'on attendait ce film. Quatorze ans a se demander si on reverrait un jour la super famille Parr sur les écrans. Et ces quatorze ans d'attente, ils n'ont pas fait que du bien. En effet, après quatorze ans, les attentes des spectateurs sont au plus haut, ils ont passés en revu tout les scénarios possible et imaginable et veulent encore être surpris. Il y a tout de même de fortes chances qu'ils soient déçus, peu importe la qualité du film. Et c'est le souci majeur des Indestructibles 2, car si le film est d'excellente facture, qu'il dépote visuellement et qu'il surprendra tout les spectateurs les plus jeunes n'ayant jamais vu le premier film de 2004, il reste tout de même beaucoup trop ressemblant au premier opus au niveau du scénario et de la trame de l'histoire. Et c'est fort dommage, parce qu'on voit le retournement de situation final arriver a des kilomètres.

Flèche a une bonne tronche sur cette image

Après le film reste bon, super sympa et se place dans une lignée de très bonnes suites pour Pixar (Toy Story 2 et 3, même Le Monde de Dory était plutôt chouette). Et faire une bonne suite au meilleur Pixar de tout les temps, c'est déjà bien. On replonge avec un grand plaisir dans l'univers coloré et rétro-futuriste des Indestructibles, bien que le film ne soit pas aussi inventif dans ses décors que le premier (qui avait des décors dignes de ce que faisait Ken Adam, le chef décorateur des premiers James Bond). Cette suite est plus sombre, plus urbaine, moins d'île à la végétation luxuriante pour plus d'appartement miteux. Un peu plus adulte dans sa vision d'ensemble. Par contre le film en fait un peu trop avec Jack-Jack, le fait qu'il ai plein de pouvoirs et qu'ils viennent aléatoirement est assez drôle, mais après un moment ça fait trop (surtout que j'ai l'impression qu'il y a un pouvoir en particulier qui a été mis pour déboucher scénaristiquement une scène, enfin vous verrez).

Les Indestructibles 2 (2)

Visuellement, l'animation de Pixar est superbe, ils ont réussi a très bien garder le style visuel du premier tout en augmentant la qualité visuelle et l'animation. C'est vraiment très beau, très fluide, et certaines idées de mise en scène de Brad Bird sont vachement chouette. On notera également un superbe travail sur la photographie du film. J'ai trouvé la lumière super belle et très très bien utilisée. Le doublage est parfait, comme d'habitude (j'ai vu le film en VO) même si on entend que Craig T. Nelson (Robert Parr / Mr Indestructible) a pris un sacré coup de vieux entre les deux films (il avait 60 ans lors de la sortie du premier film, donc 74 aujourd'hui). Et pour la petite anecdote, le doubleur de Edna Mode n'est autre que le réalisateur lui-même : Brad Bird. Mais la plus grande force du film c'est sans aucun doute sa musique, Michael Giacchino sort le grand jeu et s'éclate comme un petit fou, il pousse le délire musicale plus loin même que dans le premier opus et fait exploser les fameux cuivres, ça éclate, ça pète de partout, ça tourbillonne et ça s'écoute sans faim. C'est la musique qui nous accueille dans le film, c'est elle qui nous accompagne durant, et c'est avec cette musique que ce termine le film. La musique, c'est la carte d'identité du film et Giacchino nous montre qu'il est décidément l'un des compositeurs actuel les plus doués.

Bref, un film d'animation qui fait du bien même si son scénario est loin d'être original (et que certains design de personnages sont assez étrange), on est happé par cet univers visuellement et musicalement très riche et on aime s'attarder au côté de cette famille de supers-héros si humaine. Juste fait attention si vous êtes épileptiques car certaines scènes sont un peu stroboscopiques sur les bords !

 

Les Indestructibles 2 de Brad Bird

Avec les voix de Craig T. Nelson, Holly Hunter, Samuel L. Jackson, etc...

 

 

 

07 juillet 2018

Au poste !

Au poste

Quentin Dupieux est une sorte d'OVNI dans le paysage du cinéma français. En grande partie parce qu'il est resté sept ans a Los Angeles pour produire et réaliser quatre films : Rubber, Wrong, Wrong Cops et Réalité. Chacun de ses films relève d'un amour inconditionnel pour l'absurde et le non-sens, et malgré une énorme fanbase qui le vénère, il reste assez peu connu du grand public. Après c'est pas le genre de films qu'il faut aller voir si on veut absolument un début, un milieu et une fin et si on veut tout comprendre du premier coup !

Au poste ! est le premier film qu'il réalise après son retour en France. Un film qui se déroule au poste de police (d'où le titre). Le postulat de l'histoire est simple : Le commissaire Buron interroge Fugain, principal suspect dans une affaire de meurtre puisqu'il est celui qui a trouvé le corps gisant dans une mare de sang. L'interrogatoire va se poursuivre durant toute la nuit ! Tin din diiin !

Le film est très très drôle, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas ri comme ça au cinéma et ça fait du bien (surtout devant une comédie française). Encore une fois, l'humour est principalement absurde et intervient sous la forme de gags et de non-sens visuel mais surtout de par les dialogues. Car le film est bavard, et l'écriture est assez géniale. C'est pour ça. (Le film est réalisé mais aussi écrit par Quentin Dupieux).

"C'est une belle moustache que vous avez là Fugain !"

La réalisation est assez simple, mais très fluide, et l'image est très bien travaillée, tout comme la mise en scène et la lumière. Bien que la plupart des plans soient fixes, c'est très agréable a regarder. Le film se déroule dans un patchwork de différentes époque assez rigolo, cela rend l'identification temporelle impossible et place le film comme se déroulant « Another time, another place » comme dirait Les Rues de feu ! En gros, cela positionne le film en tant que film, pure fiction et l'éloigne de la réalité ou de tout rapprochement pouvant être fait avec la réalité. Comme dit Quentin Dupieux : C'est un film, je peux y faire ce que je veux sans que ça ai forcément un sens. Car c'est un film. ( Je n'ai pas mis de guillemets car je ne me souviens plus de la phrase exacte, mais le sens y est).

Ce qui fait une grande partie de la qualité de ce film c'est évidemment ses acteurs. Tous semblent a fond dans leur rôles respectifs et fonctionnent vachement bien ensemble. Benoît Poelvoorde est hilarant de sérieux avec son col roulé et son holster qui rappellent Jean-Paul Belmondo dans Peur sur la ville de Henri Verneuil (si vous ne faites pas le rapprochement, comparez les affiches des deux films, ça deviendra évident). (D'ailleurs on peut aussi faire le rapprochement avec une autre film de Belmondo : le génial Le Magnifique, lorsque que ce qui est tapé sur la machine à écrire est mis en scène en même temps. Regardez Le Magnifique, c'est juste super). Grégoire Ludig est aussi très bon dans le rôle de Fugain, le suspect, en plus il a une moustache sublime, et les moustaches c'est bien. Marc Fraize, lui, joue un flic, borgne, un peu benêt, qui voit toujours les choses qui pourraient mal tourner. Son personnage est une très bonne source de rire. C'est pour ça. Anaïs Demoustier, Philippe Dusquesne, Jacky Lambert et le reste de la distribution sont tous également parfait. Tous jouent leurs personnages avec le plus grand sérieux. C'est le décalage entre ce sérieux et l'absurdité des dialogues qui touche la plupart du temps et fait rire (beaucoup).

"Euh oui, mais vous auriez pas un p'tit truc à manger ?"

Avec son casting éclectique, entre Poelvoorde qui vient du cinéma, Grégoire Ludig qui vient plutôt d'Internet avec le Palmashow, Marc Fraize qui vient du monde du stand-up et Orelsan de celui de la musique (même si tous avaient déjà fait un peu de cinéma), on peut espérer qu'Au poste ! touche un public assez large et soit un succès, car il le mérite. Il est beaucoup plus accessible que d'autres films de Quentin Dupieux comme Réalité qui perd le spectateur dans des strates scénaristiques improbable. Ici, toujours l'humour et l'absurde propre au réalisateur mais qui perd moins le spectateur (un peu, mais moins).

Bref, avec des acteurs talentueux, des dialogues hilarants, un fin inattendue, un caméo invisible, une huître et une durée de 1h13, Au poste ! s'impose comme l'une des comédie les plus drôle et les plus intéressante de cette année ! C'est pour ça !

 

 

Au poste ! de Quentin Dupieux

Avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Marc Fraize, Anaïs Demoustier, Orelsan, etc...

 

 

 

27 avril 2018

Avengers : Infinity War

avengers-infinity-war

Thanos, un grand type balèze a la peau violette et qui porte un gant bling-bling, décide de rééquilibrer la balance de l'univers. Pour cela, il lui faut tuer la moitié de la population sur chaque planète de la galaxie. Donc soit il y va un par un, soit il récupère les six pierres d'infinité (qu'il doit insérer dans le gant bling-bling fait sur mesure) afin d'avoir un pouvoir absolu et de finir sa tache d'un claquement de doigt (je vous laisse deviner ce qu'il choisit, y'a un indice dans le titre du film). Les Avengers et les autres héros de l'univers Marvel ne sont pas forcément d'accord avec les desseins de Thanos et vont aller le voir pour discuter autour d'une tasse de thé afin d'évoquer le sort de l'univers (ou ils vont plutôt essayer de se regrouper et de faire face à cette menaçante menace).

2012, le premier Avengers sort au cinéma et avec lui la première réunion des héros du MCU ( pour ceux du fond qui suivent pas, le MCU c'est le Marvel Cinematographic Universe). À la toute fin, la scène post générique révèle pour la première fois Thanos, le titan fou. Six ans plus tard Thanos est enfin le grand méchant d'un film Marvel. Une question nous brûle les lèvres : est-il a la hauteur des ces six années d'attentes ?! Est-il enfin le méchant que nous attendions tous ? Est-il un grand méchant du cinéma ? (bon, d'accord en vrai il y a trois questions). Eh bien, pour répondre a ces trois questions que je me suis moi-même posées, il est a la hauteur de ces années d'attentes. Vraiment. Il s'agit d'un des méchant, et même de l'un des personnage en général les plus abouti du MCU. Infinity War est son film et réussit a faire de lui un ennemi a la hauteur des dizaines de héros qui se dressent face à lui. Il est difficile de dire dès a présent, au lendemain de la sortie du film, si Thanos va se retrouver au panthéon des grands méchants du cinéma. Il faudra encore quelques années de recul afin de voir ça (et surtout voir ce qu'il va se passer dans le prochain Avengers). Mais en tout cas, il est définitivement dans le top 1 des plus grands méchant du MCU.

Faudra faire attention en montant ou en descendant les escaliers maintenant !

En tout cas si vous n'avez pas suivi les films de Marvel Studios ces dix dernières années et que vous voulez tout de même aller voir Infinity War, bonne chance. Parce qu'il doit être plutôt incompréhensible tant il prends en compte les éléments d'une bonne partie des films précédents. Parfois ce sont de simples clins d’œils (« We have a Hulk »), mais la plupart du temps c'est juste nécessaire à l'histoire. Il faut donc savoir que Captain America, le Faucon et la Veuve noire sont toujours recherchés par le gouvernement après les événements de Civil War, Que Thor, Hulk, Loki et les Asgardiens sont a bord d'un vaisseau suite à la destruction d'Asgard dans Thor : Ragnarok (le film commence quelques minutes après la séquence post-générique du dernier film Thor). Que Bucky Barnes refait sa vie au Wakanda, etc... Donc si vous n'êtes pas au clair avec ça, faites une petite séance de rattrapage avant d'aller voir le dernier Avengers !

Avec le temps on s'était habitué a dire des films du MCU que, ouais c'est sympa, un bon divertissement quoi, mais que ça atteignait pas la fraîcheur du premier Iron Man ou du premier Gardiens de la galaxie. C'est donc une heureuse surprise de sortir d'Infinity War en se disant que oui, c'était un très bon divertissement, mais que c'était aussi un vraiment chouette film ! Bon on ne peux pas parler de fraîcheur, car les personnages sont loin d'être nouveaux, on commence a connaître la formule et puis surtout le film apporte un côté sombre assez bienvenu dans le MCU (ça reste relatif hein, on est toujours dans du divertissement grand public et le film contient quelques punchlines et pas mal de traits d'humour bien sentis, donc quand je dis sombre faut pas s'imaginer Seven héhé). Pour autant le film est clairement plus sérieux dans son traitement sur le fond et l'histoire que la plupart des films précédents de Marvel Studios.

Eh oui, le plus grand méchant du MCU est violet et a un menton énorme !

Je suis assez mitigé sur Captain America : Civil War et j'avais surtout eu du mal au niveau de la réalisation qui m'avait fait mal aux yeux (surtout lors de la première séquence à Lagos qui est filmé et monté avec une tondeuse à gazon). J'avais donc un peu peur quand à la réalisation des frères Russo sur Infinity War. Eh bien, malgré les habituelles scènes d'actions parfois trop coupés et peu lisible (on reste très loin de Spiderman : Homecoming rassurez-vous), le reste de la réalisation ne fait pas de vagues et permet une bonne compréhension de l'histoire. Et c'est une bonne chose, parce que jongler avec autant de personnages, de situations, et avoir un rendu clair et cohérent, ça ne doit pas être chose aisée. En plus de ça, la fin du film risque de laisser les plus fans d'entre vous sur le derrière, et ceux qui disaient que les Russo ne prenaient pas assez de risques avec Civil War seront sûrement heureux avec Infinity War.

L'acteur qui se démarque le plus dans le film est clairement Josh Brolin qui prend son rôle très a cœur pour nous offrir un Thanos puissant et tourmenté grâce a la motion capture qui permet un rendu vraiment très chouette et qui nous laisse apprécier les émotions de Brolin a travers la peau violette du titan fou. Bon la motion capture vaut pas celle de La Planète des singes : suprématie, mais il faut tout de même souligner qu'elle est très bien faite et permet un réel aperçu de la performance Brolinesque. C'est assez plaisant de voir une si belle distribution réunie à l'écran, la plupart des rencontres entre nos héros favoris sont bien écrites et assez marrantes (entre Thor et les Gardiens de la Galaxie par exemple) et on sent que les acteurs se sentent impliqués dans l'univers. C'est vraiment avec ce film qu'on se rend compte que même si sur les 10 dernières années tous les films n'ont pas été à la hauteur, on s'est pourtant attaché aux personnages, pour certains d'entre eux, on les connaît depuis dix ans, et ça fait vraiment plaisir de les voir tous ensemble à l'écran, de les voir interagir entre eux. En dix ans, Marvel a créé un véritable feuilleton cinématographique !

"Si j'me fais pousser la barbe, on peut faire passer ça pour un film indé, non ?"

Bref, pour conclure, Avengers : Infinity War est l'aboutissement parfait des 10 ans de Marvel Studios. C'est un divertissement de grande qualité qui ne prend pas les fans pour de bêtes consommateurs avides d'explosions et arrive a proposer quelque chose de grandiose et de surprenant pour ce film qui arrive comme la conclusion d'une ère (conclusion a confirmer dans le prochain Avengers tout de même). Pour une fois qu'un film de cette ampleur est à la hauteur de l'engouement qu'il crée avant sa sortie, ça fait vraiment plaisir ! Et Thanos est la plus grande réussite du film. Mais une question de la plus haute importance subsiste : Où est Hawkeye ?!

 

 

Avengers : Infinity War de Anthony et Joe Russo

Avec Chris Hemsworth, Chris Evans, Robert Downey Jr, Tom Holland, Chris Pratt, Benedict Cumberbatch, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson, Chadwick Boseman, Paul Bettany, Elisabeth Olsen, Josh Brolin, Don Cheadle, Anthony Mackie, Benedict Wong, Zoe Saldana, Dave Bautista, Pom Klementieff, Karen Gillian, Peter Dinklage, Bradley Cooper, Vin Diesel, Sebastian Stan, Danai Gurira, Letitia Wright, Tom Hiddleston, Idris Elba, Benicio Del Toro, Gwyneth Paltrow, Winston Duke, etc...