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31 juillet 2017

Baby Driver

Baby Driver

Suite à un accident de voiture étant petit, Baby souffre d’acouphènes. C'est pour cela qu'il a ses écouteurs vissés 24h/24 dans ses oreilles et qu'il vit au rythme de sa propre playlist. Un jour il rencontre Debora, jeune serveuse dans un Diner. Et c'est le coup de foudre. Baby projette donc de tout plaquer pour partir en voiture avec Debora vers le soleil couchant. Seul souci, Baby est chauffeur pour braqueurs de banques, et outre le fait qu'il soit un très très bon chauffeur, c'est le genre de job qu'on ne quitte pas si facilement...

Edgar Wright avait déjà marqué les esprits du public avec sa trilogie cornetto, composé des excellents Shaun of the Dead, Hot Fuzz et de le Dernier pub avant la fin du monde. Trois films qui se veulent comme des parodies d'un genre (film de zombie, film policier et film d'apocalypse/SF) mais qui sont bien plus que ça tant le style d'Edgar Wright est unique (il est important de préciser qu'outre la réalisation de ses films, il s'occupe aussi de l'écriture). Il a également réalisé l'adaptation du comics Scott Pilgrim vs The world que je n'ai point vu. Après avoir travaillé des années sur le film Ant-Man pour Marvel avant de partir pour cause de « différents créatifs », Edgar Wright revient cette année avec Baby Driver. Un film inspiré d'un clip qu'il avait lui-même réalisé en 2003 pour la chanson Blue Song du groupe Mint Royal.

Baby Driver est un petit bijou et Edgar Wright orchestre le tout avec maestria. De l'écriture à la réalisation en passant par le montage et le montage sonore, tout fonctionne en parfaite harmonie. Et le terme musical n'est pas inopportun car la musique joue un rôle primordial dans le film. Car avant de se mettre à la réalisation de son film, Edgar Wright a d'abord choisi toutes les chansons à utiliser. Il a pu ainsi réaliser ses scènes directement par rapport à la musique. Pour avoir une osmose parfaite entre le rythme du montage et de la musique. Lors des prises il mettait la musique sur le plateau afin d'avoir chaque mouvement, chaque geste au bon moment par rapport à la chanson. Et le rendu est plutôt impressionant. Par exemple, tous les coups de feu tirés dans le film le sont en rythme avec la musique.

Pourquoi porter des lunettes de soleil à l'intérieur ?

Le rythme du film est un truc de dingue. Dans ses précédents films Edgar Wright nous avait habitués à une cadence élevé. Mais là il place là barre encore plus haut. Et le film reste totalement génial. Et quand je dis rythme, je parle du rythme en général, pas d'une successions de plans très rapide (même si Wright les fait à merveille). La preuve, au début du film on a un super plan séquence ou l'on suit Baby qui va acheter du café. Dis comme ça la scène peut sembler plate et chiante, mais ceux qui ont vu le film me comprennent. Edgar Wright dans le monde du cinéma c'est un peu le type qui définit ce qu'est le rythme. Mais qui le redéfinit à chaque fois qu'il sort un film !

Même si le scénario peut sembler plutôt classique, la façon dont le film est orchestré rend le tout original. En voyant Baby Driver on a vraiment l'impression de voir quelque chose de nouveau et pas du vu et revu. Et c'est ,outre le rythme, principalement du aux différents personnages qui jalonnent le film. Personnages qui ne sont d'ailleurs désignés que par des surnoms génériques : Buddy, Darling, Baby, Doc, etc... Et tout ces personnages, qui pourraient, par leur nom, être juste des clichés, sont vraiment cohérent. En effet, leurs motivations, quelles qu'elles soient, sont justifiées. Ce ne sont pas des personnages balancés comme ça à la figure du spectateur. Ce ne sont pas des personnages limités par leur rôle. Dans Baby Driver, chaque personnage à une raison pour faire ce qu'il fait, une raison qui peut être bonne ou mauvaise, mais une raison tout de même. Un braqueur n'est pas juste un braqueur, c'est un personnage avec sa propre histoire, son propre passé. Et même si on n'apprend pas l'histoire de tout les personnages dans le film, on sait qu'ils ont un vécu. Ça transpire dans leurs dialogues, et dans la manière dont les acteurs ont de les jouer.

Tous les trois le même manteau ! Il devait être soldé.

En parlant d'acteurs ils sont tous très bons, Ansel Egort, que je voyais pour la première dans ce film est un petit jeune qui a du talent et qui pourrait faire revenir l'attention sur lui dans les années à venir. Mais il faut aussi dire qu'Edgar Wright est un très bon directeur d'acteur qui ne laisserait pas une fausse note dans son film. Jamie Foxx, quant à lui, se lâche totalement dans son rôle de malfrat barjo qui n'hésite pas à tuer pour arriver à ses fins. Lily James fait de Debora une jeune fille qui est tout sauf frêle et en détresse. Kevin Spacey est grandiose en Doc, chef de Baby et cerveau des braqueurs. En même temps, c'est Kevin Spacey. John Hamm, excellent en Buddy, le bougre a vraiment une chouette palette de jeu. Et puis il y a aussi John Bernthal, qu'on ne voit pas beaucoup dans le film, mais qui n'est pas le dernier des glandus niveau acteur.

Anecdote rigolote, en France, Baby Driver à failli sortir sous le nom de Drive Baby, Drive. Et pour le coup l'écho à la chanson Baby Driver de Simon et Garfunkel aurait été moins évident. Et puis chez nos amis québécois c'est Baby le chauffeur. Et là pour coller à la chanson, c'est encore plus compliqué !

Au final on à donc un super film. Avec, dans la scène d'ouverture, une des meilleures courses-poursuites que l'on ait vu au cinéma depuis un bout de temps. Fun, cool, pop et rythmé par une B.O. d'enfer ainsi que des références sympathiques aux Affranchis de Martin Scorsese, Baby Driver est une ode aux voitures, à la musique et au montage sonore !

 

 

Baby Driver de Edgar Wright

Avec Ansel Egort, Lily James, Jon Hamm, Kevin Spacey, Jamie Foxx, John Bernthal, etc...

 

 


16 juillet 2017

Spider-Man: Homecoming

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Peter Parker est un jeune lycéen qui cache un lourd secret, en effet, sous ses airs de simple élève bon en science il est en réalité le fameux Spider-Man ! Super-héros pouvant tirer des toiles d'araignées et grimper sur les murs ! Grâce à ses pouvoirs il secours la veuve et l'orphelin, arrête les voleurs de vélos et aide les vieilles dames à traverser. Ah oui, et il a aussi participé à la bataille de l'aéroport (Captain America : Civil War) qui a vu s'affronter le camp d'Iron Man face à celui de Captain America. Le jeune Spider-Man faisant partie du premier. Mais ce que Parker voudrait c'est avoir plus de reconnaissance de la part de Tony Stark, qu'il puisse faire ses preuves, agir à une plus grande échelle que son petit quartier. Ça tombe bien car c'est à ce moment là que débarque un nouveau vilain à New-York : le Vautour ! Peter va donc essayer de prouver ses capacités de super-héros à Stark en affrontant ce fichu volatile. Ah, et aussi, il va devoir également gérer son amour secret pour Liz Allen, une fille de sa classe.

Spider-Man : Homecoming est un titre à double sens, car si d'un côté il parle de la fête de l'école qui a lieu à la rentrée pour souhaiter la bienvenue aux élèves, de l'autre c'est carrément le retour à la maison mère Marvel qu'il signifie. En effet les cinq précédents films Spider-Man ont été produit par Sony Pictures (enfin Columbia Pictures qui appartient depuis 1989 à Sony Pictures). Dès 1986, Marvel cherche à transposer les aventures de l'homme araignée sur grand écran. Mais Marvel Studios comme on le connaît aujourd'hui n'existe pas encore (crée en 1993, le studio n'a pas du tout les moyens de financer un film d'une telle ampleur tout seul). Et c'est donc en 1999 que Columbia rachète les droits d'adaptation du tisseur. Auparavant les droits sont passés entre les mains de la Cannon (Invasion USA, Portés disparus, Cobra, etc...) puis de Carolco (Rambo, Totall Recall, Terminator 2, etc...). Mais en 2014, l'échec critique et public de The Amazing Spider-Man 2 de Marc Webb pousse Sony Pictures à mettre en place un partenariat avec Marvel Studios afin que Spider-Man puisse apparaître dans le MCU (Marvel Cinematic Universe). En gros pour Spider-Man : Homecoming Sony garde les droits sur le personnage et produit le film, et donc récupère les recettes du box-office. Tandis que Marvel peut faire apparaître Spider-Man dans ses films (enfin pour l'instant ceux pour lesquels un contrat a été signé avec Sony) et touche également toutes les recettes liées aux produits dérivés. En plus Marvel garde un droit de regard et donc de veto sur toutes apparition de Peter Parker dans un film Sony. Par exemple Sony a lancé la production d'un film Venom pour 2018 (Avec Tom Hardy dans le rôle titre !). Et bien il serait très étonnant que Spider-Man y fasse une apparition car le film n'aurait aucun rapport avec le MCU.

"Avoir mon année ou faire partie des Avengers: telle est la question.

Le film est plutôt chouette. Toute la première partie est écrite un peu comme un teen-movie ce qui est assez original pour Marvel et ce qui, étonnamment, rend plutôt bien. Peter Parker est un personnage qui cherche à se faire une place dans un monde d'adultes, à prouver qu'il a des capacités pour pouvoir viser quelque chose de plus grand. Quitte à sacrifier certaines choses. Le personnage illustre donc quelque chose que l'on a déjà tous plus ou moins vécu ce qui fait qu'on s'y attache assez rapidement. Mais le côté débutant du personnage n'est pas oublié pour autant, il est perdu parfois quand les événements le dépasse, et certains malfrats ont même du mal à le prendre au sérieux, d'autres sont presque attendris par sa fougue de jeunesse. La deuxième partie suit un peu plus les codes classiques du film Marvel mais reste sympa à regarder. Le film, même s'il amène un nouveau Spider-Man, ne revisite pas les origines du personnage, ce qui est une bonne chose car ça évitera au spectateur qui a déjà vu la trilogie de Sam Raimi et les deux films de Marc Webb de se farcir une troisième fois la morsure de l'araignée et le meurtre de l'oncle Ben. Pour autant le personnage de Parker est vraiment bien cerné avec des préoccupations et des réfléxions d'ado de 15 ans. Un peu maladroit et encore naïf. Un Spider-Man de l'âge d'une bonne partie des spectateur permet de le placer également en spectateur des Avengers et des autres super-héros. Tout comme nous Peter Parker est un grand fan de Hulk, Thor, Iron Man et Captain America. Paf ! Encore de l'identification entre le protagoniste et le spectateur, c'est ingénieux !

Le méchant est bien réussi et change un peu des super-vilains classiques qui veulent détruire l'univers sans raison particulière. Ici le Vautour trouve une dimension qui reste très humaine et des raisons pour faire son sale boulot qui sont également justifiées (pas forcément excusables mais justifiées). Les personnages secondaires sont....secondaires, ils sont là quand on a besoin d'eux. Tony Stark quand à lui n'est pas aussi présent que pouvait laisser supposer la bande-annonce. Il apparaît dans le film quand il le faut, sans jamais piquer la vedette à Peter Parker. C'est bien de laisser la place aux petits jeunes mister Downey Jr.

Et si toutes les scènes ou Peter est au lycée ou quand il se balade en costume dans les rues de New-York sont plutôt bien faites, la réalisation pêche pas mal au niveau des scènes d'actions, qui sont, pour la plupart assez incohérentes et peu lisibles. C'est dommage. Mais bon les scènes où il y a le plus de tension et celles qui sont le plus intéressantes ne sont pas les scènes d'actions.Heureusement pour le film.

"I am Batman, Birdman and Vulture. Deal with it !"

La musique, composée par Michael Giacchino a un thème sympa que vous oublierez vingt minutes après la fin du film. Comme la plupart des musiques des films Marvel Studios (sauf Iron Man, Iron Man 3 et le premier Thor). C'est un peu dommage sachant que le talent de Michael Giacchino n'est plus à prouver. Mais ou moins le compositeur nous offre une version symphonique du thème de la série animée Spider-Man des années 60 lors du logo Marvel Studios à l'écran. Et ça, ça claque bien !

Au niveau des acteurs Tom Holland convainc totalement en jeune Parker lycéen mais aussi en Spider-Man, héros tchatcheur. Sa version du personnage change des interprétations précédentes et nous donne un héros moins isolé, plus fonceur et, certes, un peu plus high-tech grâce à l'aide de Tony Stark. Michael Keaton lui se lâche totalement pour incarner Adrian Toomes, le Vautour, que l'on doit d'ailleurs plus voir sans son costume qu'avec dans le film. Rien à dire sur Robert Downey Jr. qui est littéralement Tony Stark. Le sympathique Donald Glover a un petit rôle dans le film, celui d'un petit malfrat nommé Aaron Davis. Ce nom ne vous dira peut être pas grand chose, mais pour les amateurs du comics, il s'agit d'un clin d’œil plutôt sympa car il s'âgit de l'identité secrète du Rôdeur (personnage costumé de l'univers Marvel). Et ça fait également plaisir de revoir Jon Favreau (réalisateur des deux premiers Iron Man) dans le rôle de Happy Hogan, chauffeur et assistant de Tony Stark, qui ici est chargé des relations avec le jeune Peter Parker.

Pour conclure Spider-Man: Homecoming est un divertissement de bonne qualité qui essaie avec plus ou moins de succès d'allier le teen-movie, avec le film de super-héros. Et qui nous propose un Spider-Man et un Peter Parker attachant. On passe un bon moment devant et on a hâte de voir le rôle que le personnage aura à jouer au sein d'Infinity War, film qui va regrouper la plupart des personnages de l'univers cinématographique Marvel. Oh et aussi, il y a la meilleure scène post-générique au monde !

 

 

 

Spider-Man : Homecoming de Jon Watts

Avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr, Jon Favreau, Zendaya, etc...

 

07 juillet 2017

Sans pitié

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Jae-ho se traîne une petite réputation parmi les gangsters, et pour preuve, même s'il n'est pas encore chef de gang, c'est lui qui fait la loi en prison. Mais l'arrivée d'un nouveau derrière les barreaux, le jeune Hyun-soo va chambouler les activités de Jae-ho. En parallèle, on suit également l'histoire des personnages trois ans plus tard, après leur sortie de prison. Jae-ho à pris Hyun-soo sous son aile et l'a fait rejoindre le gang dont il fait partie. Gang dirigé par Byung-chul qui traîne évidemment dans des affaires de trafic divers et variés. Ce qui attire inévitablement les yeux de la police à se porter sur cette belle brochette de criminels et particulièrement ceux de l'inspectrice Cheon, qui veut coffrer tout le monde et est prête à tout pour y arriver.

Je n'en dis pas plus pour le résumé du film tout simplement pour ne pas vous gâcher la surprise de certains retournements de situations qui, même s'ils arrivent assez tôt dans le film, n'en sont pas moins intéressants.

L'air assuré, Hyun-soo avance vers son avenir de gangster

Le film est très stylisée dans sa réalisation et les plans sont très bien composés. Certains parle d'un film « tarantinesque » (coucou l'affiche !), donc qui renverrait à l'image qu'on se fait des films de Quentin Tarantino. Des films très rythmés avec de la bonne musique, beaucoup de baston et des litres d'hémoglobine. Et c'est vrai que Sans-pitié est extrêmement bien rythmé, à des bons petits passages de musique, contient des bastons et donc du sang (même si la quantité reste bien inférieur à ce qu'on peut voir dans n'importe quel Tarantino). Mais pour autant je ne qualifierai pas ce film de « tarantinesque ». Car pour moi, il est avant tout inscrit dans une continuité logique du cinéma asiatique, un cinéma dans lequel des réalisateurs comme John Woo et Tsui Hark filmaient déjà des bastons fortement mise en scène. Et Tarantino s'est lui-même inspiré de ces bonshommes. Donc avant d'être « tarantinesque » dans sa mise en scène, Sans pitié est avant-tout un héritage du film d'action asiatique.

De plus le rythme du film évolue avec l'histoire. De quelque chose de plutôt coloré et rapide le film dévie lentement vers quelque chose de plus sombre, avec un rythme un peu plus lent mais toujours soutenu. Les personnages se connaissent mieux, ils se jaugent et prennent un peu plus de temps pour réfléchir.

Le métrage est également plutôt inventif dans sa mise en scène, le réalisateur n'hésitant pas à multiplier les angles de prise de vue. Et tout ça est superbement mis en valeur par le travail du chef opérateur Cho Hyung-rae. Et bravo pour le plan qui parodie la Cène de De Vinci en prison, il est vraiment bien trouvé et m'a bien fait marrer.

Bon, c'est donc un film avec de l'action, certes, mais surtout un film policier et le scénario est loin d'être inintéressant. Au niveau de l'histoire on lorgne du côté de la trilogie Honk-Kongaise, Infernal Affairs d'Andrew Lau et Alan Mak. Certains parleront des Infiltrés de Martin Scorsese, et à raison, mais les Infiltrés est lui-même le remake américain d'Infernal Affairs. L'intrigue s'installe tout en finesse au fur et à mesure du film, mais attention à rester attentif ! Chaque scène peut se transformer en un retournement de situation des plus inattendus, sans pour autant être incohérent. La mise en place des personnages est top et leurs relations sont super bien exploitées.

"Ne jamais croire personne. Toujours croire les circonstances" Jae-ho.

Les acteurs sont très très bon. Et même si les personnages sont des personnages assez classiques du film de gangsters (la flic acharnée, le vieux chef de gang, le jeune surdoué qui veut prendre sa place, etc...) ils sont interprétés sans a priori ou références particulières par des acteurs au top de leur forme ! De Im Si-wan, qui joue le jeune Hyun Soo à Jeon Hye-jin qui joue l'inspectrice Cheon, tenace et têtue. Mais celui qui marque le plus les esprits est sans aucun doute Sol Kyung-yu qui incarne Jae-ho. Il habite totalement son gangster et le dote d'un petit rire très personnel qui permet vraiment d'étoffer son personnage, on ne sait jamais vraiment si il est sarcastique ou nerveux. Les deux peut être.

« Ne jamais croire personne. Toujours croire les circonstances » répète Jae-ho dans le film, et bien si vous ne devez pas me croire, j'espère que ce film sera une circonstance suffisante pour vous convaincre de suivre les futurs travaux de Byun Sung-hyun. Car même s'il n'invente rien de nouveau avec Sans pitié, il maîtrise son film de bout en bout que ce soit au niveau de l'écriture, de la réalisation ou de la direction d'acteur. C'est d'abord avec beaucoup de plaisir et en souriant de la mise en scène survoltée que l'on rentre dans le film avant de se rendre compte que l'on est complètement pris au piège du sourire charmeur de Jae-Ho, de l'efficacité de l'histoire et du brio technique de la mise en scène.

 

Sans pitié de Byun Sung-hyun.

Avec Im Si-wan, Sol Kyung-yu, Jeon Hye-jie, etc...

 

 

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15 mai 2017

Get Out

Get Out

Chris, un jeune homme noir, est en couple depuis plusieurs mois avec Rose Armitage. Celle-ci décide donc de le présenter à ses parents. Chose que Chris appréhende quelque peu, elle ne les a pas prévenu de sa couleur de peau et a peur qu'ils soient racistes. Que nenni, selon les dires de Rose, ses parents sont très loin d'êtres racistes, la preuve, son père aurait même voté pour Obama une troisième fois, c'est pour dire. Oh ben s'il vote Obama.... Sauf qu'une fois arrivé dans la très grande bâtisse familiale, certaines choses vont apparaître plutôt inquiétantes. Et puis quand, lors de la visite de la maison, on te dit que la cave a été condamnée et que les voisins les plus proches se trouvent à des kilomètres, forcément on se doute qu'il va y avoir quelque chose de louche.

Ce film à petit budget produit par Blumhouse (le studio qui a permis a M. Night Shyamalan de se refaire la main avec notamment The Visit et récemment Split) est le premier film du réalisateur Jordan Peele qui s'est fait connaître avec la série humoristique Key and Peele (assez peu connue en France mais qui connaît un réel succès aux États-Unis). Il a fait un énorme carton outre Atlantique, aussi bien public que critique, j'étais donc assez curieux de voir Get Out.

J'ai été un peu déçu par ce film dont tout le monde parlait. Si on ne peut pas reprocher l'originalité du fond pour soutenir un message social et politique, la forme, quant à elle, ne renouvelle à aucun moment le genre. Le film aurait pu aller bien plus loin s'il ne reposait pas sur des codes classiques du film d'horreur (et un peu trop simples à utiliser aujourd'hui). Principalement avec quelques jump-scare qui provoquent des sursauts faciles. Mais surtout au niveau de la musique, qui nous annonce le danger à trois kilomètres. Et ça c'est dommage, car, bien que la musique au cinéma ait toujours été un moyen d'orienter le spectateur vers la compréhension d'une scène ou d'une séquence ainsi que l'état d'esprit dans laquelle il doit l'aborder, les films d'horreur ont toujours énormément utilisés ce procédé musical pour annoncer un danger ou que quelque chose cloche. Ce qui ne fonctionne pas toujours. Pousser le spectateur à ressentir quelque chose de manière répétée avec la musique ou le son, c'est ne pas avoir confiance en la capacité de son film à faire ressentir par l'image. Et attention, je suis un fervent admirateur de la musique de film en général et je sais à quel point elle est nécessaire dans la qualité d'un film. Tout comme je sais reconnaître un travail sonore bien fait et apprécier son impact sur un film. Mais les films d'horreur doivent faire peur, et pour cela ils cherchent à surprendre le spectateur. Mais surprendre par une musique angoissante et/ou des personnages faisant les gros yeux qui apparaissent en même temps que des violons désaccordés grincent, c'est totalement surfait. Et si cela fait sursauter, cela ne fait pas forcément peur. Je suis convaincu qu'une bonne « peur » doit s'installer sur la durée, et Get Out y était presque, vraiment. Il n'avait pas du tout besoin de ces éléments pour inquiéter et angoisser. L'angoisse et la surprise que certains passages sont supposés amener, sont désamorcés par ces signaux sonores et musicaux.

La conjonctivite ça pique un peu les yeux

De plus, lors du visionnage du film, on devine assez rapidement une clé de résolution de l'intrigue, par la suite le film la confirme plusieurs fois. Très bien, mais on s'attend à d'autres éléments de réponse, d'autres twists surprenants, qui permettraient d'amplifier l'intrigue, mais cela n'arrive jamais vraiment. À part quelques informations peu surprenantes dans la globalité du film, Get Out se termine comme un film d'horreur des plus classiques. Il semble se reposer sur les acquis de la première partie pour tenir tout le reste du film, sauf que ça ne marche pas, étant donné qu'il n'a, en vérité, que très peu d'acquis (scénaristiques tout du moins) sur lesquels se reposer. Pourtant avec le postulat de base de ce film, il y avait moyen de nourrir le film du début à la fin, et non pas par à-coups.

Il faut tout de même souligner que certaines scènes sont plutôt chouettes. Certaines visuellement originales et d'autres avec un effet de malaise bien réel sur le spectateur, sans aide de musique stressante ou autre. Je pense notamment à toute la séquence lors de la fête de famille, qui installe vraiment une ambiance pesante et qui est réellement réussie. Ou même la scène d'ouverture du film, qui met directement dans l'ambiance voulue par le réalisateur.

Le message politico-social sur le racisme latent, caché mais bien réel, est présent tout au long du métrage. Le film peut, sous plusieurs aspects, renvoyer à la traite des noirs avant l'abolition de l'esclavage en Amérique. Avec notamment la scène où l'on voit pour la première fois l'immense maison de la famille Armitage. Entre les colonnes blanches devant l'entrée, le jardin et, au premier plan, le jardinier noir, de dos, tenant un râteau, on jurerait être à l'époque des grandes plantations du Sud des États-Unis.

La réalisation est de très bonne qualité, le rendu final du film est hyper-soigné, et sachant que c'est un premier film, pour le coup, Jordan Peele mérite des applaudissements.

Les beaux-parents idéaux

On avait déjà pu voir Daniel Kaluuya dans des films tels que Sicario ou Kick-Ass 2, mais c'est dans Get Out qu'il a pour la première fois le premier rôle au cinéma. Et dans le rôle de Chris il s'en sort plutôt pas mal. Il a souvent l'air de soupçonner tout le monde et d'être inquiet, mais c'est surtout le personnage qui veut ça, et du coup, il le fait pas trop mal. Allison Williams joue Rose, la copine de Chris. C'est son premier rôle au cinéma et elle est assez convaincante. Tout comme Bradley Whitford et Catherine Keener qui jouent les parents Armitage d'où émane un calme bien flippant. Le personnage qui m'a le plus dérangé est celui joué par Lil Rel Howery, Rod Williams, le meilleur ami de Chris. En gros c'est le farceur, c'est le quota humour du film. Il ne sert à rien d'autre qu'à ça, ce que j'ai trouvé un peu énervant : une bonne partie des traits d'humour tombe à l'eau, parce que ce n'est tout simplement pas très drôle et que ça sort le spectateur du film.

Au final, malgré la déception - sûrement aussi grande que mes attentes - ça reste un bon film, surtout pour un premier film par un réal qui était jusqu'alors habitué à la comédie. Certains passages valent le détour, et mine de rien il est pensé plutôt intelligemment malgré des retour à des pseudo-codes de l'horreur qui n'ont ici aucune utilité.

 

 

Get Out de Jordan Peele

Avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford, etc

 

 

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