Contrechamp(s)

14 décembre 2017

Coco

coco

Miguel est un jeune mexicain issu d'une famille de fabricants de chaussures et où, accessoirement, il est interdit de jouer ou même de faire référence à la musique. Sous n'importe quel forme. En effet, l'arrière-arrière grand père de Miguel a quitté sa femme et sa fille pour pouvoir trouver la gloire en grattant les six cordes de sa guitare et n'est jamais revenu. Depuis interdiction de parler de lui ou de la musique en général. Mais en cachette Miguel adore la musique, il est particulièrement fan du plus grand musicien de tout les temps, Ernesto de la Cruz qui a conquis le monde avec ses chansons, et rêve en secret de lui ressembler. D'ailleurs il aimerait bien participer au concours de talents sur la place du village, car c'est le jour des morts, et c'est la fête dans tout le pays. Mais pas sûr que sa famille accepte, même pour un petit solo de guitare.

Le dernier né des studios Pixar est une chouette surprise. Après un Cars 3 vraiment pas terrible, Coco revitalise l'animation du studio dans un film tendre, émouvant et généreux qui permet d'aborder pour les plus jeunes la question de la mort et de la mémoire. Et le faire de manière amusante et émouvante sans faire peur n'est pas forcément une chose facile. Placer l'action au Mexique, où le jour des morts est une fête nationale ultra colorée et joyeuse est une bonne idée. Ici, les squelettes ont des bonne bouilles sympathique et le monde des morts brille de mille couleurs, ce qui aide pour le côté non-effrayant de la chose. En plus Miguel, dont on suit l'histoire, est un gamin attachant et Hector est aussi plutôt chouette dans son genre. Certaines scènes sont vraiment top, notamment à la fin,lors d'une séquence sur la scène !

Le scénario est un peu plus classique et moins audacieux que pouvait l'être celui de Vice Versa, mais il reste super sympa, se suit très bien et réserve quelques chouettes surprises. Et avouons-le, c'est pas facile de faire plus audacieux que les émotions personnifiées d'une petite fille qui vient de déménager qui doivent sauver sa santé mentale ou presque !

Ça va, c'est pas trop moche visuellement !

La séquence d'introduction du film nous met directement dans le bain. L'histoire des ancêtres de Miguel racontée sur des papiers colorés découpés en guirlande (une coutume de la fête des morts) est très réussie et nous fait savoir tout de suite que Coco va être un bon Pixar. Le monde des morts est très beau. Coloré et animé, il regorge de détails, de trouvailles et de squelettes plus loufoques et moustachus les uns que les autres. On notera aussi une apparition de Edward James Olmos (William Adama dans Battlestar Galactica ou encore Gaff dans Blade Runner et Blade Runner 2049 !) dans le casting vocal, dans le rôle de Chicharron, le vieux guitariste dont personne ne se souvient.

La musique de Michael Giacchino est super chouette et les chansons sont plutôt pas mal. On pourrait penser que le fait de mettre plein de chansons intradiégétiques (c'est-à-dire qui sont à l'intérieur de la narration, audible par les personnages) peut donner un côté Disney, mais en fait ça va. L'histoire, l'animation et la réalisation clament clairement l'inverse. (Car même si Pixar à été racheté en 2006 par The Walt Disney Company et est depuis une filiale de Walt Disney Studios, ça reste un studio à part entière avec ses propres réalisateurs, directeurs et animateurs. Alors même si Disney à déjà profité de posséder Pixar, notamment avec Planes, film 100% Disney inspiré du concept de Cars des studios Pixar, les équipes créatives ne se mélangent pas. Il faut savoir également que le partenariat entre les deux est plus ancien que 2006 car dès 1995 c'est Disney qui est chargé de s'occuper de la distribution des créations Pixar)

Coco est un chouette film, pas le meilleur Pixar (perso je vote pour Les Indestructibles), mais un bon Pixar qui se laisse regarder facilement et est accessible pour le plus grand monde. Une réussite qui est un concentré de couleurs, de bonne humeur et d'émotions.

 

 

Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina

 

 


11 décembre 2017

Les Promesses de l'ombre

Ça fait aujourd'hui exactement 10 ans, 1 mois et 4 jours que Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg est sorti dans les salles obscures en France. Ce qui en fait une excellent date pour vous en proposer ma critique !

Les_Promesses_de_l_ombre

David Cronenberg est un sacré réalisateur, un peu a part de tout, il est dur de le ranger dans une catégorie si ce n'est la sienne. Principalement connu pour ses films fantastiques, souvent à la limite de l'horrifique avec en tête le génial La mouche, il n'hésite pas a essayer d'autres genres où les histoires sont ancrés dans un monde plus réel. Après une première collaboration avec Viggo Mortensen en 2005 avec l'excellent A History of Violence, ils se retrouvent en 2007 pour Les promesses de l'ombre, qui bien qu'ayant une forme plus classique que le précédent reste fort empreint de la patte si spécifique du réalisateur canadien.

Londres, une adolescente décède en accouchant. Anna, la sage femme qui s'en occupait décide de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant d'un journal intime trouvé sur la jeune fille. Journal écrit en russe. Cela va l'amener à rencontrer Semyon, propriétaire du restaurant Trans-Siberian qui se trouve être également un chef de la mafia russe locale, et le journal ne le laisse pas indifférent, bien qu'il affirme le contraire. Quel sont ses véritables intérêts ? Et quels sont ceux de son fils Kirill et de son mystérieux chauffeur Nikolaï ? Entre trahisons, meurtres et histoires de famill, Anna va devoir déceler la vérité !

"Hey Viggo, je fais une soirée raclette chez moi, tu veux venir ?"

La réalisation est très stable, très directe. Cronenberg va à l'essentiel, il sait ce qu'il veut et il sait ce qu'il doit montrer au spectateur. Le tout souligné par une mise en scène et une photographie froide, parfois faussement chaude comme lors de la scène avec le buffet et le repas de famille dans le restaurant.

Lors de la très grande majorité des dialogues, des discussions entre plusieurs personnages, il n'y a pas de champ / contrechamp classique, derrière l'épaule de chaque individu afin de les avoir tout les temps tout les deux dans le cadre, même en partie. Ni de plan d'ensemble où les deux se parleraient ( il y en a quelques uns mais vraiment très peu). La plupart de ces plans sont des plans frontaux. Le visage est au milieu de l'écran et il parle. Cela appuie notre ressenti pour les personnages, on peut voir les plus minuscules expressions, détailler ses traits. Cela renforce sans aucun doute la puissance des personnages du film de Cronenberg et leur implication dans le film. Le spectateur voit tout les personnages en face à face avant de les juger. Cette vision du visage appuie également le penchant de Cronenberg pour la chair, la peau. Il montre les choses. Ce qui permet de rapprocher un tant soi peu Les promesses de l'ombre, avec d'autres films de Cronenberg tels que Videodrome, La mouche ou n'importe quel autre film un peu plus fantastique qui traite plus directement la question de la chair, du corps et de la carnation.

On voit aussi qu'il est quand même toujours attiré par le corps et la chair de manière plus directe avec la scène des bains par exemple. D'une incroyable bestialité, le corps nu de Mortensen se tord dans tout les sens et montre à l'écran une fascination pour le corps formé ou informe. Les tatouages aussi, symboles du passé gravés sur la peau à tout jamais. Ici un rituel obligatoire pour ces hommes de la mafia russe. L'histoire est gravé sur chacun d'entre ces personnages, que ce soit par leur traits ou par l'encre des tatouages. Chacun a une histoire, chacun est une histoire "you don't have tattoos, you don't exist" .

À mon avis ça ne siginifie pas quelque chose d'hyper sympathique

Viggo Mortensen est le chauffeur. Avec son long manteau, ses lunettes noires vissées sur le nez et la clope au bec. Il se tient droit comme un piquet, toujours stoïque. Les bras et les mains immobiles. « Ce n'est pas un chauffeur, c'est un putain de croque mort ». Il est excellent, son jeu est précis et bigrement efficace. C'est très bon aussi du côté de Vincent Cassel, fils gâté du chef de la mafia qui rêve de se faire une place plus importante dans le milieu. Il prouve a nouveau son statut d'acteur international loin d'être limité dans sa palette de jeu. Mais c'est quand il s'énerve qu'il est le meilleur. Une véritable alchimie se crée entre son personnage et celui de Mortensen. Noami Watts est elle aussi très bonne dans son rôle de sage femme ballottée par les événements mais qui tient tête et cherche la vérité avant tout. Armin Mueller-Stahl qui incarne Seymon est tout bonnement effrayant dans sa fausse bonhomie qu'il présente comme un masque pour cacher ses activités pas très légales.

Le film a 10 ans, c'est fou de se dire ça car il n'a pas vieilli d'un poil. Il reste un excellent thriller, maîtrisé de bout en bout que ce soit par la mise en scène, la réalisation, le scénario, la photographie ou encore le jeu des acteurs. On ne peut pas lui reprocher grand chose. En bref si vous ne l'avez pas vu regardez-le et si vous l'avez déjà vu revoyez-le, c'est le genre de film dont la maîtrise n'épate pas qu'une fois et la scène des bains est l'une des meilleures de la carrière de Cronenberg !

 

 

Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg - 2007

Avec Naomi Watts, Viggo Mortensen, Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl, etc...

 

 

28 novembre 2017

Marvel's The Punisher

the punisher

Voici la première critique de série sur ce blog. Je sais pas s'il y en aura d'autre, et s'il y en a d'autre ce ne sera pas très régulièrement je pense, mais il me semblait intéressant d'en faire une sur Marvel's The Punisher.

Vétéran de la guerre d'Irak, Frank Castle perd sa femme et ses deux enfants dans une fusillade alors qu'il est a peine rentré au pays. Il décide alors de faire justice lui-même en devenant le Punisher. Vengeur surarmé arborant une tête de mort sur la poitrail. Le sale boulot fait, il est laissé pour mort à la fin fin de la saison 2 de Daredevil. Aujourd'hui, il se fait appeler Pete Castiglione et vie incognito, loin de ses activités létales. Mais le passé va le rattraper, et les emmerdes aussi.

C'est une bonne surprise dans le monde des séries Marvel/Netflix. Après deux saisons de Daredevil plutôt chouettes, même si il y a une baisse de rythme au milieu de la seconde saison. Après Jessica Jones qui s'en sort pas mal du tout mais souffre d'une sous-intrigue assez faible. Après Luke Cage qui n'a de bien que les six premiers épisodes. Après Iron Fist qui semble avoir eu une production bâclée sur tout les points, et après The Defenders qui bien qu'étant sympa sur le principe ne tenait pas en qualité sur la longueur et finissait par décevoir. The Punisher arrive et s'en sort comme étant une des meilleurs si ce n'est la meilleure de toutes ces séries. L'intrigue est carrément prenante, et c'est même la sous-intrigue (avec Lewis Wilson) qui va soulever une bonne partie des questions politiques qui pouvaient être aborder dans la série. Et force est de constater que la série tient la distance, la qualité à même tendance à s'améliorer au fur et à mesure des treize épisodes. De plus la série est vraiment traité comme un thriller d'action et non pas comme une série de super-héros. Le Punisher reste un humain après tout.

"Allo Micro ? Ramène moi ce rasoir que tu as piqué à Farrell !"

On pourra remarquer une réalisation qui manque parfois d'inventivité, une photographie un peu plate, parfois certaines facilités dans le scénario et certains flash-back qui sont de trop, même si la plupart sont pas trop mal gérés. Mais la qualité des acteurs passe toujours devant. Jon Bernthal en tête. Il est impressionnant en Punisher, mi-soldat, mi-bête, qui pousse des grognements à chaque combat. Il arrive a trouver une justesse impressionnante pour son personnage. Avec sa gueule de boxeur il colle parfaitement au rôle. Les seconds rôles sont au top également. Ebon Moss-Bachrach fait le meilleur sidekick, toute série Marvel/Netflix confondues en Micro. On retrouve Ben Barnes (c'est le Prince Caspian de Narnia !) en Billy Russo (si vous lisez les comics ce nom peut vous dire quelque chose héhé). Daniel Webber, qu'on avait pu voir en Lee Harvey Oswald dans la série 22/11/63, est excellent en vétéran névrosé.

Pour le coup les studios on fait le choix de ne faire que très peu de lien avec les autres séries Marvel, seul Karen Page (interprétée par Deborah Ann Woll), ancienne secrétaire de Matt Murdock (aka Daredevil) désormais journaliste au New York Bulletin qui avait commencé à nouer une relation avec Castle, est présente pour rappeler que l'univers reste partagé.

Avec cette série, Netflix et Marvel réussissent à adapter le Punisher sur le petit écran de manière pertinente.

En effet, certains diront qu'il n'est pas assez proche du personnage des comics. Et ils n'auront pas entièrement tort étant donné que dans les comics le Punisher est environ 20 fois plus violent que dans la série. Il ne pardonne personne, ne fais pas de compromis et laisse des centaines de morts derrière lui. Si tu es coupable de quelque chose, simple dealer ou mafieux tueur et si tu es dans le viseur de Franck Castle, tu ne t'en sortiras pas. Son histoire personnel à également été changée, les circonstances de la mort de sa famille ne sont plus les mêmes. Mais l'essence du personnage reste identique : un vétéran vengeur hyper violent. Et ce Punisher, bien que différent, est pertinent par rapport au format de la série télé et par rapport à l'histoire de cette série. Également par rapport au contexte politique dans laquelle elle sort, rappelons juste que la sortie de la série a été repoussée suite à la fusillade de Las Vegas, le rapport aux armes est d'actualité, la question du second amendement des États-Unis est même abordée frontalement dans la série.

"One batch, two batch, penny and dime"

Aurait-il été intéressant de transposer trait pour trait le personnage du comics ? Pas sûr, pas dans une série télé en tout cas. Si l'on veut faire un film peut-être, de la vengeance pure, un énorme défouloir. Mais en série ? Tenir la longueur ? Tenir son intrigue ? Faire évoluer le personnage aussi. Un personnage évolue différemment si on a deux heures pour le faire que si on en a treize. Là si certains personnages avaient été éliminés dès leur première rencontre avec Frank Castle, ça aurait laissé les 6 derniers épisodes de libre pour que le Punisher puisse ranger sa chambre et regarder un feu dans la cheminée en plan séquence. Donc bof. Le fait est que la réinterprétation du personnage pour la série fonctionne, et mieux vaut ça que quelque chose qui essaie par tout les moyens de coller à la figure d'origine mais qui en perd sa saveur et ne colle pas au médium sur lequel il est transposé. À un moment, un des personnage, terroriste, se retrouve face au Punisher et lui dit que c'est lui qui l'a inspiré, qu'il veut faire comme lui, Franck Castle refuse cette mise en relation mais n'a pas vraiment d'argument et se retrouve piégé face à sa propre morale. Juste cette scène est génial, très puissante et aurait été impossible a faire avec le personnage sorti tel quel du comics.

Pour conclure, même si Marvel's The Punisher n'est pas exempt de défauts, les qualités prennent le dessus. Et dans ces qualités, la plus grande n'est autre que Jon Bernthal qui devient désormais LA figure du Punisher et dynamite totalement les précédentes prestations (Dolph Lundgren, Thomas Jane et Ray Stevenson vont se recoucher). Alors enfilez vos t-shirts à tête de mort et sortez vos pistolets à bouchons. Installez vous confortablement et profitez des longues soirées d'hiver pour vous mater cette série plutôt chouette. En plus le générique est pas dégueu.

 

 

Marvel's The Punisher de Steve Lightfoot

avec Jon Bernthal, Ebon Moss-Bachrach, Ben Barnes, Amber Rose Revah, Daniel Weber, Deborah Ann Woll, Paul Schulze etc...

 

 

21 novembre 2017

Justice League

Justice_League

Alors... Comment dire... Le film a eu d'énormes problèmes de production. Pas lié au tournage façon Sorcerer, mais plutôt lié à tout ce qu'il y a autour. Entre le drame familial de Zack Snyder et le changement de réalisateur, le PDG de Warner Bros qui a annoncé au dernier moment vouloir un film de moins de deux heures, la réécriture du scénario juste avant le début du tournage suite à l'arrivée de Geoff Johns et Jon Berg à la tête de DC Films, le changement de priorité du DCEU (DC Expended Universe)... Car oui, à une époque pas si lointaine Justice League était le projet phare de DC, le film qui devait marquer un tournant dans l'univers cinématographique de la boîte. Annoncé comme le fer de lance d'une nouvelle ère, il devait s'agir de la réunion des plus grands héros, façon Avengers mais en plus sombre, plus sérieux, plus DC quoi. Mais le ton sérieux de Batman vs Superman : L'Aube de la justice n'a pas plu, trop peu d'humour, le ton trop sombre pour le divertissement présenté. C'est à ça qu'on a associé l'échec du film (seriously ? Ce n'est pas du tout lié au scénario incohérent et au déluge d'effets spéciaux lors d'un final qui rendrait Flash épileptique ?). Wonder Woman avait un peu plus d'humour et le film a été un succès public, et aussi un peu critique (mouais, on reste dans le gloubiboulga numérique informe et grisâtre et dans un divertissement aussi intéressant qu'une huître agonisante sur le bord de mer)...Vous comprendrez que pour l'instant j'ai un peu de mal avec le DCEU, mais je vais voir chaque nouveau film de manière la plus objective possible. Je ne suis pas pro-Marvel et anti-DC hein, j'aime des comics des deux maisons d'éditions. Mais il ne faut pas se leurrer, pour l'instant c'est Marvel qui réussit le plus son développement sur le grand écran. Les films ne sont pas parfaits et se répètent souvent, mais en attendant, ils restent, pour la plupart, des divertissement plutôt sympas. Alors que DC, on pourra parler de tout les problèmes de production possible, le fait est que les films ne sont pas dingues. Malgré parfois de bonnes idées, elles restent souvent mal exploitées. Je suis un peu mauvaise langue... la première moitié de Man of Steel était correcte. Bref, soyons sérieux un instant et voyons pourquoi Justice League ne fonctionne pas.

Tout d'abord, il y a eu de nombreux reshoots par Joss Whedon après la fin du tournage. Les reshoots sont normalement fait pour retourner des scènes, soit parce que la projection test n'a pas marché et que la production veut des séquences plus légères, avec un peu plus d'humour, soit parce qu'un de tes acteur est accusé de harcèlement sexuel et qu'il est décidé de le dégager du film pour refaire toutes ses scènes avec ce bon vieux Christopher Plummer ! (Coucou à Ridley Scott à qui il ne reste qu'un mois pour finir tout les reshoots avant la sortie de Tout l'argent du monde dans les salles !). Et pour Justice League ce tournage additionnel a duré près de deux mois ! Deux mois ! John Carpenter à tourné Assaut en 20 jours ! Bon, les deux films n'ont pas grand chose à voir et Assaut à plus de 40 ans... mais quand même. Ce n'est pas le temps de tournage qui fait la qualité d'un film.

Mesdames et Messieurs, la Ligue de Justice au grand complet ! Enfin sans Batman, ni Superman...

Et puis il y a la moustache d'Henry Cavill. Superman n'a pas de moustache dans le film et c'est presque ça le problème. En gros, pour le tournage du prochain Mission : Impossible, Henry Cavill a une moustache contractuelle. C'est-à-dire qu'il n'a pas le droit de la raser avant la fin du tournage. Et ayant été rappelé sur le plateau de Justice League pour les reshoots, il a du jouer le dernier fils de Krypton avec sa moustache et le bas du visage criblé de capteurs pour pouvoir l'effacer numériquement. Problème : ça se voit. Beaucoup. Pour un budget proche de 300 millions de dollars (soit le plus cher pour un film de super-héros), on aurait pu imaginer un travail d'SFX assez propre et chiadé, mais c'est loupé, Henry Cavill n'aura jamais eu un sourire aussi bizarre que dans Justice League.

Mais le problème des effets spéciaux ne s'arrête malheureusement pas à la lèvre supérieure de Cavill. Certains effets spéciaux font très cheap, ils sont loin d'être à la hauteur de ce qu'on pouvait imaginer pour un tel budget (coucou les petites fleurs à la fin). De plus, après Green Lantern (2011) et son échec retentissant, on pensait DC et Warner prévenus quant au fait de ne pas faire des costumes entièrement numérique. On espérait qu'ils avaient compris la leçon. Mais non, ils l'ont fait pour Cyborg, dont l'armure en CGI ne laisse qu'une moitié de visage à Ray Fisher pour s'exprimer, spoilers : c'est encore moche.

Le film possède le méchant le plus charismatique de toute l'histoire du cinéma. Son but : faire le mal, être méchant et tout détruire. Ses raisons : …...... Il a vraiment un look impressionnant et dégage une aura de puissance et un charisme naturel impossible à égaler. Steppenwolf (c'est son doux nom) fera frissonner toute la famille à chacune de ses apparitions à l'écran. Ce type est né pour être sauvage j'ai envie de dire... Tout ce que je viens d'écrire sur le bad-guy est évidemment faux, excepté son but et ses raisons. Steppenwolf réussit l'exploit d'être encore plus laid que le Doomsday de Batman vs Superman. Il ne peux pas être prit au sérieux tellement il semble sortit d'un jeu vidéo avec sa composition certifiée 100% numérique. Et que dire des ses sbires, les hordes de paradémons, créatures toutes droit sortie de l'enfer du character design. Mieux aurait valu pour nous qu'elles y restent.

Le scénario est charcuté de toute part, les scènes s'enchaînent, creuses et vides de sens. Aucun climax, rien ne ressort, tout est plat. Même le retour de Superman a autant de puissance émotionnelle que le visage de Steven Seagal lorsqu'il sourit (pour ceux qui ne connaissent pas Steven Seagal, sachez qu'il sourit encore moins que Ben Affleck). Toute la séquence finale, avec le combat contre Steppenwolf est un bon exemple de l'incohérence globale : on perds la notion du temps et des distances : qui est où ? Il est déjà là ? Que fait untel pendant ce temps ? Mais d'où sortent ces pizzas ? (je rigole pour la dernière).

"Allez Ben, apprends ton fichu texte, ça fait deux heures qu'on est sur cette scène !"

Au moins un tiers des plans vu dans les différentes bandes-annonces et spot TV n'apparaissent pas dans le montage final du film. On peut donc imaginer que beaucoup de scènes sont passées à la trappe et que nous ne sommes pas à l'abri d'une version longue lors de la sortie en DVD et BluRay (ce que DC et Warner ont déjà fait par le passé avec BvS et Suicide Squad, une manière de dire : « non mais attendez en fait le vrai film c'est lui, pas celui que vous avez vu au cinéma » et de se faire par l'occasion plus d'argent lors de la vente). Il y a même une pétition qui circule sur le net pour que Warner sorte le director's cut réalisé entièrement par Zack Snyder. Pas assez d'humour dans BvS, trop dans Justice League... Faudrait que les fans sachent ce qu'ils veulent !

De l'humour a en effet été rajouté dans le film. De l'humour dont, contrairement à la plupart des Marvel qui sont assez léger et feel-good en fin de compte, on se rend totalement comte qu'il a été rajouté au dernier moment. Il n'est jamais utile, ne fait rien avancer et fait rarement sourire ou rire. Alors c'est bien beau de vouloir rendre des films moins sombres mais il faut le faire a sa propre manière, pas en ce disant que c'est ce qui marche chez la concurrence donc il faut faire absolument pareil. Si le scénario est très sombre de base, rajouter de l'humour chez un des personnage peut marcher, mais ici tout le monde a droit a son trait d'esprit. Ce qui rend les personnages d'autant moins intéressant car ils réagissent de la même manière et perdent de ce qui fait leur unicité, leur identité propre.

Je passerai assez rapidement sur les personnages car, outre, Batman, Superman et Wonder Woman qu'on avait pu voir dans des films précédents les autres ne sont absolument pas développés. On passe très rapidement sur leurs différentes histoires personnelles mais c'est très bref. Flash est insupportable, Aquaman est transformé en symbole de virilité et Cyborg anecdotique. Certains personnages secondaires sont joués par des acteurs forts talentueux qu'on ne voit finalement que quelques minutes à l'écran : Billy Crudup en Henry Allen (le papa de Flash), J.K. Simmons en commissaire Gordon, Amber Heard en Mera . Et d'autres que l'on avait déjà pu voir dans des films précédent comme Diane Lane en Martha Kent, Connie Nielsen en Hippolyta et Jeremy Irons en Alfred Pennyworth (qui à vraiment l'air de se faire chier, disons le) qui, parlant à Bruce Wayne, regrette le temps où Batman affrontait des pingouins mécaniques... A qui le dis-tu Alfred ! A qui le dis-tu !

Bref, ce film a eu beaucoup des problèmes de production, mais ça n'explique pas tout et ne permet pas de justifier entièrement la basse qualité du film. Le fait qu'il ne dure que deux heures permet au moins de rester moins longtemps devant. Malgré sûrement une forte volonté au début de la production, Justice League semble avoir été abandonné par a peu près tout le monde au cours du tournage et de la post-production et il n'est peut être que l'ombre de ce qu'il était censé être. Mais ça nous ne le saurons sans doute jamais et le fait est que le film Justice League sorti au cinéma est loin d'être un bon film. Cependant ça ne m'empêchera pas d'aller voir le prochain film de DC et Warner, car même si aucun de leurs film n'a pour l'instant comblé mes attentes de spectateur, je ne perds pas espoir un jour de sortir d'une séance le sourire au lèvres et en me disant que bigre, ça c'était une bonne surprise !

 

 

Justice League de Zack Snyder (et un peu Joss Whedon, ou l'inverse...)

Avec Ben Affleck, Gal Gadot, Henry Cavill, Jason Momoa, Ray Fisher, Ezra Miller, Amy Adams, Diane Lane, Jeremy Irons, J.K. Simmons, Amber Heard, Connie Nielsen, Billy Crudup, etc...